Agra Business | Soufflet Malt, Loste, Salers, Biolait, Wegovy, Grand Frais, Seven 7

hero

Bières: après le rachat de United Malt, les Malteries Soufflet deviennent Soufflet Malt

À la suite de l'acquisition de United Malt en novembre 2023, le groupe Soufflet annonce, dans un communiqué paru le 9 octobre, le changement de nom de sa filiale Malteries Soufflet qui devient Soufflet Malt, leader mondial du secteur. La nouvelle entité annonce «quatre piliers stratégiques»: les filières «durables, locales, à faible émission de carbone et à impact positif» en brasserie et distillation; l'innovation pour proposer des «solutions uniques sur l'ensemble de la chaine du malt»; un effort sur «l'intelligence artificielle pour accélérer la croissance et se différencier vis-à-vis de ses pairs via l'excellence opérationnelle»; travailler sur des «applications innovantes» en dehors des marchés de la bière et de la distillation. L'entreprise affiche plusieurs objectifs opérationnels: atteindre 80% d'«orges durables» dans son approvisionnement; réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre, sans précision de l'échéance. L'ensemble du groupe vise quant à lui une réduction de 30% de la consommation d'eau et une valorisation de tous ses déchets d'ici 2030. Du côté organisationnel, Soufflet Malt sera divisé entre trois «régions opérationnelles»: EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), Amériques et Apac (Asie-Pacifique). Sa capacité de production s'élève à 3,7 millions de tonnes, via 41 malteries réparties dans 20 pays.

Charcuterie: le groupe Loste sanctionné par l’Autorité de la concurrence pour obstruction

L’Autorité de la concurrence a infligé une amende de 900 000 € au groupe de charcuterie Loste (sociétés Loste et CA Conseils et services) pour «avoir fait obstacle au déroulement d’opérations de visite et saisie» (OVS) menée dans le cadre d’une de ses enquêtes, a-t-elle annoncé le 9 octobre dans un communiqué. Les OVS en question se sont déroulées le 16 novembre 2023 «dans les locaux parisiens du groupe Loste» et dans ceux de la Fict (fédération des charcutiers industriels), dans le cadre d’une enquête «ouverte en 2021». Selon l’Autorité, le dirigeant du groupe Loste et vice-président de la Fict a indiqué aux enquêteurs «se trouver en déplacement au Royaume-Uni, alors qu’il était, à ce moment-là, présent dans les locaux du groupe Loste, à Paris». Le profil cité semble correspondre à celui d’Antoine d’Espous, propriétaire de la holding du groupe Loste (CA Holding), selon sa page LinkedIn. De même, il est reproché à sa directrice juridique (chez CA Conseils et services) d’avoir corroboré sa version des faits et donc d’avoir «donné des informations qu’elle savait inexactes». Cette amende est la plus lourde infligée pour ce type de faits depuis 2017 (à égalité avec le groupe de services informatiques Akka). Selon le Canard enchaîné, l’Autorité de la concurrence soupçonnerait une entente sur les prix des charcuteries sans nitrites.

Fromages: premiers dossiers de modifications d'AOP pour s'adapter au changement climatique

Ces derniers mois, plusieurs organismes de défense et de gestion (ODG) ont déposé des demandes de modification du cahier des charges de leurs appellations d'origine protégée (AOP) fromagères, en vue de s'adapter au changement climatique, une première pour ces produits. Le cas le plus emblématique est celui du Salers, dont la filière propose à l'Inao, dans le cadre d'une révision plus large, d'autoriser le recours aux foins, alors que cette appellation, exclusivement estivale, impose une ration de base à l'herbe pâturée uniquement. Également en Auvergne, les filières fourme d'Ambert et bleu d'Auvergne souhaiteraient renforcer la place de l'herbe, mais en assouplissant la notion d'autonomie fourragère pour s'adapter au climat; une commission d'enquête a été saisie à l'Inao, qui pourrait conduire les ODG à modifier leur proposition finale. Toujours en Auvergne, le cantal serait notamment en réflexion autour de son alimentation. Ces réflexions et ces demandes font écho à l'année 2022, qui avait vu un nombre record d'appellations fromagères demander des dérogations temporaires à leur cahier des charges face aux incidences de la sécheresse sur l'alimentation des troupeaux. Des réflexions similaires sont en cours partout en France, indique-t-on à l'Inao, comme en Normandie autour du neufchâtel, ou en Occitanie pour le pélardon. Les réflexions peuvent aller des espèces fourragères aux périodes de pâturage autorisées.

