Agrafil du 9 juillet 2025

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PPL Entraves: le texte adopté par l'Assemblée, promesses de recours de la gauche

Après avoir passé sans encombre le cap du Sénat le 2 juillet, la proposition de loi Entraves des sénateurs Duplomb et Menonville a été aussi adoptée largement à l’Assemblée nationale ce 8 juillet. Le texte, passé le 30 juin par une commission mixte paritaire (CMP) qui avait permis l’écriture d’un texte de compromis entre députés et sénateurs, a été adopté à 316 voix contre 223 à la chambre basse. La grande majorité de la coalition gouvernementale et l’alliance RN-UDR (extrême droite) ont voté pour. Le groupe macroniste Ensemble pour la République a voté aux deux tiers pour (14 contre, 10 abstentions). Neuf députés MoDem et trois Horizons ont voté contre.  La gauche et les écologistes se sont frontalement opposés au texte. C’est un «recul majeur», a jugé la députée socialiste Mélanie Thomin. Les parlementaires insoumis, écologistes et socialistes ont annoncé qu’ils déposeraient des recours au Conseil constitutionnel, estimant pour certains que la loi contrevient aux principes de précaution et de non-régression environnementale. Réclamée par la FNSEA et les JA qui ont salué tous deux après le vote «un premier pas pour relancer notre appareil de production agricole», la loi reste critiquée par la Confédération paysanne, pour que le texte «sacrifie le monde paysan au profit de l’agro-industrie».

Alimentation : Bruxelles enregistre une initiative citoyenne en faveur de systèmes durables

La Commission européenne a annoncé, le 8 juillet, l’enregistrement d’une initiative citoyenne européenne (ICE) intitulée « L'alimentation est un droit humain pour tous ! Garantir des systèmes alimentaires sains, justes et durables ». Cette initiative est portée par Good Food For All, un réseau d’ONG (Action contre la faim, Agroecology Europe ou encore Compassion in world farming) ou de syndicats (Via Campesina) qui a été créé pour porter le projet. « Les systèmes alimentaires industriels aggravent l’insécurité alimentaire, le changement climatique, la pollution, la perte de biodiversité, l’exploitation du travail et la souffrance animale  », déplorent-ils. Les organisateurs proposent donc une quinzaine d'initiatives législatives pour rendre les systèmes alimentaires plus durables. Les organisateurs disposent désormais d’un délai de six mois pour lancer le processus de collecte de signatures puis d’un an pour recueillir un million de déclarations de soutien provenant d’au moins sept États membres différents afin d'obliger la Commission européenne à répondre à leurs demandes. Elle devra ensuite décider si elle donne suite ou non à l'initiative, en justifiant sa décision.

Déforestation importée : nouveaux appels à simplifier la réglementation

Une quinzaine d’organisations agricoles et forestières de l’UE – Copa-Cogeca, Fefac (alimentation animale), UECBV (viande)… –  appellent, dans une déclaration commune du 8 juillet, la Commission européenne à lancer « une simplification significative » du règlement européen sur la déforestation. Elles se disent préoccupées par « l'applicabilité pratique du règlement, son manque de proportionnalité, la lourdeur administrative qu'il impose, ainsi que les incertitudes juridiques et le détournement des flux de marchandises qu'il risque d'engendrer ». Elles demandent donc à Bruxelles d’inclure une révision complète du règlement UE dans le cadre des propositions de simplification omnibus attendues cet automne. Dix-huit États membres de l'UE – au rang desquels figurent notamment la Pologne, l’Italie ou l'Autriche (mais ni la France, ni l’Allemagne) – ont aussi demandé, dans une lettre envoyée à la Commission européenne le 7 juillet, de simplifier ce règlement et, dans l'attente de propositions, de « reporter à nouveau sa date d'application ». Sans le dire explicitement, ils semblent souhaiter, comme le groupe PPE (droite) au Parlement européen, la création d’une catégorie de pays à risque nul qui pourrait être ajoutée aux catégories à risque faible, standard et élevé déjà existantes. Le Parlement, réuni en plénière, doit par ailleurs se prononcer le 9 juillet sur la liste des pays qui présentent un risque faible ou élevé de déforestation.

