Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture: réunion de lancement le 25 janvier
La Commission européenne lancera officiellement son dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE avec une première réunion d’une trentaine de parties prenantes (organisation agricoles, coopératives, ONG, institutions financières, chercheurs…) le 25 janvier. Les invitations ont été envoyées le 18 janvier et les débat seront présidés par le professeur Peter Strohschneider qui avait déjà présidé la Commission pour l’avenir de l’agriculture du gouvernement fédéral allemand. Dans un communiqué du 19 janvier, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) préviennent que ce dialogue devra se concentrer sur la compétitivité et les revenus des agriculteurs ainsi que la cohérence des politiques agricoles de l'UE alors qu’une «vague de mécontentement agricole a déferlé sur l’Europe ces dernières semaines, alimentée par la hausse des coûts des intrants, les événements météorologiques extrêmes et l’incertitude économique et bureaucratique» ainsi qu’une «une recrudescence des décisions réglementaires affectant l’agriculture, ce qui engendre une profonde incompréhension sur le terrain». Une réaction qui n’est pas du goût de la Commission européenne : son porte-parole en charge de l’agriculture s’est dit «perplexe» alors que le Copa et la Cogeca ont tous les deux été invités en amont à «définir le cadre du débat».
PLOA: présentation du projet de loi reportée pour intégrer des mesures de «simplification»
Dans une note adressée à la presse via le réseau Whatsapp le dimanche 21 janvier, le cabinet du ministre annonce que la présentation du projet de loi d'orientation agricole (PLOA) est reportée. Objectif: «enrichir» le texte de mesures de «simplification». Prévue initialement le 24 janvier, la présentation en Conseil des ministres sera «reportée de quelques semaines, que nous mettrons à profit pour écouter les acteurs agricoles et expertiser les propositions». Quant à l'examen du texte, jusqu'ici prévu pour débuter au Sénat en mars et s'achever en mai/juin à l'Assemblée, «le discours de politique générale du Premier ministre, prévu le 30 janvier» permettra de l'«affiner», explique le cabinet qui maintient toutefois que le projet de loi «doit être débattu au Parlement au 1er semestre». L'annonce intervient après le blocage depuis quatre jours de l'autoroute 164 près de Toulouse (voir ci-dessus) - qui se poursuit après une importante mobilisation le 16 juin, à l'issue de laquelle les agriculteurs avaient obtenu le report de l'augmentation de la redevance irrigation. L'annonce intervient à quelques semaines du début du Salon de l'agriculture le 24 février, et quelques mois des élections européennes. L'Alliance rurale, le Rassemblement national et Les Républicains ont affiché leur soutien aux manifestations des agriculteurs en France et en Allemagne (voir ci-dessous). L'annonce intervient enfin quelques jours après que le Président de la république a annoncé officiellement, le 16 juin, que les Assises de la simplification lancées par Bruno Le Maire déboucheront sur un projet de loi dit Pacte 2. Elle
L'A64 bloquée depuis quatre jours par des agriculteurs en colère, un barrage prévu en Ariège
La mobilisation des agriculteurs occitans se poursuivait le dimanche 21 janvier, l'autoroute A64 étant toujours coupée près de Toulouse pour une quatrième journée consécutive, tandis qu'un barrage filtrant doit être installé sur une route nationale de l'Ariège. A hauteur de Carbonne, à quelque 45 km au sud-ouest de la Ville rose, les manifestants continuent de tenir un camp de fortune installé sur les deux fois deux voies de l'autoroute vers Bayonne, selon Bison futé et un participant sur place. Une réunion de près de trois heures samedi après-midi, entre le préfet d'Occitanie Pierre-André Durand et cinq représentants du monde agricole, n'a pas permis de décider de la levée du barrage, au «regret» de M. Durand. Dimanche, c'est en Ariège qu'une nouvelle opération devrait être menée. Un barrage filtrant doit être installé sur un rond-point à Tarascon-sur-Ariège à partir de 14H00, a averti la préfecture départementale. «Des difficultés importantes de circulation sont attendues dans les deux sens de circulation», prévient le préfet du département pyrénéen dans un communiqué, appelant les automobilistes à «anticiper leurs déplacements». Les agriculteurs occitans multiplient depuis quelques mois les actions en vue d'obtenir de l'Etat le déblocage en urgence d'aides conséquentes, notamment face au renchérissement du carburant et à une maladie bovine, et une politique de l'eau favorable à l'irrigation des cultures.
