Agrafil du 08 décembre 2021

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Influenza aviaire: les suspicions de cas se multiplient dans le Nord et le Sud-Ouest

Dans un message envoyé aux professionnels le 6 décembre, la DGAL (ministère de l'Agriculture) recense six nouvelles suspicions d'influenza aviaire en élevages: quatre dans le nord de la France et deux dans le Sud-Ouest. Dans le département du Nord (outre les deux foyers déjà confirmés à Warhem et Winnezeele), la maladie est suspectée dans trois exploitations frappées par une mortalité anormale. Il s'agit d'un élevage de poules reproductrices à Worhmout, d'un élevage de dindes à Herzeele (situé dans la zone de protection de 3 km du cas confirmé de Winnezeele), et d'un élevage de poulets de chair à Rexpoede. À Etaing (Pas-de-Calais), un élevage de 11 000 dindes pourrait aussi être touché. Dans le Sud-Ouest, un premier test avant mouvement s'est révélé positif pour des canards prêts à gaver d'un élevage de Sort-en-Chalosse (Landes). Enfin, dans les Hautes-Pyrénées, la maladie est suspectée dans une salle de gavage de 440 canards, dont 25 sont morts depuis le 5 décembre. Toutes ces suspicions doivent encore être confirmées par des analyses complémentaires. D'après le site web du ministère de l'Agriculture, «la France compte au 6 décembre 2 foyers d’IAHP (influenza aviaire hautement pathogène, NDLR) en élevage, 8 cas en faune sauvage, 3 cas en faune sauvage captive et 3 cas en basse-cours».

Agroalimentaire: Numalim dévoile sa base de données sur les produits

C'est avec l'appui de deux membres du gouvernement, qui a soutenu la démarche lancée il y a trois ans, que la société Numalim - initiée par les industriels de l'Ania, mais qui intègre dans sa gouvernance des associations comme l'UFC-Que Choisir ou les distributeurs de la FCD - a lancé le 7 décembre sa base de données sur les produits alimentaires (nutrition, origine...). Intitulée Universalim, elle se veut plus fiable - car renseignée par les entreprises elles-mêmes - que celle d'Open Food Facts, renseignée par les consommateurs, et qui sert aujourd'hui de base à de nombreuses applications mobiles comme Yuka. Il existe 250 000 produits agroalimentaires en France, dont 20% feraient l'objet d'une publication numérique des informations réglementaires. Un tiers de ces publications numériques contiendraient des erreurs, selon Numalim. Soutenue par la start-up Consotrust «pour la fiabilisation des données», Numalim se fixe pour objectif de publier les données fournies par les entreprises avec seulement 5% de fiches produits contenant des erreurs et 0% sur les allergènes. Dans un message vidéo, les ministres de l'Agriculture et de l'Industrie ont appelé les entreprises françaises à rejoindre la base (dont l'abonnement s'élève à environ 900 euros/an). La base de données sera mise à disposition gratuitement des fournisseurs d'applications pour 60 informations réglementaires. Quarante autres informations pourront être ajoutées dont l'accès fera l'objet d'un abonnement payant.

Foie gras: Lyon l'interdit dans ses réceptions et veut le bannir des restaurants

La municipalité de Lyon a «décidé de stopper le service de foie gras lors des événements officiels, buffets et réceptions», révèle le mensuel Lyon capitale le 6 décembre. «Le foie gras est un produit d’un élevage allant intégralement à l’encontre du bien-être animal», explique la mairie dans un message envoyé au journal. Dirigée par l'écologiste Grégory Doucet, la municipalité veut en outre «que son initiative puisse être suivie dans les restaurants pour limiter au maximum le service du foie gras, voire l’arrêter». Après Strasbourg (EE-LV), Grenoble (EE-LV) et Villeurbanne (PS), la capitale des Gaules devient la quatrième commune à interdire officiellement le foie gras. «Ces prises de position ne correspondent absolument pas aux attentes de leurs concitoyens ni de l’immense majorité des Français», a réagi Éric Dumas, président du Cifog (interprofession du foie gras), cité dans un communiqué du 7 décembre. Cet éleveur landais dénonce «la désinformation orchestrée par l’association extrémiste américaine Peta qui diabolise notre production et influence les élus écologistes». En réponse, M. Dumas appelle «les maires de France et les professionnels de la restauration à soutenir les producteurs», tout en invitant les maires «sous influence» à «rencontrer nos producteurs».