Conflits de voisinage : la voisine qui se plaignait des chants du coq Ricco condamnée

Le coq Ricco avait-il le droit de chanter dans sa basse-cour, en Isère ? Le tribunal de Bourgoin-Jallieu s'est estimé incompétent le 4 juillet sur la question mais a condamné sa voisine procédurière pour le préjudice moral causé à ses propriétaires. Installée en 2021 sur la commune de Nivolas-Vermelle, dans le nord de l'Isère, la voisine d'Alexia et de Franck Charreton réclamait à la justice le départ de leur coq Ricco, qu'elle accusait de chanter trop fort, ainsi que 4.500 euros de dommages et intérêt. La bataille judiciaire n'a pas d'épilogue: Ricco est mort il y a quelques jours dans sa basse-cour, tué par un renard et le tribunal judiciaire a estimé que l'affaire ne relevait pas de sa compétence. Au passage, il a condamné la plaignante à verser 2.000€ pour réparer le préjudice moral des propriétaires, habitants du quartier depuis 25 ans, ainsi que 1.500€ de frais pour leur défense. Ricco n'était pas le premier coq à faire face à la justice : en 2019, le coq Maurice était devenu un emblème de la ruralité après avoir été autorisé à continuer de chanter à l'issue d'un conflit de voisinage. Il est, lui aussi, mort l'année suivante.

Moissons : dans le Centre, un bon premier bilan pour Axéréal et Pissier

Chez Axéréal (4 Mt de collecte), tout devrait être récolté mi-juillet, avec une dizaine de jours d’avance. « Le rendement des orges d’hiver dépasse la moyenne quinquennale, de 5 %, soit plus de 64 q/ha, précise Romain Chiron, directeur céréales. Même si le taux de protéines est un peu bas, la qualité globale est au rendez-vous. Les calibrages sont très bons et l’état sanitaire, impeccable. » En blé, le bilan est plus mitigé. « Les rendements sont dans la moyenne, autour de 65 à 70 q/ha, et la qualité affiche de très bons PS mais un taux de protéines également parfois limite : un travail d’allotement sera nécessaire. » Les pois révèlent de très bonnes surprises et les rendements des colzas, bien qu’hétérogènes, sont corrects, entre 30 et 32 q/ha. Dans le Loir-et-Cher, Antoine Pissier, directeur général du négoce éponyme (150 000 t de collecte) constate que la récolte des orges d’hiver est quasi finie, celle des colzas est avancée à 85 % et celle des blés, au tiers: « Les premiers bilans sont bons, en PS notamment avec des grains très secs. La grosse incertitude est pour les céréales semées en février (orge et blé de printemps, blé dur). Toutes souffrent du manque d’eau et le bilan risque d’être très hétérogène selon le type de sol. » Inquiétude également pour les maïs et les tournesols non irrigués, même si les 20 mm du week-end ont fait du bien. (Anne Gilet)

Moissons : en Poitou-Charentes, chez COC et Océalia, bons rendements, protéines un peu faibles

Dans la Vienne, pour le groupe COC (600 000 t de collecte), la récolte des colzas est terminée à 80 %, avec « de très bonnes surprises », confie Ulrich Housseau, le directeur général. « Le coup de chaud de fin de cycle a pénalisé les PMG (poids de mille grains). La moyenne devrait quand même dépasser 36 q/ha. » En orges fourragères, la qualité est très bonne, tout comme les rendements, autour de 70 q/ha de moyenne. « Les blés, récoltés à 60 %, révèlent de bons rendements, entre 60 et 80 q/ha, sauf dans les sols très hydromorphes (50 q/ha) où les plantes étaient mal implantées. Autre bémol : un taux de protéines un peu faible. Sur le vaste territoire d’Océalia (1,3 Mt de collecte), « d’ici à ce week-end, les dernières parcelles d’orges d’hiver et de colza seront moissonnées, prédit Pierre-Antoine Allard, directeur des productions végétales. Les rendements dépassent de 10 à 15 % les moyennes habituelles : respectivement de 70 à 75 q/ha et de 35 q/ha. C’est très bon en quantité et en qualité, sauf pour les protéines, un peu basses : les explications semblent plurielles. » Pour le blé, collecté à 75 %, les rendements sont plus disparates, notamment dans le sud de la zone mais les PS sont très bons. « Pour les protéines, le tas moyen devrait être en dessous de 11 mais pas de souci, nous saurons le travailler pour bien le valoriser. » (Anne Gilet)