Blocage de l'autoroute A64 : le patron des députés LR «soutient très clairement»
La droite «soutient très clairement» le mouvement des agriculteurs, «y compris les blocages» de route entamés cette semaine dans le sud-ouest, a affirmé dimanche le chef de file des députés Républicains, Olivier Marleix. «On soutient très clairement les agriculteurs dans leur mouvement, l'expression de leur colère (...) y compris les blocages malheureusement quand il faut se faire entendre», a-t-il déclaré sur France 3. Les manifestations d'agriculteurs se multiplient depuis quelques semaines, en France comme ailleurs en Europe, contre des charges financières et des normes environnementales jugées trop lourdes. Selon M. Marleix, c'est surtout la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier qui «déclenche la colère» et «le gouvernement doit renoncer dans l'immédiat à cette mesure». «La situation de nos agriculteurs n'est plus tenable», a-t-il estimé, pointant le risque judiciaire en cas de mauvais usage des pesticides: «On fait des agriculteurs des délinquants, donc à un moment il y a un ras-le-bol». Un point de désaccord avec la patronne des députés LFI, Mathilde Panot, qui a souligné sur la même chaine que «nous avons besoin de normes écologiques». Il y a cependant une «revendication qui est partagée par tout le monde, très largement, c'est +on veut vivre de notre travail+», a-t-elle ajouté, rappelant que son groupe avait déjà proposé un «prix plancher pour que les agriculteurs puissent vivre dignement», rejeté «à six voix à l'Assemblée nationale, à cause des macronistes et des LR».
Manifestations d'agriculteurs: «un mouvement de colère» contre l'UE, selon Bardella
Les manifestations d'agriculteurs qui se multiplient dans plusieurs pays traduisent «un mouvement de colère» contre l'Union européenne «qui veut la mort de notre agriculture», a déclaré le 20 janvier Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes. «Il y a un mouvement de colère qui est en train de se lever partout en Europe et le point commun de ce mouvement de colère c'est l'Union européenne et l'Europe de Macron qui veut la mort de notre agriculture (...) et qui refuse aux agriculteurs le droit de vivre de leur travail», a déclaré l'eurodéputé lors d'un déplacement chez un éleveur laitier à Queyrac (Gironde), dans le Médoc. «Cette incapacité à vivre de son travail et le refus de dépendre d'aides permanentes» est «probablement le coeur de ce mouvement de colère», a-t-il ajouté, après avoir visité l'exploitation et longuement caressé une vache. M. Bardella a fustigé les accords de libre-échange signés par l'UE avec d'autres pays - dont l'agriculture devrait être exclue selon lui -, l'absence de «patriotisme économique» pour «protéger nos intérêts», ou encore les «normes toujours plus dures et toujours plus lourdes qu'on impose aux agriculteurs français». Selon lui, les prochaines «élections européennes sont un enjeu de civilisation», notamment «celui de demeurer dans les années qui viennent une grande puissance agricole». «La France a toujours été une grande puissance agricole, ça fait partie de notre héritage, de notre patrimoine, ça a façonné nos territoires. Je refuse de laisser mourir nos agriculteurs», a-t-il plaidé.
Projet d'autoroute A69: nouvelle évacuation de la ZAD «sans incident»
Les autorités ont mené le 20 janvier une nouvelle évacuation de la ZAD installée à Saïx (Tarn) par des opposants au projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, selon la préfecture. Huit personnes ont été interpellées lors de l'intervention sur cette ZAD dite de la Crémade, est-il précisé dans un communiqué. Les collectifs d'opposants sur place ont dénoncé une «provocation» des pouvoirs publics et annoncé leur intention de «reconstruire». La ZAD avait déjà été évacuée le 22 octobre. Le président du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond, a salué dans un communiqué une «très bonne nouvelle» et s'est réjoui de la «détermination de l'Etat à mener le chantier de l'A69 à son terme». Les députés écologistes ont demandé mardi l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur ce projet controversé. Parmi eux, la députée Christine Arrighi, élue de Haute-Garonne, a dénoncé mardi à cette occasion un «scandale écocide d'un chantier qui n'a aucune raison d'être, ni économique, ni financière, et encore moins environnementale». Et la parlementaire d'ajouter: «350 hectares de terres arables, humides et d'arbres, pâtissent de cette situation, et sur ces 53 km, on a déjà une route nationale en deux fois deux voies.»
