Décarbonation: la coopérative Cérèsia expérimente les crédits carbone avec BASF
La coopérative marnaise Cérèsia et le groupe allemand d’agrochimie BASF lancent cette année une expérimentation sur les crédits carbone, ont-ils annoncé le 24 octobre. Leur pilote concerne plus de 500 ha, répartis chez 12 agriculteurs, selon un communiqué commun. Il s’agit de générer des crédits carbone chez Cérèsia, via l’évolution des pratiques culturales, qui seront ensuite rachetés par BASF. Les deux partenaires «laissent le choix à l’agriculteur des solutions qu’il souhaite adopter: optimiser les apports de fertilisants azotés (moins de gaz à effet de serre), travailler avec des variétés de blé qui ont un besoin unitaire d’azote plus faible, développer des couverts d’interculture avec au moins une espèce légumineuse associée (stockage carbone)». Pour être éligible, la parcelle doit cumuler un nombre de points reflétant «un changement de pratiques significatif». Les leviers de réduction des GES et de stockage du carbone sont pondérés «en fonction de l’impact sur le bilan carbone, du coût et de la complexité de mise en œuvre», précise le communiqué. Cette expérimentation est menée en partage d’expertises avec le pôle d’innovation Terrasolis, qui pilote une ferme expérimentale de 200 ha près de Reims.
Coopératives: Oxyane accompagne 500 agriculteurs en agroécologie
Issu de la fusion de Dauphinoise et Terre d’alliances en 2020, le groupe coopératif Oxyane (Rhône-Alpes), a lancé le 22 octobre la démarche «O’trement», pour accompagner 500 agriculteurs – sur les 5500 adhérents actifs – dans leur transition agroécologique. Doté d'un budget de 20 M€ sur cinq ans, O’Trement «s’appuie sur notre expérience de projets bas carbone et sols vivants», explique la directrice communication Véronique Unternahrer. La démarche s’appuiera sur l’expertise de la fondation Earthworm, et bénéficiera du soutien de partenaires publics et privés, tels que Mc’Donalds, Bimbo, Nestlé, la Compagnie nationale du Rhône (CNR), Pepsico, la région Auvergne-Rhône-Alpes et des communautés de communes. La méthode repose sur 15 indicateurs de performance agroécologique et d’impact. Elle se décline en un accompagnement personnalisé, à la fois technique (diagnostic annuel, formations et suivi) et financier (primes de transition à l’hectare), pour mieux répondre aux spécificités de chaque exploitation agricole. «Notre projet est qu’Oxyane devienne fer de lance de l’agroécologie», explique Véronique Unternahrer. En 2021, la coopérative avait déjà créé l’association Priori’terre, une démarche de progrès qui rassemble des acteurs des filières agri/agro de l’amont à l’aval autour de l’agriculture régénératrice. (Florence Rabut)
Titre-restaurant: le gouvernement «favorable» à l'extension de son utilisation
Le gouvernement est «favorable» à la possible extension en 2025 de l'utilisation des titres-restaurant pour faire ses courses alimentaires, a indiqué le 23 octobre la secrétaire d'Etat à la Consommation Laurence Garnier dans une interview au Parisien. «Aujourd'hui, ce que je peux vous dire est que le gouvernement est favorable à prolonger cette dérogation», a déclaré la ministre au quotidien,
rappelant par ailleurs que les parlementaires «travaillent à une proposition de loi à ce sujet». Le gouvernement avait annoncé il y a peu que l'extension de l'utilisation des titres-restaurant pour acheter en grandes surfaces des produits non directement consommables (farine, pâtes, riz, viande, etc.), en place depuis 2022 et plébiscitée par les usagers, allait faire l'objet d'un arbitrage «dans
les prochains jours». Cette initiative a été qualifiée de «scandale» par Thierry Marx, le président de l'Umih, première organisation patronale des restaurateurs. Les titres-restaurant «ont été créés pour les restaurants» et leur extension à la grande distribution prive les restaurateurs d'une manne estimée à «576 millions d'euros», avait-il affirmé sur RMC il y a une dizaine de jours.
