Le Crédit agricole crée un fonds d'investissement d'1 Mrd€ pour les filières agricoles
Dans le cadre de la présentation, le 1er décembre, de son «projet sociétal», dont les «transitions agricoles et agroalimentaires» constituent l'une des trois parties, le groupe Crédit agricole a annoncé le lancement «dès 2022» d'un «fonds de private equity et de dette» doté d'un milliard d'euros, à l'échelle européenne. Il financera des sociétés intervenant «de la fourche à la fourchette», c'est-à-dire de la «semence ou des engrais» jusqu'à la transformation et la distribution, ont précisé ses dirigeants en conférence de presse. Le fonds devrait viser plusieurs stades de développement d’entreprise, et pourrait éventuellement mobiliser en sus des partenaires financiers extérieurs. En 2019, le Crédit agricole avait déjà lancé un fonds d'investissement appelé Transitions, doté de 200 millions d'euros, qui visait plus largement «l'agriculture, l'agroalimentaire et l'énergie». Les engagements pour l’agriculture comportent deux autres volets. Le premier est de participer à la «structuration» du marché du carbone agricole, «en devenant un tiers de confiance» dans cette filière, et «pourquoi pas en créant une plateforme». Et le dernier volet consiste à «continuer» de soutenir l’installation. Et la banque de citer notamment un projet de développement de «plateformes de circuits courts».
Gestion des risques: le projet de loi au Conseil des ministres, l’outre-mer intégré
Les ministres de l’Agriculture Julien Denormandie et de l’Economie Bruno Lemaire ont présenté en Conseil des ministres, le 1er décembre, le projet de loi (PJL) «portant réforme des outils de gestion des risques climatiques en agriculture» - qui prévoit notamment de réformer l’assurance multirisques climatiques (MRC, ou "assurance-récolte"). Comme annoncé dans nos colonnes (voir Agrafil du 2 novembre), ce PJL conçoit un dispositif de couverture des risques climatiques à trois niveaux. Il habilite le gouvernement à légiférer par ordonnance sur les paramètres techniques. Et il créé une nouvelle instance de discussion sur la MRC (le Codar). Le PJL donnera aussi la possibilité à l’Etat d’appliquer pleinement le règlement européen Omnibus sur l’assurance (taux de subvention de la prime à 70%, seuil de déclenchement de l’assurance à 20%), mais cela «ne préjuge pas» des arbitrages qui seront rendus sur ces taux «par voie réglementaire» dans les mois à venir, a souligné le cabinet de Julien Denormandie lors d’un brief à la presse le 30 novembre. Enfin, le PJL permet au gouvernement de fixer par ordonnance les nouveaux critères qui s’appliqueront à l’outre-mer, une fois la concertation «en cours» aboutie.
Gestion des risques: le projet de loi est «une étape importante» (FNSEA/JA)
La FNSEA et les JA ont salué, dans un communiqué commun le 1er décembre, la présentation en Conseil des ministres du projet de loi (PJL) portant réforme des outils de gestion des risques climatiques en agriculture. C’est «une étape importante vers la concrétisation» de la refonte du système «attendue depuis de trop nombreuses années par les agriculteurs», déclare le syndicalisme majoritaire. Ils se réjouissent notamment que le PJL réaffirme la possibilité d’exploiter au maximum le règlement européen Omnibus. «Seule une application complète du règlement Omnibus, sur le niveau d’appui à la cotisation et sur le seuil de déclenchement de l’assurance, à toutes les productions et aux contrats d’assurance à la nature de culture créera une dynamique positive», affirment-elles. La FNSEA et les JA se félicitent aussi de «la garantie minimale ouverte à tous les agriculteurs et soutenue par l’Etat», quant à l’indemnisation des risques catastrophiques; de l’instauration d’un guichet financier unique pour les agriculteurs ; et de la création d’un pool de «coréassurance» dont les modalités sont encore en discussion.