Chambres d'agriculture: la Cour des comptes étrille la chambre du Lot-et-Garonne
La Cour des comptes pointe «de nombreuses irrégularités» à la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, connue pour avoir construit une réserve d'eau illégale il y a cinq ans, et appelle l'État à renforcer sa tutelle, dans un rapport publié le 19 janvier. «Gouvernance non conforme», activités hors cadre, «procédure budgétaire défaillante» voire «insincère»... la Cour multiplie les critiques envers la chambre, contrôlée de longue date par la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat de la profession. «La Cour a relevé de nombreuses irrégularités dans la gestion et les activités de la chambre départementale d'agriculture et le fonctionnement de ses instances», affirme la juridiction dans son rapport d'observations définitives qui porte sur la période 2015-2023. Adressant à la Chambre huit «rappels au droit», elle invite l'État à renforcer son contrôle de légalité et à intervenir «si les irrégularités devaient perdurer». Dans sa réponse, Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d'agriculture et figure de la CR47, dénonce un travail d'analyse «orienté politiquement, voire syndicalement». Parmi ses griefs, la Cour relève «la prédominance d'un bureau dont la composition est floue et qui laisse une place importante à des personnalités non élues», un règlement intérieur «incomplet» et l'absence de directeur général pendant trois ans. Elle pointe aussi une «absence de dialogue social formel», «des augmentations de rémunération et des gratifications concentrées sur quelques agents».
Bovins/MHE: mortalités et frais vétérinaires pris en charge à 80% (ministère)
«L’État remboursera 80% des frais de soins vétérinaires et indemnisera à hauteur de 80% les animaux morts» de la MHE (maladie hémorragique épizootique), et ce «pour l’ensemble des foyers constatés jusqu’au 31 décembre 2023», annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 19 janvier. Pour les cas confirmés après le 1er janvier 2024, «la solidarité professionnelle prendra le relais, avec l’appui de l’État», comme attendu, précise la Rue de Varenne: le FMSE (fonds sanitaire professionnel) «indemnisera au même taux les frais vétérinaires et les animaux morts». Les éleveurs «pourront déposer leurs dossiers d’indemnisation dès le début du mois de février». Très attendues, ces aides s’ajoutent à la prise en charge des tests PCR de confirmation de la maladie, annoncée début novembre. Le principe de ces indemnisations avait été acté par Marc Fesneau à l’automne, mais il manquait encore leurs modalités précises, qui viennent d’être présentées aux responsables professionnels le 19 janvier. Arrivée fin septembre en France, pour la première fois, la MHE a provoqué 3764 foyers dans le sud et l’ouest du pays, selon le dernier bilan au 18 janvier. Les «premières enquêtes de terrain» montrent que 10 à 15% des bovins «expriment des signes cliniques en cas de contamination d’un élevage» par la MHE (avec une mortalité de 1% dans les élevages contaminés).
Bovins: le recul de la production de viande devrait ralentir en 2024, selon l’Idele
La production française de viande bovine devrait reculer de 1,2% en 2024 (à 1,282 Mtéc), une chute qui ralentirait après «deux années consécutives de baisse de l’ordre de 5%», selon les prévisions de l’Institut de l’élevage (Idele) publiées le 19 janvier. Principale explication: la décapitalisation «a décéléré courant 2023», pour les bovins viande comme pour les bovins lait. «Ce ralentissement de la décapitalisation pourrait se poursuivre en 2024 pour se situer en fin d’année à -1,7%» pour les vaches allaitantes. Idem en vaches laitières (-1,6%), grâce à «un prix du lait attractif pour les producteurs et des stocks fourragers plutôt conséquents fin 2023», estime l’institut technique. Toutefois, certains pans de la production devraient continuer à reculer fortement: les exportations de broutards sont attendues en chute de 5% sur 2024 (à 942 000 têtes), «du fait de la contraction des disponibilités et d’une relocalisation partielle de l’engraissement en France». Et la production de veaux de boucherie devrait connaître une chute comparable. Par ailleurs, l’Idele prévoit «une quasi-stabilité de la consommation par bilan en 2024 (-0,5%/2023)», à 1,43 Mtéc. Ce qui devrait profiter aux importations (+3%) dans un contexte de baisse des abattages et de rebond des exportations (+2,2%).