Taxe soda: l'hypothèse est sur la table, confirme Annie Genevard
Sur les ondes de Sud Radio le 23 octobre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est dit favorable, mais avec prudence, à l’instauration d’une taxe sur les produits sucrés et gras, hypothèse à laquelle l'Ania (agroalimentaire) s'est vivement opposée la veille. «Tout ce qui permet d’améliorer les aides aux agriculteurs, je prends. Maintenant, il faut veiller à ne pas stigmatiser systématiquement le sucre et le gras», a-t-elle expliqué. «Je rappelle que ce sont tout de même des filières importantes en France, on verra le détail des choses, mais la taxation des sodas semble être une hypothèse émise au niveau budgétaire.» Et de rappeler qu’il «appartenait au Parlement de se prononcer». Sur ce point, le 23 octobre, la commission des Affaires sociales a validé une taxe nouvelle sur les bières aromatisées et sucrées et celles à «fort degré alcoolique». Les députés ont par ailleurs voté une extension à tous les alcools de la «cotisation sécurité sociale», ou encore une taxe liée à la teneur en sucre des produits alimentaires transformés. En revanche, ils ont rejeté l’idée d’indexer sur l’inflation la taxation sur l’alcool aujourd’hui plafonnée, après de vifs débats. Pour mémoire, le 17 octobre dernier, l'Institut Montaigne (cercle de réflexion classé à droite) avait proposé d'utiliser une hausse de la taxe soda pour financer un chèque alimentaire national.
Taxe soda: des syndicats sectoriels de l’alimentaire montent au créneau
Plusieurs syndicats professionnels ont réagi au vote en commission des Affaires sociales d’amendements créant de nouvelles taxes sur les boissons aromatisées et sucrés, certaines bières et les produits transformés, dans le cadre du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) pour 2025, rapporte l’AFP le 24 octobre. Ils les considèrent comme une menace pour leur activité comme pour le pouvoir d'achat des consommateurs. «Cette surtaxe discriminant une catégorie de produits ne fera qu'amplifier la pression inflationniste sur les familles françaises», soutient le syndicat des boissons sans alcool (dont sodas et boissons énergisantes). Brasseurs de France est sur la même longueur d’onde: «Ces nouvelles taxes vont définitivement compromettre la viabilité économique des acteurs du secteur brassicole présents sur l'ensemble du territoire», affirme le syndicat, qui craint «la fermeture de centaines de brasseries». Par ailleurs, sept organisations rassemblant des artisans chocolatiers, pâtissiers, boulangers, ou encore glaciers ont enjoint à ne pénaliser «ni les artisans ni les consommateurs par de nouvelles taxes injustifiées». La veille, l'Ania (industries alimentaires) avait indiqué vouloir «en urgence un rendez-vous avec le Premier ministre pour lui faire part de son opposition totale à toute nouvelle taxe sur l'agroalimentaire».
Lait/boissons: Danone continue à écouler davantage de produits au 3e trimestre
Danone a annoncé le 24 octobre avoir continué à vendre davantage de produits au troisième trimestre, en ligne avec l'évolution des six premiers mois, signe selon lui que sa stratégie de recentrage des activités et d'accroissement des volumes «fonctionne». Son chiffre d'affaires a atteint 6,83 Md€ sur la période, en recul de 1,2% en raison des effets des cessions d'activités aux États-Unis et des variations de taux de change, selon un communiqué. Sans ces éléments, le chiffre d'affaires de Danone (marques Actimel, Evian, Gallia...) s'affiche en hausse de 4,2%, principalement tiré par les volumes. «Ce sont des résultats assez forts», a relevé auprès de l'AFP le directeur financier de Danone, Juergen Esser. «C'est le quatrième trimestre d'affilée d'augmentation des volumes alors qu'ils étaient en baisse structurelle depuis une dizaine d'années.» En juin, Danone avait expliqué aux investisseurs rechercher une croissance «de meilleure qualité», sur deux jambes: les volumes et la mise en avant des produits les plus porteurs (gammes hyperprotéinées, nutrition médicale). Danone confirme son objectif annuel d'une croissance du CA «comprise entre +3% et +5%» (hors périmètre et effets de change). Un maintien de cap qui le distingue du leader Nestlé, qui a abaissé son objectif de croissance pour 2024.
Lait: Savencia a vendu moins de fromages au troisième trimestre
Le groupe Savencia (Cœur de Lion, St Môret, Tartare, Caprice des Dieux) a moins écoulé de fromages au troisième trimestre sur fond d'inflation, mais son chiffre d'affaires a progressé grâce aux cours mondiaux des dérivés du lait, a-t-il annoncé le 24 octobre. De juillet à septembre, son chiffre d'affaires a grappillé 1,3%, à près de 5,1 Md€, selon un communiqué. Il augmente davantage (+2,2%) hors périmètre et variation des taux de change. La situation est toutefois contrastée: les fromages, très présents en supermarchés, ne se vendent plus comme avant. Le chiffre d'affaires de cette activité reste stable, mais cela «s'explique principalement par un effet de prix favorable», autrement dit une augmentation des tarifs, «qui compense la diminution des volumes liée à un contexte de consommation toujours marqué par l'inflation», selon Savencia. À l'inverse, l'activité «Autres produits laitiers» (qui comprend les ingrédients industriels) se porte bien (+5,9% hors périmètre et effets de change), grâce à «une dynamique positive sur les marchés internationaux et aux activités de restauration hors domicile».