Grandes cultures/fruits/légumes : le scarabée japonais détecté pour la première fois en France

La préfecture du Grand Est a annoncé le 6 juillet la détection du scarabée japonais (Popillia japonica)  pour la première fois en France, rapporte l’AFP. « Les 1er et 2 juillet 2025, deux spécimens ont été capturés dans des pièges situés à Mulhouse et à Saint-Hippolyte. Les conditions dans lesquelles les deux individus ont été capturés laissent supposer qu'il s'agit d'une interception, c'est-à-dire des individus qui se seraient déplacés via le transport humain (train, camion, voiture) », précise-t-elle. En 2022, l’Anses avait alerté sur la probabilité de voir le scarabée japonais entrer en France : « C’est un insecte qui se déplace facilement et comme il peut consommer de nombreuses espèces présentes sur le territoire français il n’aura pas de difficulté à trouver des sources de nourriture », expliquait à l’époque Christine Tayeh, coordinatrice scientifique. Le scarabée japonais s’attaque plus de 400 espèces végétales : forestières (érable plane, peuplier), ornementales (rosiers) et productives (prunier, pommier, vigne, maïs, soja, haricot, asperges…). « Une surveillance renforcée par piégeage et examens visuels est d'ores et déjà mise en place dans les deux secteurs de capture afin de vérifier l'absence d'autres spécimens », promet la préfecture du Grand Est. 

Pomme de terre : la croissance des surfaces françaises se confirme autour de 10%

Selon les premières estimations de l'étude terrain de l'UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA) pour le compte du CNIPT (interprofession), la surface française 2025 de pomme de terre de conservation dans l'Hexagone approcherait les 200 000 ha. Plus en détail, elle progresserait de 10,3 % par rapport à 2024, pour atteindre 197 000 ha. Pour rappel, le GIPT tablait sur une croissance de cet ordre en mars dernier. L’étude a été élaborée auprès d’un panel de producteurs dans les principales régions de production (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Centre-Val de Loire, Haute Normandie et Champagne-Ardenne) entre mai et juin, et complétée par des données statistiques pour les autres bassins. L’augmentation de surface est particulièrement marquée du côté de la région des Hauts-de-France (+ 11 020 ha), et notamment la Picardie (+ 6 860 ha). « Les Hauts-de-France conservent ainsi le 1er rang de producteur de pommes de terre de conservation avec plus de 60 % des surfaces françaises », indique l’UNPT. Le syndicat explique par ailleurs observer de près la météo estivale, jouant sur les récoltes. « Les résultats des prélèvements en parcelles réalisés dans les semaines à venir par l’UNPT, en partenariat avec le CNIPT, permettront de mesurer et d’évaluer la situation au mieux cet été », relate le communiqué.

Pomme de terre : Maïsadour développe une nouvelle filière dans le Sud-Ouest

Dans un communiqué du 8 juillet, le groupe coopératif Maïsadour, basé dans le Sud-Ouest (Landes) a annoncé le développement d’une filière pomme de terre dans sa zone d’influence, en partenariat avec l’industriel belge Roger & Roger, producteur de chips et de snacks. Maïsadour s’engage à accompagner les agriculteurs dans la production de pomme de terre, pendant que Roger & Roger offre un débouché : son usine basée à Mouscron en Belgique, proche de la frontière française. Cinq agriculteurs landais ont été sélectionnés pour intégrer la filière lors de cette première année. Trois conseillers formés spécifiquement pour la culture se chargeront de leur accompagnement, tout au long du cycle, soit une période de quatre mois. « Ce partenariat structurant illustre concrètement la stratégie Ambition 2030 du groupe, et plus précisément son deuxième pilier : Développement de filières à valeur ajoutée », précise le communiqué. Aucun objectif de volume, ni de surface de production de pomme de terre n’a été précisé. « Il s’agit d’un début. Pour le moment, nous souhaitons surtout garantir la qualité des produits », a expliqué à Agra Presse le service communication de Maïsadour.