Porc: en Allemagne, le cours dévisse de 10 ct€ dans un marché teinté d’inquiétude
Après trois mois de stabilité, le cours du porc allemand a perdu 10 ct€/kg (à 2 €/kg) lors de la cotation hebdomadaire du 17 janvier. Une chute brutale qui intervient dans «un contexte où les difficultés s’accumulent», note le Marché du porc breton (MPB), entre «les reports toujours existants, les manifestations d’agriculteurs, le retrait du groupe Vion dans le nord de l’Allemagne». D’après les Marchés, «les abattoirs ne sont pas aux achats», et les manifestations contre la fin de la défiscalisation du GNR ont «parfois entraîné des retards logistiques», ce qui a «déséquilibré le marché». Quant au groupe néerlandais Vion, dans un communiqué diffusé la veille de la cotation, il a annoncé une «réduction» de ses activités, ainsi que la vente de trois de ses sites, dans un contexte de «restructuration» de l’industrie porcine germanique. Deuxième producteur européen, l’Allemagne est en perte de vitesse depuis l’irruption de la peste porcine africaine sur son territoire en 2020. «Dans le sillage de l’Allemagne, d’autres baisses de cours sont attendues comme en Autriche, en Belgique», prédit le MPB, ajoutant que «la tension est extrême dans le nord de l’Europe». En France, la cotation de référence a clôturé à 1,782 €/kg le jeudi 18 janvier, à un niveau quasi stable depuis début décembre.
Maïs/guerre en Ukraine : Bruxelles valide l’aide d’État polonaise de 230 M€
La Commission européenne a approuvé le 19 janvier, une aide d’État polonaise d’environ 230 millions d’euros (1 milliard de zlotys) destinée à soutenir les producteurs de maïs dans le contexte de la guerre en Ukraine. Bruxelles précise qu’elle consistera en des montants limités d'aide (maximum 280 000 euros par bénéficiaire) sous forme de subventions directes qui devront être accordées au plus tard le 30 juin. Cette aide était un des engagements pris le 6 janvier par le ministre de l’Agriculture polonais Czeslaw Siekierski pour mettre fin aux blocages d’agriculteurs au point de passage de Medyka à la frontière avec l’Ukraine. Toutefois, cette annonce ne devrait pas empêcher Varsovie de soulever un "point divers" lors de la réunion du Conseil Agriculture du 23 janvier afin de demander «des solutions efficaces pour prévenir les importations agricoles excessives en provenance d'Ukraine». Ces solutions seraient intégrées dans le cadre des mesures commerciales autonomes dont la prolongation est actuellement à l’étude. A ce titre, la Commission européenne pourrait présenter son projet de texte lors de la prochaine réunion du Collège des commissaires, le 24 janvier.
Céréales : un nouveau consortium pour le transport fluvial en Seine-Escaut
Dans un communiqué de presse du 18 janvier, le programme de logistique fluviale Multirégio – porté notamment par la filière céréalière –, a annoncé la signature d’un groupement d’intérêt économique (GIE) des chargeurs du réseau Seine Escaut. Ce GIE a été signé par des transporteurs, et des entreprises des filières céréalière, papier et construction. L’objectif étant de «décarboner les activités logistiques et fluviales, à concourir à une logistique plus intégrée et plus compétitive, et à positionner les ports comme facteur de réindustrialisation de la loi "Industries vertes" promulguée le 23 octobre 2023», précise le communiqué de presse. Parmi les actions développées par Multirégio figure notamment un projet pilote de vingt barges bas carbone, pour la période 2022-2025, puis de cinquante unités à partir de 2025, de même que le déploiement des réseaux Seine-Escaut, Rhône-Saône et Rhin-Moselle au sein de six à quinze ports intérieurs (2024-2030). Le programme a également pour objectif de poursuivre un projet de développement portuaire à Nogent sur Seine, pour en faire un port trimodal, et ce afin «d’utiliser pleinement les futures capacités du passage à grand gabarit de la partie Bray/Nogent». En outre, Multirégio confirme la possibilité pour les professionnels du secteur de reporter vers le fluvial près de 1,5 Mt par an, soit trente barges occupées à temps.