Gestion des risques: la CR et la Conf’ défavorables au projet de loi
La Coordination rurale estime que le projet de loi (PJL) visant à réformer l’assurance multirisques climatiques (MRC, ou ‘assurance récolte’) se fait «au détriment des agriculteurs», dans un communiqué le 1er décembre. Le syndicat dénonce l’essence même du PJL: le souhait du gouvernement de «généraliser» le recours à la MRC en permettant un subventionnement accru des primes d’assurance, assorti d’une meilleure indemnisation par l’Etat des risques catastrophiques pour les assurés. «Si l’intention semble juste, il n’en reste pas moins que ces assurances présentent un coût financier important» pointe la CR, rappelant que les principaux assureurs Groupama et Pacifica ont annoncé une hausse de 10 à 25% des primes en 2022 (voir Agrafil du 17 novembre), c’est-à-dire un an avant l’entrée en vigueur de la réforme assurantielle prévue pour le 1er janvier 2023. Même son de cloche du côté de la Conf’, qui déplore une réforme qui revient à «forcer» les agriculteurs à s’assurer. «Le gouvernement envisagerait à terme de restreindre l'accès des aides à l'investissement du 2e pilier de la PAC aux seuls assurés», regrette de surcroît le syndicat minoritaire dans son propre communiqué.
Mal-être agricole: Agri’écoute lance une plateforme de discussion en ligne
Le dispositif d’écoute téléphonique pour les actifs agricoles en difficulté, Agri’écoute, s’est enrichi d’une «plateforme de discussion en ligne» depuis le 22 novembre, annonce la MSA dans un communiqué le 1er décembre. Cette plateforme dispose d’un accès «sécurisé et anonyme». Pour y accéder, il faut se rendre sur le site internet agriecoute.fr et entrer des codes identiques pour tous les adhérents. L’identifiant à indiquer est : monespaceagriecoute ; et le mot de passe est : AGRIECOUTE. Une fois connectés, agriculteurs ou salariés agricoles peuvent «tchatter en direct» avec des psychologues diplômés pour confier leur mal-être. Ils peuvent aussi «consulter des fiches et des conseils sur la santé mentale», et/ou prendre rendez-vous pour rencontrer un psychologue. La plateforme est disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, tout comme le numéro d’appel Agri’écoute (09 69 39 29 19). Les services sont effectués pour la MSA par une entreprise prestataire d’écoutants professionnels : depuis janvier 2021, il s’agit de l’entreprise Empreinte humaine
Gel en viticulture: ouverture des calamités mi-décembre, indemnisation dès mars
En visite au Sitevi (salon des techniques de la viticulture et de l’arboriculture) le 30 novembre, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé l’ouverture des déclarations de calamités dès le 15 décembre au titre de l’épisode de gel du printemps, s’est félicité Jérôme Despey, président de la filière viticole, lors d’un point presse. Après cet épisode d’ampleur qui avait touché une très grande partie du vignoble français, le ministre de l’Agriculture avait ouvert le régime des calamités à plusieurs productions, dont la viticulture qui n’en bénéficie pas habituellement. En outre, l’indemnisation devrait avoir lieu dans un temps particulièrement rapide, a annoncé Julien Denormandie au Sitevi : elle devrait arriver sur le compte des exploitants dès le mois de mars, soit à peine 12 mois après le fléau, au lieu de 16 à 24 habituellement en arboriculture. Le secteur arboricole bénéficiera de la rapidité promise par le ministre, selon Jérôme Despey.
Protéines végétales: le néerlandais DSM rachète le norvégien Vestkorn Milling
Le néerlandais Royal DSM a annoncé le 29 novembre le rachat du norvégien Vestkorn Milling, leader européen des ingrédients issus de pois et haricots pour les produits à base de protéines végétales. Cette opération, qui doit être finalisée «au quatrième trimestre» 2021, est «une nouvelle étape dans la stratégie de DSM visant à créer une entreprise de protéines alternatives et offrira une synergie avec l'isolat de protéine de colza» dont le lancement commercial est prévu l’an prochain, selon un communiqué. Vestkorn Milling (55 salariés), dont la valeur d’entreprise est chiffrée à 65 M€, produit des protéines, amidons et fibres alimentaires pour les aliments à base végétale, le «petfood» et l’alimentation animale. Par ailleurs, DSM est partenaire du français Avril pour produire conjointement de l'isolat de protéine de colza destiné à l'alimentation humaine, une première mondiale. Dans ce cadre, une usine est en construction à Dieppe (Seine-Maritime), avec une ouverture prévue début 2022.