Vins de Bordeaux : la RSE bientôt sur les bouteilles

À l’occasion de son forum environnemental annuel le 7 décembre, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) annonce que 13 entreprises dont 9 viticulteurs ont été les premières labellisées dans le cadre de la démarche collective «Bordeaux cultivons demain». Alertes aux riverains sur les traitements, ouverture des exploitations ou diversification des activités : inspirée du référentiel international Iso 26000 en matière de responsabilité sociétale des entreprises, cette grille d’analyse à points permet à l’ensemble des professionnels du vin d’accéder à trois niveaux de certification. Objectif : «atteindre 30% du volume commercialisé au niveau 2 ou 3 d’ici 2030», souligne Laure Esperandieu, responsable RSE au sein du CIVB. Comme on le confie au sein du CIVB, l’initiative pourrait se transformer en marque apposée sur les bouteilles dès le printemps prochain, sur l’exemple du programme Napa Green développé en Californie depuis 2004. «Le but doit être de vendre», insiste Jacques Lurton, grand propriétaire bordelais. Avec cette nouvelle orientation, le CIVB espère anticiper les futures tendances chez les consommateurs. Car alors que la réglementation environnementale se durcit progressivement, et notamment sur les pesticides, «la prochaine frontière sera sociale», prédit Julie Rambaud-Texier, directrice marketing du CIVB.

Biosolutions : Eléphant Vert se recentre sur le marché agricole après une cession

Le suisse Eléphant Vert, spécialiste des biosolutions, cède son activité en jardinage Or Brun (chiffre d'affaires 2020 : 21,7 M €) au français SBM Company, a-t-il annoncé le 6 décembre en même temps qu’un recentrage sur le marché agricole. Un «accord exclusif» a été conclu entre les deux parties, pour une clôture de la transaction espérée «avant la fin de l’année», selon un communiqué. Eléphant Vert, fort de quatre sites industriels en France et en Afrique, «concentre sa croissance sur des produits bio-intrants innovants pour le segment agricole, explique-t-il. La cession d'Or Brun permet au groupe d'intensifier et d'accélérer ses investissements dans les domaines des biostimulants et des produits de biocontrôle.» Cela marque «une première étape de l'ajustement stratégique du portefeuille», Eléphant Vert prévoyant «des acquisitions stratégiques dans un proche avenir».

Présidentielle: la FNSEA élargit sa plateforme de propositions rurale

Trente-six organisations, principalement d'acteurs économiques actifs dans les zones rurales, ont signé, le 7 décembre, le «manifeste pour des ruralités vivantes» initié par la FNSEA, qui rassemble leurs propositions pour les candidats à l'élection présidentielle. C'est seize de plus qu'en septembre, lors de la première présentation du document à l'occasion du congrès de la FNSEA. Elles demandent notamment des exonérations fiscales et sociales, et des aides au maintien des commerces de proximité. Parmi les organisations à avoir rejoint le manifeste, on retrouve des associations d'élus (départements, communes de moins de 2500 habitants), des organisations des filières agricoles (JA, Ania, Snia, Allice, FC2A, FNEDT), mais également les entreprises des proximité (U2P). Les nouvelles propositions portent sur le rôle des départements et celui des jeunes et des femmes. Les signataires souhaitent notamment que les conseils départementaux aient davantage de liberté dans leur soutien au secteur agricole. Depuis la loi Notre (2015), les départements ne peuvent qu'abonder les dispositifs déjà mis en place par les régions pour le secteur agricole.