Lactalis: Biolait conditionne l'intégration d'éleveurs sans contrat à un soutien de l'Etat

Une semaine après que le groupe Lactalis a annoncé son intention de réduire ses volumes de 450 millions de litres (Ml) de lait d’ici 2030, l'organisation de producteurs de lait bio, Biolait, indique qu'elle «s'engage à étudier toute demande de nouvelle adhésion» de la part de producteurs laitiers laissés sans contrat. Toutefois elle conditionne l'intégration de nouveau adhérents à «de nouvelles dispositions» qui seraient prises par l'Etat. L'OP demande la mise en place de programmes opérationnels (PO) dont bénéficient d'autres filières au titre de la politique agricole commune (Pac), ainsi que «le financement direct de la logistique sur les zones peu denses». A cette fin, Biolait a «sollicité une rencontre urgente» avec la nouvelle ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, indique-t-elle dans le communiqué. Plus tôt dans la semaine, l'association d'organisations de producteurs livrant à Lactalis, l'Unell avait annoncé, par communiqué, le lancement d'une réflexion, «accompagnée d'un cabinet d'expertise externe», qui devrait aboutir sur un «plan d'action» présenté d'ici fin octobre.

Traitement de l’obésité : le médicament Wegovy disponible en France, sous conditions

Le Wegovy, un traitement utilisé dans la prise en charge de l’obésité, est disponible à la vente en France depuis le 8 octobre, rapporte le quotidien Le Parisien dans un article daté du lendemain. Pour éviter les détournements de ce médicament à des fins esthétiques, seuls les patients remplissant les conditions édictées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pourront se le procurer. Ils devront ainsi s’être vu prescrire une initiation à ce traitement par des spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition pour l’obtenir. En outre, l’ANSM a demandé aux médecins de se conformer au parcours de soins de la Haute Autorité de santé, c’est-à-dire de prescrire les aGLP-1 [une nouvelle génération de médicaments dont fait partie le Wegovy Ndlr] indiqués dans le traitement de l’obésité «aux patients ayant un indice de masse corporelle initial supérieur ou égal à 35kg/m2, âgés de moins de 65 ans». Le médicament ne pourra également être obtenu qu’après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique. Reste que le prix du traitement, qui pourrait coûter «entre 270 et 330 euros» la boîte de quatre injections, n'est pour l’heure pas inscrit au remboursement, a indiqué au Parisien Philippe Besset, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Distribution: Grand Frais veut ouvrir 150 magasins de plus en cinq ans (presse)

Dans un article de nos confrères des Echos paru le 9 octobre (article payant), le dirigeant de Prosol, Jean-Paul Mochet, annonce que l'enseigne Grand Frais vise les 500 magasins d'ici à cinq ans (contre 320 actuellement), «en multipliant par deux le nombre de magasins gérés par Prosol d'ici à 2029, dont 150 Grand Frais de plus». Le quotidien économique rappelle que c'est un groupement d'intérêt économique (GIE) qui exploite l'enseigne, réunissant notamment les sociétés Prosol, Despi, ou Euro Ethnic Foods. Jean-Paul Mochet annonce notamment de fortes ambitions en Île-de-France, où Grand Frais serait peu présent actuellement. Pour les autres activités de Prosol (enseigne de fruits et légumes Fresh; site marchand monmarché.fr), des objectifs de doublement de la taille du réseau sont aussi annoncés, sans échéance précisée. En juillet, la société Prosol avait annoncé qu'elle rachetait les boucheries Novoviande, qui géraient les rayons boucherie d'une partie de ses magasins en région parisienne. Novoviande revendiquait 178 M€ de chiffre d'affaires en 2023, et plus de 10 000 tonnes de viande écoulées.