Sécheresse: situation des nappes «inquiétante» mais «pas exceptionnelle»

La situation de la ressource en eau en France est «inquiétante» mais pas «exceptionnelle» et n’est pas pour l’heure du même niveau que 2022 et 2023, marquées par une sécheresse historique, a indiqué le 8 juillet le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). «Sur les 35 dernières années (...), 2025 n’est pour l’instant pas une année exceptionnellement sèche» pour les nappes phréatiques, principales réserves d’eau potable en France, a déclaré Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, lors d’un point presse. Au 1er juillet, 39% des nappes sont certes moins remplies que la moyenne habituelle à cette saison, mais 35% sont au dessus des normales et 26% à des niveaux comparables: les situations sont donc «très hétérogènes», a noté cette experte. Même si «juin a été le deuxième mois le plus chaud, sur les nappes cela ne se ressent pas encore énormément, car elles mettent pour certaines d’entre elles plus de temps à réagir que les sols» au manque de pluies ou à une chaleur excessive, a précisé Mme Bault. Néanmoins, sur certaines régions, comme la moitié nord du pays en déficit de pluies depuis plusieurs mois ou le Languedoc où la sécheresse sévit depuis trois ans, «la situation est inquiétante» et «se dégrade plus rapidement que d’autres années» comme 2024 où il avait beaucoup plu, reconnaît-elle.

Gestion de l'eau: plus d'un million d'euros d'amendes pour de l'irrigation illégale

Neuf agriculteurs de Charente-Maritime et leurs exploitations ont été condamnés le 8 juillet à plus d’un million d’euros d’amendes au total pour avoir utilisé, sans autorisation, des réserves d’eau à des fins d’irrigation. Ils devront aussi verser solidairement 400.000 euros d’indemnisation à l’Agence de l’eau Loire-Bretagne au titre du préjudice écologique, une première selon l’association Nature Environnement 17 qui obtient, elle, 30.000 euros pour préjudice moral. Les mis en cause ont fait appel de ces condamnations supérieures aux réquisitions. La justice reprochait aux prévenus d’avoir, entre octobre 2020 et mars 2023, puisé de l’eau pour irriguer leurs cultures dans quatre retenues du nord du département. Or, ces réserves dites "de substitution", qui consistent à stocker de l’eau pompée dans les nappes phréatiques en hiver afin d’irriguer en été, avaient été déclarées illégales par le Conseil d’État. Selon Nature environnement 17, les prévenus ont prélevé "plus de 4 millions de mètres cubes", l’équivalent d’un an d’eau potable pour la population de La Rochelle.

Gestion de l'eau: dans les Charentes, quatre bassines lacérées au cutter

A la veille de l'examen de la proposition de loi Entraves du sénateur Laurent Duplomb, un collectif baptisé Du plomb a revendiqué, le 8 juillet, avoir «mis hors d'état de nuire» quatre réserve de substitution d'eau au cours des jours qui ont précédé, dont trois dans les deux Charentes, rapporte Ici. Les bassines ont été lacérées à coups de cutter, selon le média local. «Absolument inacceptable !», dénonce la chambre d'agriculture de Nouvelle Aquitaine. «Une fois encore, les agriculteurs sont attaqués et voient leur outil de travail détruit par des voyous idéologues qui font preuve d’une violence et d’une irresponsabilité sans pareilles. » La proposition de loi Entraves inclut la reconnaissance par défaut d'un caractère d'«intérêt général majeur» pour les ouvrages de stockage d'eau et d'irrigation agricoles, sous conditions de démarche concertée et d'engagements de sobriété. Même si la portée du dispositif reste incertaine dans le cas de la directive Habitats, l'association FNE s'était dite « particulièrement inquiète» en ce qu'il «remet en cause la hiérarchie des usages de l’eau, telle que définie aujourd’hui par la réglementation, en tentant de placer l’usage agricole de l’eau au même niveau que les usages liés à l’eau potable, la salubrité, la sécurité et le bon fonctionnement des milieux». 