Légumes: une nouvelle OP en maraîchage bio se créé dans le grand Ouest
La SAS de maraîchage bio Racines Carrées créée en octobre 2020 à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique) «a obtenu sa reconnaissance en organisation de producteur (OP) pour le 1er janvier 2022», a indiqué sa directrice Cindy Godin à Agra Presse le 1er décembre. Cette reconnaissance est le fruit de «deux ans de travail» mené par les producteurs bio des groupements maraîchers Vitaprim et Nanteurop. La nouvelle OP rassemble «une quinzaine d’exploitations bio» situées pour la plupart en Loire-Atlantique, mais aussi en Vendée, dans le Maine-et-Loire et l’Indre-et-Loire. Certains exploitants sont spécialisés dans la bio, d’autres mènent également des productions en conventionnel et demeurent rattachés pour ces dernières aux deux groupes historiques. A travers le fonctionnement en OP, les producteurs souhaitent constituer une offre de légumes bio «plus fiable et variée», afin d’établir des partenariats «robustes» avec les clients pour «sécuriser» les ventes, a détaillé Cindy Godin. En 2021, Racines Carrés représentait 335 ha de légumes plein champ et 45 ha sous serre, pour un chiffre d’affaire estimé à 25 millions d’euros (M€).
Vin : quatre cépages prêts à renouveler l’offre du Beaujolais
Quatre cépages inscrits au catalogue français des variétés végétales en 2014 sont prêts à renouveler l’offre du Beaujolais, qui est marquée par la prépondérance d’un seul cépage, le gamay, a montré l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) au Sitevi le 1er décembre. La génétique de ces cépages est issue de celle du gamay, le cépage du Beaujolais, ou du pinot noir, le cépage emblématique de la Bourgogne, et le plus souvent des deux. Leurs noms sont le gaminot, le picarlat, le beaugaray et la granita, tous co-obtenus par l’Inrae et la Sicarex-Beaujolais, société de recherche basée à Villefranche sur-Saône. L’objectif est de sortir du mono-cépage du beaujolais et de développer des variétés moins sensibles au botrytis, champignon qui donne la pourriture grise, a précisé Bertrand Chatelet, responsable de l’unité de l’IFV de Villefranche sur-Saône. Le soutien financier des récentes actions de R&D de l’IFV par l’enseigne de magasins spécialisé en vin Nicolas illustre la volonté de passer à court terme à l’échelle de la commercialisation, notamment du gaminot, qui a été présenté à la dégustation au Sitevi.
Lait : forte baisse des investissements industriels liée à la crise sanitaire
«Face à l’incertitude générée par la crise, les entreprises de la filière lait ont mis en pause une part significative de leurs investissements: les montants investis représentent environ les deux tiers de la tendance moyenne des dernières années» apprend-on dans l’Observatoire financier des entreprises agroalimentaires consacré à l’industrie laitière, publié par le Crédit agricole le 29 novembre. «Seuls les petits fromagers [entre 2 et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, ndlr], en moyenne, réalisent des efforts d’investissements réguliers dans les outils, preuve que leur marché est porteur», notent les auteurs de l’étude qui porte sur la période janvier 2020 à mars 2021. Au contraire, les entreprises de produits de grande consommation (yaourts, lait UHT, beurre, hors fromages) investissent très peu du fait d’un marché national «atone». «La hausse récente et conjoncturelle de leurs performances ne suffit pas encore à relancer les investissements», remarquent les experts. Par ailleurs, ils soulignent les différences de rentabilité économique entre les leaders du secteur (CA supérieur à 500 millions), qui améliorent leur taux de rentabilité de 7,5%, et les entreprises moyennes (entre 10 et 50 millions) dont le taux est «historiquement faible (autour de 2%) et se contracte encore».