Distribution: au Japon, Seven & i confirme une nouvelle offre de rachat par Couche-Tard

Le géant japonais de la distribution Seven & i Holdings a annoncé le 9 octobre avoir reçu une nouvelle offre de rachat de la part de son rival canadien Couche-Tard, un mois après avoir rejeté une première proposition. Seven & i Holdings est visé par une offre de rachat par le canadien Alimentation Couche-Tard (ACT), auquel il avait demandé début septembre de revoir son offre, la jugeant sous-évaluée. ACT proposait alors 14,86 dollars par action en numéraire. Le nippon a déclaré le 9 octobre dans un communiqué avoir «reçu une proposition révisée, confidentielle et non contraignante d'Alimentation Couche-Tard», disant vouloir «continuer à maintenir la confidentialité de ses discussions» avec son rival canadien». Plus tôt mercredi, l'agence Bloomberg avait rapporté que cette nouvelle proposition de rachat, transmise le 19 septembre à Seven & i, se chiffrait cette fois à 18,19 dollars par action, soit environ 20% de plus que sa première proposition. Si l'opération se concrétisait, elle donnerait naissance à un mastodonte mondial de la distribution: aux enseignes de Seven & i s'ajouteraient les 16.700 magasins de Couche-Tard dans 31 pays, qui incluent la marque Circle K. 7-Eleven est la plus grande chaîne de magasins de proximité au monde. Seven & i Holdings possède quelque 84.000 supérettes 7-Eleven dans 19 pays,

Titre-restaurant: les restaurateurs ne veulent pas de l'extension de son utilisation

Les restaurateurs se sont vivement opposés le 9 octobre à la possible extension en 2025 de l'utilisation des titres-restaurant pour faire ses courses alimentaires, estimant que cela pénaliserait le "fait maison", selon Thierry Marx, président de la première organisation patronale du secteur, l'Umih. Il réagissait à des informations de presse, notamment de RMC, évoquant une décision «dans les prochains jours» sur l'extension de ce dispositif au-delà du 31 décembre 2024, voire une pérennisation. Les services de la secrétaire d'Etat à la Consommation Laurence Garnier ont confirmé à l'AFP que l'arbitrage devrait être rendu dans les prochains jours. «Aujourd'hui par souci de solidarité, et on l'entend bien, on va laisser aller les titres-restaurant vers la grande distribution, 600 millions d'euros vers la grande distribution qui n'a pas besoin de notre travail pour faire des marges», a déploré le chef étoilé lors d'une conférence de presse au côté de Catherine Quérard, patronne du GHR, l'autre syndicat du secteur.

Semences/grandes cultures : la campagne passée affecte déjà celle à venir

Alors que les surfaces de blé tendre ont, en 2023-24, reculé de 7,5 % du fait de conditions climatiques compliquées à l’automne, difficile d’estimer les hectares qui seront ensemencés cet automne. «Une chose est sûre, les ventes de semences ont démarré plus tardivement, avec près de deux semences de retard. Avec des moissons à rallonge, les agriculteurs n’étaient pas aux achats, confirme Félicien Bullot directeur marketing céréales et oléo-protéagineux chez Florimond Desprez. Pourtant, les premiers semis ont été relativement précoces, dès fin septembre. Les agriculteurs ont souhaité démarrer tôt pour éviter de revivre la situation de l’automne 2023. Mais semer n’est pas encore possible partout : maïs et tournesols sont encore parfois sur pied et bon nombre de parcelles restent gorgées d’eau.» La campagne passée a également affecté le choix variétal pour la prochaine récolte. «Les variétés tardives, au cycle long, sont très demandées cette année, précise-t-il. Car ce sont elles qui, l’an dernier, ont produit les meilleurs résultats, notamment vis-à-vis de la septoriose.» Autre disparité liée au contexte atypique de la dernière campagne: le stock de semences en ferme. «Dans le Centre et l’Ouest par exemple, ces volumes sont très importants, faute d’avoir été utilisés. Ils peuvent parfois atteindre 20% des commandes initiales, à l’inverse du Nord et de l’Est où ils sont quasi nuls. (Anne Gilet)