Œuf : FCD et FCA quittent l’interprofession mais continuent de soutenir l’ovosexage

Par un communiqué du 8 juillet, la grande distribution, jusqu’alors représentée au CNPO par la FCD et la FCA, ont annoncé quitter le comité interprofessionnel de l’œuf sans remettre en cause l’accord de financement de l’ovosexage. Elles mettent en cause le « fonctionnement actuel de la gouvernance » au motif qu’il « ne permet pas un dialogue interprofessionnel constructif et équilibré avec l’ensemble des parties prenantes ». La déléguée générale de la FCD Layla Rahhou (devant bientôt quitter on poste), pointe à l’intention d’Agra Presse des « prises de position syndicales » donnant lieu à des « décisions prises sans concertation ni consultation ». Elle réaffirme cependant le « fort attachement des enseignes à la filière œuf » et à l’ovosexage, tout en dénonçant le « manque de transparence » sur l’amortissement et les économies d’échelle qui diminueraient le coût de cette pratique permettant d’éliminer dans l’œuf les poussins mâles. « On va tenir tous nos engagements », assure-t-elle, en rappelant que la grande distribution a déjà consacré plus de 91 millions d’euros dans l’ovosexage avant que les autres circuits d’œufs coquilles soient mis à contribution en mars 2025.  

Lait/viande : les cours des petits veaux laitiers atteignent un record à 319 € (presse)

Le prix d’un veau laitier mâle de 45 à 50 kg a atteint un record à 319 € pièce en moyenne la semaine du 23 au 29 juin, peut-on lire sur le site des Marchés (groupe Réussir-Agra), citant les données établies par FranceAgriMer. « Un niveau jamais vu, qui dépasse de 145 % la cotation de l’an dernier, même date. Les prix des petits veaux ont progressé de 195 €/tête depuis le début de l’année », indiquent Les Marchés. Cette hausse spectaculaire s’explique par le recul du nombre de naissances puisque 203 000 veaux sont nés de mère laitière en avril 2025, soit 9 000 veaux de moins qu’en avril 2024, selon la note de conjoncture de l’Idele. Le phénomène ne se limite pas à la France car la décapitalisation touche l’ensemble de l’Europe. Les difficultés sur le volet sanitaires pourraient aussi expliquer ce recul. Enfin, les toute récentes vagues de chaleur peuvent avoir une influence sur les cours. En une semaine (23-29 juin), le prix du veau laitier a augmenté de 24 €. Les perspectives laissent entrevoir une normalisation de la situation en se basant sur le nombre d’inséminations artificielles : « Des disponibilités un peu plus importantes en juin et un peu moins de veaux disponibles en août, retrouvant des niveaux plus proches de l’année 2023 », selon l'Idele.

Lait : des cas d'encéphalite à tiques transmis par le lait cru en France depuis 2020

L’Anses a publié le 7 juillet une note concernant l’encéphalite à tiques (TBE), maladie virale transmise par une tique du genre Ixodes, concernant les animaux et les humains. Cette pathologie « suscite une préoccupation croissante en France » souligne l’Anses. Depuis 2020, des cas humains liés à la consommation de produits au lait cru, un mode de transmission jusque-là non observé dans l’Hexagone, ont été signalés. La zone de prévalence, l’Est de la France, a tendance à s’étendre. Le lait cru de chèvre semble présenter plus de risque de transmission que les produits laitiers d’autres animaux. Le lait cru est contaminé car les animaux ont été piqués par des tiques porteuses du virus. Les humains peuvent être aussi contaminés en étant piqués par des tiques infectées. Les infections humaines sont peu nombreuses, mais « les conséquences sur la santé peuvent être graves et entraîner des séquelles à long terme. » Face à ce constat, l’Anses émet des recommandations : améliorer la surveillance du virus notamment auprès des chèvres et des vaches ; limiter l’exposition aux tiques des ruminants comme les chèvres ; pasteuriser le lait dans les situations d’urgence et mieux informer la population générale et les travailleurs exposés.