Lait: les émissions de GES en baisse de 6,4%, toujours loin des objectifs de la filière
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) par litre de lait produit ont baissé de 6,4% entre 2016 et 2021, d’après le dernier rapport de l’interprofession laitière (Cniel). La filière n’atteindra pas l’objectif fixé dans le cadre de sa démarche RSE «France Terre de lait»: réduire de 17% son empreinte carbone par litre de lait en sortie d’usine entre 2016 et 2025. «L’objectif était très ambitieux, nous ne l’atteindrons pas. Mais nous sommes sur une trajectoire de baisse», explique Jennifer Huet, directrice du service environnement du Cniel. La transformation laitière a réduit ses émissions de manière significative: -11% entre 2016 et 2021. Cependant, l’élevage, qui représente la majeure partie des émissions (87%), est à la traîne. Entre 2016 et 2021, la réduction est de l’ordre de 6%. Outre les freins techniques, les éleveurs manquent surtout de financements. En effet, il faudra entre 2 et 3 milliards d'euros à l’horizon 2030 pour financer la décarbonation des élevages laitiers, démontre une enquête d’Agra Presse. Le sujet est au cœur des débats interprofessionnels et devient un enjeu des négociations commerciales. Poussées notamment par l’accumulation des contraintes réglementaires sur leurs émissions indirectes, les entreprises de l’aval s’emparent du problème. De plus en plus de laiteries proposent des primes.
Bovins/Brésil: Bruxelles juge «inefficace» le contrôle de l’utilisation d’hormones de croissance
Les dispositions en place au Brésil pour garantir que les bovins dont la viande est destinée au marché de l’UE n’ont jamais été traités à l’œstradiol 17β (une hormone utilisée notamment comme stimulateur de croissance) à des fins zootechniques ou thérapeutiques sont inefficaces, concluent les services vétérinaires de la Commission européenne (OAV) dans un rapport d’audit publié le 23 octobre. Il n’est, en effet, pas possible d’attester de «la fiabilité des déclarations sous serment des opérateurs brésiliens sur la non-utilisation d’œstradiol 17β chez les bovins», constatent-ils. Pour l’OAV, ni l’autorité compétente ni le ministère brésilien de l’Agriculture, de l’élevage et de l’approvisionnement ne sont en mesure d’attester de manière fiable du respect du certificat sanitaire pour les exportations de viande bovine vers l’UE, «ce qui remet en question le maintien du Brésil sur la liste des pays autorisés à exporter des bovins vers l’UE». Dans le cadre de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, que la Commission européenne espère finaliser dans les prochaines semaines, l'UE propose un quota d'importation de 99 000 tonnes de viande bovine brésilienne à droit réduit (7,5%).
Alimentation animale: des bateaux de soja redirigés de Saint-Nazaire vers Lorient
À la suite du mouvement social au sein de la société de remorquage Boluda à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) depuis le 17 octobre, plusieurs bateau de soja étaient en attente de pouvoir accéder au port de Montoir-de-Bretagne. Contactée par Agra Presse le 24 octobre, l’agence de communication du Snia (fabricants d'aliment) indique que les bateaux ne pouvant être déchargés à Montoir-de-Bretagne avaient été redirigés vers le port de Lorient (Morbihan). Le défi technique consiste maintenant à trouver suffisamment de camions pour acheminer le soja à bon port une fois déchargé à Lorient. Un point qui ne semble pas inquiéter outre mesure les adhérents du Snia. Dans un communiqué de presse du 23 octobre, la préfecture de Loire-Atlantique indiquait avoir réquisitionné des officiers grévistes, pour éviter une pénurie de correcteur azoté. (Tanguy Dhelin)
Protéines alternatives: le marché des substituts à la viande résiste à l’inflation
Les Français ont acheté davantage de substituts végétaux aux produits d'origine animale l'an passé qu'en 2022 et 2021, malgré l'augmentation des prix, indique l'ONG Good Food Institute Europe, se basant sur des données de distributeurs. En 2023, 18,3 millions de kg d'alternatives végétales à la viande – telles que les saucisses végétales, qui cherchent à imiter le goût et la texture de la viande –, ont été vendues en France, contre 17,7 millions en 2022 et 17,5 millions en 2021. Dans le même temps, le prix moyen des similis végétaux de viande a augmenté de 27% en deux ans, passant de 9,52 €/kg en 2021 à 12,08 €/kg en 2023. Le volume des ventes des laits végétaux et autres boissons végétales a crû de 2,6% en 2023 par rapport à 2022 (et de 3,5% par rapport à 2021). Leurs prix sont pourtant bien supérieurs à ceux du lait d'origine animale (70% plus chers), et ils ont augmenté de 8% en deux ans. Ces deux catégories représentent les deux tiers du marché des substituts végétaux aux protéines animales en France, évalué par l'ONG à 648 M€ en 2023, soit 11% de plus qu'en 2022. «Ces tendances suggèrent que la demande sous-jacente en alternatives végétales reste stable malgré l'augmentation des prix», indique Good Food Institute Europe dans un communiqué de presse.