Viande: Greenpeace veut interdire sa publicité «dans les espaces publics»
Dans un rapport paru le 30 novembre, Greenpeace demande l'interdiction de la publicité pour la viande dans «les espaces publics (possédés, gérés, loués ou organisés par les pouvoirs publics)», ainsi que les publications «diffusées dans les institutions publiques (notamment les ouvrages scolaires)». L'ONG demande aussi l'arrêt du «financement public» des campagnes visant à «promouvoir et augmenter la consommation de viande et de produits laitiers», afin de flécher ces fonds vers les produits végétaux. Dans ce rapport rédigé avec l'aide de sept sémioticiens, Greenpeace dissèque les publicités de 51 marques de produits carnés dans six pays européens (France, Pologne, Espagne, Danemark, Allemagne et Suisse). Certaines sont portées par des acteurs privés (Bigard, LDC, Madrange, Herta, Fleury Michon), d'autres par des institutions (Label rouge, Interbev, APVF). Selon l'ONG, les publicités pour la viande véhiculent sept «mythes»: écologie, santé, virilité, place des femmes, identité nationale, convivialité et liberté. «Il est temps de limiter le marketing et la publicité en faveur de la viande et des produits laitiers, de freiner leur consommation et de mettre un terme aux impacts négatifs que leur consommation excessive fait peser sur la santé des personnes et de la planète», conclut Greenpeace.
Sucre : les betteraviers veulent profiter de la hausse des cours (syndicat)
La filière sucre, entrée dans la loi Egalim 2, doit profiter de la hausse des cours, a soutenu le 1er décembre la CGB (betteraviers, FNSEA). «Enfin, les marchés se sont retournés» sur le plan européen et mondial, a salué le président Franck Sander, lors d'une conférence de presse. Reste à la «filière d’aller chercher la hausse » des prix. Après plusieurs années de déficit en sucre, les cours mondiaux sont à des sommets pas vus depuis quatre ans et demi, à environ 450 €/t. Cette embellie laisse entrevoir un rebond du marché européen. «Depuis trois ans, la filière sucre européenne est importatrice, mais les prix dans l’UE n’ont pas réussi à remonter au-delà du niveau de crise» proche de 400 €/t, a noté le DG Pierre Rayé. La CGB compte sur «la dynamique Egalim 2» pour surfer sur l'amélioration de la conjoncture. Selon la loi, des indicateurs de prix doivent être publiés par l’interprofession. Il s’agit d’«une opportunité pour avoir une contractualisation plus dynamique», réactive par rapport aux fondamentaux du marché, selon lui. L’objectif est d’obtenir «une meilleure répartition de la valeur» au sein de la filière.
Eau : l'Etat valide la légalité d'un chantier de «bassine» dans les Deux-Sèvres
Le préfet des Deux-Sèvres a annoncé dans la soirée du 30 novembre qu'une «mission de contrôle et d'expertise» avait établi la légalité d'une partie des travaux de construction d'une réserve d'irrigation à Mauzé-sur-le-Mignon, chantier qui alimente de vives tensions entre opposants et agriculteurs. «A ma demande, les services de l'Etat ont procédé à une mission de contrôle et d'expertise sur site en lien avec un expert écologue. Il en ressort que les travaux de canalisation réalisés respectent bien les prescriptions de l'arrêté préfectoral» autorisant le chantier, écrit le préfet Emmanuel Aubry dans un communiqué. Selon lui, la Coop de l'Eau, coopérative d'agriculteurs qui porte le projet, a bien procédé aux modifications de tracé demandées avant le début des travaux et visant à «éviter deux parcelles (...) présentant de forts enjeux environnementaux (prairie temporaire humide et arbres têtards)». «Toutes les zones humides sont épargnées et préservées», ajoute-t-il, assurant que les travaux engagés «peuvent se poursuivre en toute légalité» à Mauzé-sur-le-Mignon.
Fruits et légumes: Jacques Rouchaussé réélu président du CTIFL
Le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL) a reconduit Jacques Rouchaussé à sa présidence, informe un communiqué le 1er décembre. M. Rouchaussé rempile donc pour un troisième mandat consécutif de trois ans. Maraîcher dans la Marne, il est par ailleurs président de Légumes de France (fédération des producteurs de légumes, FNSEA). Son vice-président au CTIFL Georges Daniel et l’ensemble des membres du bureau ont aussi été réélus à l’unanimité. «Nous souhaitons apporter des réponses aux enjeux de notre filière fruits et légumes comme l’amélioration de sa compétitivité en tenant compte des spécificités et de la réalité des territoires, la poursuite de la recherche variétale liée à l’adaptation au dérèglement climatique», a déclaré Jacques Rouchaussé cité dans le communiqué.