Bovins/DNC : Genevard planche sur la «neutralité fiscale» des indemnisations

Interrogée lors de la séance des questions au gouvernement le 8 juillet sur la fiscalité des indemnisations des éleveurs dans le cas des maladies de catégorie A (fièvre aphteuse, tuberculose, dermatose nodulaire contagieuse...), la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué «travailler à la neutralité fiscale des indemnisations» - sans plus de précision. Elle était questionnée sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) par la députée Modem de Savoie, Marina Ferrari, qui relayait une demande de longue date de la filière bovine : étendre les dispositions fiscales obtenues pour la crise de la vache folle à l'ensemble des maladies de catégorie A. Pour rappel, la loi de finances 2001 avait instauré un rattachement progressif (sur six ans) des indemnités dans le cas de cheptels abattus dans le cadre de la prévention de la maladie de la vache folle. La demande avait déjà été portée par la sénatrice Nathalie Goulet (Orne) en 2023, jusqu'ici en vain. 

Influenza: Bruxelles va verser 14 M€ à la Pologne pour indemniser les agriculteurs

Les Etats membres ont donné leur feu vert, le 8 juillet, au versement à la Pologne d’un financement de 14 M€ provenant de la réserve agricole afin de contribuer (à hauteur de 50%) à indemniser les agriculteurs des zones touchées par des foyers d’influenza aviaire entre le 9 août 2021 et le 3 août 2023. Ce montant a été établi sur la base d'un montant d'indemnisation fixe par animal et par œuf. Dans le détail, Bruxelles précise que seules les exploitations situées dans les zones réglementées et touchées par les mesures de lutte contre les 193 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène de sous-type H5 pourront bénéficier de cette aide. De plus, afin d'éviter un double financement public, les pertes subies ne doivent pas avoir été compensées par des aides d'État ou des assurances. Enfin, les paiements cofinancés par la réserve agricole doivent être effectués au plus tard le 28 février 2026. Cette mesure de soutien doit encore être formellement validée par la Commission européenne, à la suite de quoi le règlement d’application sera publié au Journal officiel de l’UE. Il devrait entrer en vigueur début août, selon le communiqué de l’exécutif européen.

Filières animales: Culture Viande se dote d’une responsable des affaires publiques

Culture Viande annonce, dans un communiqué du 8 juillet, avoir embauché une responsable des affaires publiques et des relations extérieures en la personne de Louise Daniel. Venant d’une famille d’agriculteurs, cette diplômée d’une licence en droit public et d’un master en politiques de communication a travaillé en tant que chargée de recherches et de plaidoyer à Farm Europe, est-il précisé. Son expertise « renforce notre capacité à défendre les intérêts des entreprises françaises de viande dans un contexte de transition du secteur et de garantie de la souveraineté alimentaire », justifie Hélène Courades, directrice de Culture Viande, dans le communiqué. Louise Daniel est chargée de porter la voix des entreprises d’abattage-découpe et de commerce de gros des viandes, que ce soit auprès des institutions publiques, des parties prenantes et de la presse. Elle participera aussi aux réflexions sur les enjeux de compétitivité, de transition et de souveraineté alimentaire du secteur. La fédération fédère 245 entreprises travaillant les viandes de boucherie (bovine, porcine, ovine, caprine, équine) ainsi que les produits tripiers. Elle représente 36 000 salariés et un chiffre d’affaires global de 14 Milliards d’euros.