Tomate : le Maroc s’attend à une très bonne campagne d’exportation 2024

Le Maroc aurait déjà exporté 424 000 tonnes de tomates sur le marché international entre janvier et juillet 2024, rapporte l’agence Ecofin, à partir de données compilées par le site spécialisé East fruit. Cela reflète une hausse de 6% par rapport à la même période en 2023 et même, de 16% sur la moyenne des cinq dernières années. Selon Ecofin, cela laisserait envisager une bonne fin de campagne pour la tomate marocaine malgré l’impact du virus tuta absoluta sur les cultures et en attendant l’impact éventuel des récentes décisions de la CJUE sur le dossier du Sahara occidental. En 2023, le Maroc avait expédié 660 000 tonnes de produits après un pic à 716 000 tonnes l’année précédente. Sur le premier semestre 2024, la France demeure le premier client du Maroc, absorbant à peu près la moitié des exportations. Elle est suivie par le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Il est à noter que si l’Espagne se détourne peu a peu de l’origine Maroc, ce n’est pas le cas de l’Allemagne dont les importations de tomate en provenance du royaume chérifien sont passé de 21 000 t à 25 000 t en un an. Le Maroc est le troisième exportateurs mondial de tomate, derrière le Mexique et les Pays. 

Pesticides/horticulture: une fleuriste demande la reconnaissance du préjudice de sa fille, morte à 11 ans

Une ancienne fleuriste a demandé, le 9 octobre devant la cour d'appel de Rennes, la reconnaissance du préjudice subi par sa fille, morte à l'âge de onze ans d'un cancer lié à son exposition aux pesticides durant la grossesse. Emmy Marivain, 11 ans, est morte d'une leucémie le 12 mars 2022.  Le Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reconnu «le lien de causalité entre la pathologie" d'Emmy et "l'exposition au pesticides durant la période prénatale», a-t-il indiqué à l'AFP. Mais, en indemnisant ses parents, le FIVP n'a tenu compte «à aucun moment du préjudice subi par Emmy», a dénoncé l'avocat des parents Me François Lafforgue. Le FIVP a proposé 25.000 euros d'indemnité à chacun des parents, qui réclament aussi une indemnité pour les souffrances subies par Emmy durant sa maladie, pour sa soeur, son frère et sa grand-mère, tous affectés par ses multiples séjours à l'hôpital et par son décès. L'avocate du FIVP, Me Sandra Grosset-Grange, a souligné que le fonds était «lié par les textes» qui empêchaient l'indemnisation demandée, face à une salle remplie de sympathisants de la famille. La décision a été mise en délibéré au 4 décembre.

Pesticides : Syngenta crée un poste unique pour la communication et les relations agriculteurs

Sébastien Evain vient d’être nommé «chef de groupe communication crop protection et seeds» de Syngenta France. Une création de poste qui rassemble désormais au sein d’une même équipe, toutes les expertises communication, interne et externe, des produits de protection des plantes, de semences et des relations agriculteurs. L’objectif: «créer plus de transversalité et de cohérence dans nos messages auprès de l’ensemble de nos parties-prenantes», explique Sébastien Evain qui occupait, depuis 2021, le poste de responsable de la communication externe et interne du groupe. (Anne Gilet)

Erratum de FranceAgriMer sur le métier de Christel Teyssedre

Contrairement à ce que nous avons indiqué dans l'Agra Business daté du 9 octobre, sur foi des informations de FranceAgriMer, Christel Teyssedre n'est pas productrice de fruits dans le Lot, mais primeur en magasin et sur les marchés de plein vent dans le Lot, rectifie l'établissement public.