Grandes cultures : hausse des semis d’orge d’hiver et de colza (ministère)

Les semis d’hiver apparaissent en hausse pour l’orge d’hiver et le colza, selon les premières estimations diffusées le 7 décembre par le ministère de l’Agriculture (Agreste), qui réévalue par ailleurs la récolte de maïs. «En 2022, les surfaces de céréales d’hiver sont estimées à 6,8 Mha : elles diminuent légèrement par rapport à 2021 (-0,4 %) mais augmentent par rapport à la moyenne 2017-21 (+1,6 %)», d'après un bulletin. «Seules celles d’orges sont en hausse sur un an (+2,4 %)», à 1,2 Mha. Les semis de colza sont estimés en net rebond, à 1,1 Mha (+12 % par rapport à l’an dernier), ce qui reste «très en deçà de la moyenne quinquennale 2017-21 (1,2 Mha) et des niveaux observés entre 2007 et 2018», souligne Agreste. Côté récolte 2021, l’estimation pour le maïs est fortement revue à la hausse, à 15,4 Mt (contre 14,8 Mt en novembre), en lien avec un transfert de 26 000 ha du maïs fourrage vers le maïs grain. La production de betteraves est estimée à 34,5 Mt, compte tenu d’un rendement révisé à la hausse (85,7 t/ha). Le rendement des pommes de terre de conservation et demi-saison est aussi révisé à la hausse, tirant la production à 6,6 Mt.

Lait : Bel et les producteurs s’engagent pour «un lait plus durable et rémunérateur»

Le géant du fromage Bel (Babybel, Kiri, Boursin) et l’Association des producteurs de lait Bel Ouest (APBO) se sont mis d’accord dans le cadre de la signature de leur accord annuel, lundi 6 décembre, sur un nouveau prix de référence pour «un lait plus durable et rémunérateur» qui respectera un cahier des charges, annoncent les deux parties dans un communiqué commun le 6 décembre. Fixé à 377 euros/1 000 l, ce prix sera payé à «100% des exploitations» en contrat avec le groupe. En effet, toutes sont déjà conformes aux critères définis dans le cadre de cet accord : une alimentation non-OGM et des vaches en pâturage. Le respect de ce cahier des charges donnait jusque-là accès à une prime garantie par Bel, aujourd’hui intégrée au prix de référence qui augmente de 2,6% par rapport à 2021. Les 750 membres de l’APBO ont également pris l’engagement d’une alimentation animale totalement européenne, ce qui ouvrira le droit à une prime additionnelle garantie de 5 euros/ 1 000 l au 1er octobre 2022. Ainsi, «pour un lait toutes primes confondues en 2022 (hors bio)», Bel et l’APBO projettent «un prix moyen payé de 406€/ 1 000 l, et un engagement de volume maintenu à 405 millions de litres». Le prix du lait bio est, lui, maintenu au même prix qu’en 2021 : 478 euros.

Dons alimentaire: les Banques alimentaires ont reçu moins de denrées qu'escompté

Les Banques alimentaires ont reçu moins de denrées qu'escompté lors de leur collecte nationale fin novembre et appellent mardi à plus de générosité pour atteindre les 3 millions de repas supplémentaires nécessaires selon elles pour répondre à la hausse du nombre de demandeurs. Sur les trois jours de collecte organisée du 26 au 28 novembre à la sortie des supermarchés, 10.000 tonnes de produits alimentaires ont été reçues, soit l'équivalent de 20 millions de repas, indiquent les Banques alimentaires dans un communiqué. «Or, notre objectif était 23 millions de repas pour répondre à la hausse du nombre de personnes qui a besoin d'aide: 6% en année pleine en 2020 et même une augmentation de près de 12% sur le troisième trimestre 2021 par rapport à l'année dernière», explique à l'AFP Claude Baland, président du réseau des Banques alimentaires. Les dons alimentaires collectés durant cette campagne représentent environ 11% du total des denrées recueillies sur l'année. L'essentiel provient principalement de la grande distribution, grossistes, producteurs agricoles ou encore de l'industrie agroalimentaire.

Biocarburants: Avril veut faire rouler la moitié de ses camions affrétés au biodiesel pur dès 2023

Avril, l’acteur principal industriel et financier de la filière des huiles et protéines végétales, a annoncé le 7 décembre son objectif de faire rouler dès 2023 la moitié de ses camions affrétés à l’Oléo100, le biodiesel pur vendu sous sa marque et produit «à partir de colza exclusivement français». En 2025, ce seront 100% des camions de sa chaîne logistique qui rouleront à l’Oléo100, précise-t-il. Concrètement, cet engagement inscrit au cahier des charges des prestataires sélectionnés par Avril concerne le fret amont pour l’acheminement des matières premières (graines oléagineuses entre autres) vers ses sites industriels, et le fret aval pour l’acheminement des produits finis vers ses clients : agriculteurs, transformateurs ou distributeurs. Ce programme concerne l’ensemble des activités d’Avril dans l’ensemble des filiales que compte le groupe en France sur ses quatre marchés prioritaires : les ingrédients de spécialités, les produits alimentaires de grande consommation, les énergies renouvelables, les solutions et services à destination des exploitants agricoles.