Boulangeries : croissance ralentie en 2023, mais diversification de l’offre
Dans sa nouvelle édition de la revue Boulangerie-Pâtisserie, le cabinet Food Service Vision, spécialiste des études de marché d’acteurs clés de la restauration, conclut au ralentissement du rythme de croissance du chiffre d’affaires (15,1 Mrd € en 2023) du secteur de la boulangerie-pâtisserie, rapporte un communiqué du 19 janvier. Après avoir connu un pic à 20 % en 2021, la croissance du chiffre d’affaires du secteur est ainsi retombée à 9% en 2022, avant de s’établir à 5% en 2023. «Si la fréquentation des boulangeries-pâtisseries par les Français n’a pas faibli, ils ont en revanche effectué des arbitrages en achetant moins ou des produits moins chers», rapporte le communiqué. En cause, les hausses de coûts «importantes», qu’il s’agisse d’énergie ou des matières premières, répercutées en partie sur les consommateurs. Pour autant, le cabinet Food Service Vision observe une tendance à la diversion de l’offre du secteur. 55% des consommateurs se rendent ainsi dans une boulangerie pour acheter de la restauration salée et 46% des boissons, avec une tendance de plus en plus affirmée à la consommation sur place. Le cabinet anticipe d’ailleurs une croissance des ventes de snacking de 15% entre 2022 et 2026, pour atteindre 5,4 Mrd€. Même constat concernant les chaînes, qui représentent aujourd’hui 8% des points de vente mais 18% du CA de la filière.
Fruits: Maïsadour proposera à des adhérents de cultiver du kiwi avec Sikig
Dans un communiqué commun paru le 19 janvier, la coopérative Maïsadour – connue pour ses producteurs de canards, de semences et de maïs – annonce la signature d'un «partenariat» avec la société Sikig, «acteur majeur du kiwi en France» (150 producteurs fournisseurs, 500 hectares, 5000 tonnes). Concrètement, Sikig proposera aux agriculteurs «identifiés par Maïsadour» un «accompagnement sur mesure» et leur apportera «son expertise technique et commerciale». Autrement dit: «projet clé en main, gestion du chantier de plantation, accompagnement pour la culture (verger et recrutement du personnel intérimaire)». Sikig se présente comme le pionnier de la production du kiwi en Europe, depuis 1964, et le «leader français du kiwi premium». Depuis 2003, Sikig a noué un partenariat avec le leader mondial du kiwi, le néo-zélandais Zespri (700 000 tonnes), qui détient «une des marques les plus reconnues par les consommateurs dans le monde». Les deux entreprises rappellent par ailleurs que, avec «plus de 20 000 tonnes récoltées chaque année, 350 kiwiculteurs, et 600 ha de culture, le bassin de l’Adour est la première zone géographique de production de kiwi en France», et dispose notamment d'une IGP.
Bio : Quaterra (ex-Bio conquête) veut racheter de nouvelles fermes
Le groupe Quaterra (ex-Bio conquête), qui investit dans des fermes et des usines pour une «alimentation durable», prévoit de nouvelles acquisitions d’ici deux ans, a-t-il annoncé le 19 janvier. «Notre objectif est d’atteindre 100 M€ de chiffre d’affaires en 2025» contre 42 M€ en 2023, a déclaré en conférence de presse le co-fondateur Nicolas Mosser. La croissance externe y contribuera «très majoritairement». Des projets de rachat sont en cours, a-t-il indiqué, ciblant des entreprises au chiffre d’affaires compris entre 5 M et 50 M€ de chiffre d’affaires (au minimum «quelques millions d’euros» pour les fermes). En agriculture, cela concerne «plutôt les cultures spécialisées, avec des synergies possibles avec les filières agroalimentaires existantes», a précisé Alexis Lefebvre, directeur des investissements et des participations agricoles. Le groupe, né en 2018, possède cinq usines, notamment les confitures 4 saisons et Confit de Provence, ainsi que trois fermes (fruits rouges, œufs, miel). «On n’ira pas dans le vin, le lait, les céréales», a poursuivi Frédéric Jousset, actionnaire majoritaire depuis 2022. Quaterra, en accompagnant des entrepreneurs dans le mode de production, la valorisation des produits, le développement commercial, cherche des synergies entre ses filiales.