Cercles de réflexion : le lobbyiste Thierry Coste lance Nos Campagnes, avec deux élus FNSEA

Proche des chasseurs, avec lesquels il avait lancé le parti l'Alliance rurale aux dernières élections européennes, le lobbyiste Thierry Coste a présenté, lors d'une conférence de presse le 8 juillet à Paris, un nouveau cercle de réflexion intitulé Nos Campagnes, dont il sera le délégué général, avec pour adjointe Annabelle Jacquemin-Guillaume, également lobbyiste et déléguée générale du syndicat des exploitants forestiers (SEFB). Objectif: «Défendre nos campagnes de façon positive». Cette nouvelle entité revendique l'adhésion de 500 personnalités. Elle sera présidée par Christian Mantei, président d'Atout France (agence nationale de développement touristique), pour qui Nos Campagnes sera un lieu où «l'on met au vestiaire nos tendances politiques». Le conseil d'administration compte deux élus de la FNSEA, Christiane Lambert, ancienne présidente, et Henri Bies-Péré, ancien vice-président, par ailleurs président du groupe Réussir-Agra, et du Groupe monde rural (GMR). Créé par la FNSEA dans les années 90, ce groupe réunit des organisations professionnelles comme la FNSEA et les JA, des associations comme Sol et civilisation ou Familles rurales, et des organisations d'élus ruraux. Le conseil d'administration compte également Stéphane Layani (Semmaris, Rungis) et Eric de la Chesnais (journaliste agricole au Figaro)

Installation: le groupe allemand Allianz investit dans la foncière française Feve

Dans un communiqué paru le 8 juillet, la filiale française du groupe allemand d'assurance et de gestion d'actifs  Allianz annonce être entrée au capital de la foncière française Feve (Fermes en vie) dédiée à l'installation en agriculture. Le montant de l'investissement d'Allianz France n'est pas précisé. «Allianz France est le premier investisseur institutionnel privé à soutenir directement la structure en fonds propres, sans passer par les circuits habituels de financement de l'économie sociale et solidaire (ESS) (c'est-à-dire hors Banque des Territoires et fonds FPS solidaires)», expliquent les deux entités. Fondée en 2020, la société Feve avait levé 6,1 millions d'euros trois ans plus tard auprès de 550 investisseurs, essentiellement des particuliers, qui avaient permis la reprise de sept fermes, dont cinq en Nouvelle-Aquitaine. À ce jour, Feve revendique plus de 2 600 investisseurs, qui ont permis d'installer 60 agriculteurs sur un peu plus de quarante fermes. «La participation d'Allianz France va permettre à Feve de renforcer ses capacités d'action, d'accélérer l'acquisition de terres agricoles et d'accompagner davantage de porteurs de projets en zone rurale», expliquent les deux sociétés dans le communiqué.

Foncier : Washington veut interdire aux chinois d'acquérir des terres agricoles américaines

Washington veut interdire aux investisseurs chinois d’acquérir des terres agricoles américaines, avançant une question de «sécurité nationale», ont annoncé plusieurs ministres du gouvernement Trump e 8 juillet. Washington compte «prendre rapidement des mesures législatives et exécutives pour interdire l’acquisition de terres agricoles américaines aux ressortissants chinois et à d’autres adversaires étrangers», a affirmé la ministre de l’Agriculture Brooke Rollins au cours d’une conférence de presse consacrée à la présentation de son plan d’action pour la sécurité agricole nationale. Le chef du Pentagone Pete Hegseth a lui évoqué le cas de terrains agricoles situés à côté de bases militaires américaines. «En tant que ministre de la Défense, je veux savoir qui détient les terres autour de nos bases (militaires) et comprendre pourquoi des entreprises étrangères les achèteraient», a-t-il déclaré. Selon la ministre de l’Agriculture, le gouvernement Trump veut également s’efforcer de «récupérer ce qui a déjà été acheté par la Chine et d’autres adversaires étrangers». Selon des données du ministère de l’Agriculture américain, la Chine se classe au vingtième rang des investisseurs étrangers dans les terres agricoles américaines, avec environ 112.000 hectares en 2023. Le Canada, premier, en compte plus de 50 fois plus.