Coopératives: le normand NatUp reste à l’affût de nouvelles diversifications

Le groupe coopératif normand NatUp, qui vise 50 % de son EBE 2025 générés par la diversification (contre 32 % aujourd’hui), reste à l’affût de nouvelles acquisitions, a-t-il indiqué le 6 décembre. «A l’intérieur de chaque pôle, on a cette ambition d’aller investiguer ce qui peut apporter de la valeur ajoutée», a expliqué en conférence de presse le président Jean-Charles Deschamps, jugeant nécessaire d’«aller chercher d’autres diversifications». L’année 2022 verra encore le conseil d’administration de Natup étudier de nouvelles opportunités de croissance externe, selon lui. Trois acquisitions ont été réalisées en 2021 : le négoce de grains Lethuillier (chiffre d’affaires : 45 M €), la ferme marine de la baie des Veys (production : 240 à 250 t « en croisière »), l’entreprise de découpe et distribution de viande Les Eleveurs de la Charentonne (chiffre d’affaires : 34 M €). «Nous avons des projets de croissance organique», a ajouté le DG Patrick Aps. Un des engagements de NatUp dans sa feuille de route 2025 concerne notamment la performance de la collecte, avec un taux de contractualisation porté à 50%. Le groupe a réalisé sur l’exercice 2020-21 un EBE de 38,8 M € (contre 41,8 M € un an plus tôt), un résultat net de 15,7 M € (contre 17,7 M €).

Coopératives: après une année difficile, Maïsadour se donne des perspectives

Lors de l'assemblée générale de Maïsadour, le 7 décembre, les dirigeants de la coopérative se sont employés à tracer des perspectives pour mieux tourner la page d'une campagne 2020-2021 «difficile». Premier projet structurant: le lancement de sa filière de soja local pour l'alimentation animale, baptisée «Graines d'alliance». En partenariat avec Vivadour, celle-ci vise dans un premier temps à remplacer les 15 000 t de soja non-OGM importées par leur filiale Sud-Ouest Aliment. Les graines seront triturées à l'usine de Saint-Sever (Landes); opérationnelle en juillet 2022, elle aura une capacité de 30 000 t par an. Maïsadour vise «l'autonomie protéique à l'exercice 2022-2023», d'après Jean-Louis Zwick, directeur du pôle agricole. Le deuxième projet d'envergure concerne les canards gras: Maïsadour ambitionne de «faire émerger un acteur de premier plan» en fusionnant ses «activités de production, de transformation et de commercialisation» avec celles d'Euralis. L'actionnariat de la nouvelle entité sera partagé «à parts égales» entre les coopératives, 20% seront assumés par d'autres «partenaires financiers», précise le directeur du pôle gastronomie Éric Humblot. Maïsadour attend «l'aval et les commentaires de l'Autorité de la concurrence» avant de communiquer plus largement mi 2022.

Social: la MSA versera les primes de Noël le 15 décembre

Le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé, dans un communiqué le 7 décembre, qu’environ 2,3 millions de ménages modestes recevront une prime de fin d’année dite «prime de Noël». Les personnes éligibles sont les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et de la prime forfaitaire pour reprise d’activité et de l’allocation équivalent retraite (AER). Les affiliés au régime agricole recevront leur prime automatiquement «le 15 décembre» via la MSA. Le montant des primes s’échelonne entre 152,45€ pour une personne seule sans enfant et 442,10€ pour un couple avec quatre enfants, assorti de 60,98€ par personne supplémentaire au-delà. Interrogée par Agra Presse, la MSA a indiqué que le nombre de bénéficiaires devrait être «assez proche» de l’an dernier. En 2020, la Sécu agricole avait versé «26 940 primes pour un montant de 5,8 millions d’euros».