Fruits et légumes bio: les magasins spécialisés 10% moins chers que les GMS (étude)
Les prix des fruits et légumes bio seraient en moyenne 10% inférieurs dans les enseignes spécialisées (Biocoop, Naturalia…) que dans la grande distribution, révèle une enquête du média Plan Bio basée sur les données de FranceAgriMer et des relevés dans une vingtaine de points de vente. Ainsi, les tomates rondes grappes origine France présentent un prix moyen à 4,43 €/kg dans les points de vente spécialisés, contre 5,37 €/kg dans les grandes surfaces généralistes, soit un écart de 17% à l’année. «En pleine saison, ces écarts peuvent être multipliés par deux, voire par trois, relève Plan Bio. Pour reprendre l’exemple des tomates, la différence de prix entre les deux circuits s’élève à 31% sur le mois d’août.» C’est également le cas pour la courgette. Cependant, les GMS conservent l’avantage sur des produits comptant pour les plus grosses ventes du rayon: les carottes lavées bio origine France sont à 2,34 €/kg, contre 2,77 €/kg en magasins bio. La situation est similaire sur les pommes bicolores (+11% plus chères en magasin bio) ou encore les asperges françaises (+15%).
Fruits et légumes: les étals réfrigérés réduisent le gaspillage, selon le CTIFL
Dans son dernier rapport d’impact, le CTIFL (institut technique) détaille les résultats d'une étude qu’il a menée sur l’impact que peut avoir la réfrigération à l’étal sur la réduction des pertes de fruits et légumes dans la distribution. D’une manière générale, l’étude valide l’intérêt de la réfrigération à l’étal: elle permet une diminution de la freinte (perte de volume ou de poids) de 25% pour les salades, de 40 à 50% pour les carottes et asperges, et jusqu’à 70% pour la framboise, par rapport à l’exposition à l’air ambiant. L’objectif était d’évaluer si une typologie de meubles réfrigérés ventilés (vitrines murales et semi-murales verticales, bac îlot) est plus appropriée que les autres au maintien de la qualité des fruits et légumes. Il était également question de mesurer l’intérêt de la réfrigération pour les espèces les plus fragiles par rapport à l’ambiance sèche du point de vente. Il en ressort que les meubles verticaux permettent de mieux maîtriser la fraîcheur des fruits et légumes en vrac, par rapport au bac îlot. À volume égal, ils sont en moyenne 15% plus économes énergétiquement que les bacs. Pour les fruits et légumes emballés, la réfrigération est bénéfique quel que soit le type de meuble.
Emballage: les verriers européens demandent des moyens pour décarboner
En présentant leurs mesures de décarbonation dans un rapport, les fabricants européens de verre d’emballage demandent un accès à des énergies à faible teneur en carbone, ainsi que des leviers financiers pour investir. Cette annonce est relayée en France par la Fédération des industries du verre, qui met en avant dans un communiqué ce 24 octobre la «priorité absolue» d’accéder à «des sources d'énergie à faible teneur en carbone», par le remplacement des fours fonctionnant au gaz naturel. Ces derniers sont responsables de 80% des émissions directes de l’industrie européenne de l’emballage en verre, souligne le communiqué. Les alternatives présentées dans le rapport sont l’électricité, les technologies hybrides, les combustibles issus de la biomasse et l’hydrogène. L'industrie verrière européenne estime avoir besoin d’investir 20 Md€ pour atteindre un objectif de zéro émission nette en 2050, soit en moyenne 800 M€ par an, en plus des 600 M€ annuels consacrés à l'innovation, la modernisation, l’efficacité et la décarbonation. Un objectif visé par les principaux fabricants européens, qui se sont engagés à respecter l'initiative «Science-Based Targets Initiative» (SBTi).
Agenda de la semaine agricole du 28 octobre 2024
Lundi 28 octobre
L'Assemblée examine le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, en séance publique
La commission des Finances de l'Assemblée examine la mission Afaar (agriculture) du projet de loi de finances (PLF) pour 2025
Mardi 29 octobre
Colloque de France Agrivoltaïsme
Conférence Ciraa (ravageurs et auxiliaires), à Montpellier
Jeudi 31 octobre
Journée volailles de chair de l'Itavi, à Rennes