Manifestations: une agricultrice décède sur un barrage routier dans l'Ariège
Le mouvement des agriculteurs a été endeuillé, le 23 janvier, par la mort d'une exploitante dans l'Ariège, renversée par une voiture qui a foncé sur un barrage de manière non intentionnelle, selon les premiers éléments de l'enquête. Les victimes – une agricultrice de 35 ans, son conjoint de 40 et leur fille de 14 ans, selon le préfet – ont été renversées mardi entre 5h30 et 6h sur un barrage routier d'agriculteurs à Pamiers. Les trois occupants de la voiture qui a foncé sur le barrage, «un couple et une de leurs amies, tous trois de nationalité étrangère» selon le parquet (de nationalité arménienne selon une précision du préfet), ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte notamment pour homicide involontaire aggravé. «Les faits en cause ne paraissent pas revêtir un caractère intentionnel», a souligné le parquet, mettant en avant la très faible luminosité sur place «en pleine nuit», «sans éclairage public». Le véhicule, qui s'était engagé sur la RN 20 alors que l'accès en était interdit, a percuté un mur de paille qui était «recouvert d'une grande bâche noire», derrière lequel des manifestants se restauraient. «Dans le moment particulier que vit l'agriculture, ce genre de drame est difficile à vivre», a déclaré le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, sur RMC. «L'ampleur de ce qui est en train de se préparer ne sera pas modifiée par ce drame», a-t-il souligné ensuite, ajoutant: «Les combats continuent».
Manifestations: après son entretien avec Attal, la CR «confiante» sur le dossier énergie
A l'issue de leur rencontre avec le Premier ministre Gabriel Attal, le 23 janvier, les représentants de la Coordination rurale se sont dits «confiants» sur le dossier de l'énergie, qu'il s'agisse de la fiscalité du gazole non routier (GNR) ou de l'électricité. «Nous sommes confiants, nous pensons qu'il y aura quelque chose», a déclaré Christian Convers, secrétaire général du syndicat minoritaire. «Le Premier ministre a compris que le problème de trésorerie doit être résolu rapidement», a étayé la présidente Véronique Le Floc'h. Les deux élus ont présenté les revendications de leur syndicat pour cette mobilisation: «année blanche par rapport aux échéances bancaires, avec prise en charge des surcoûts par l'Etat», «paiements de tous les dossiers d'indemnisation en retard» (MHE, influenza aviaire, inondations...» ; «retour en arrière» sur le projet de hausse de la fiscalité du GNR et «exonération totale des carburants» ; «fin des frais de succession dans le cadre familial», ainsi qu'un moratoire d'un an sur les pénalités engendrées par des contrôles. La présidente de la Coordination rurale a appelé les agriculteurs de son syndicat à rejoindre «tous les rassemblements», quelque soit le syndicat qui en soit l'initiateur: «Dans certains départements, les mouvements sont déjà intersyndicaux», note-t-elle. Questionnée sur une éventuelle intersyndicale à l'échelle nationale, Véronique Le Floc'h a plaidé pour que la Confédération paysanne «mettre un peu d'eau dans son vin sur les mesures entrainant de la désagriculturation».
Manifestations: la Conf’ ressort «inquiète» de son rendez-vous avec Attal
A l'issue de son rendez-vous avec le Premier ministre le 23 janvier, la porte-parole de la Confédération paysanne Laurence Marandola a estimé que les premières pistes évoquées par Gabriel Attal étaient «très inquiétantes». Plus tôt dans la journée, elle avait exposé ses deux grandes demandes, à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée: interdire les ventes de produits agricoles sous leur prix de revient, et «stopper» les négociations ou «revenir» sur les accords passés de libre-échange. Sur le premier point, des pistes ont été évoquées concernant l'extension du périmètre de protection de la matière première agricole, qui ne convainquent pas le syndicat ; sur le deuxième, la Confédération paysanne estime que le gouvernement «va visiblement continuer» à signer des accords de libre-échange en y incluant des clauses-miroirs, mesures jugées insuffisantes par le syndicat, pour faire face à ce qui est pour la Conf' le «dénominateur commun» aux mécontentements exprimés dans toute la France: la faiblesse des revenus. Le Premier ministre aurait évoqué des mesures liées à la trésorerie, notamment fiscales, sans en préciser le contenu. Le syndicat n'a pas précisé quelle suite elle donnera à cette rencontre. «La crise est tellement profonde, que la Confédération Paysanne pourrait, si on se met d’accord sur un mot d’ordre vraiment commun (…) , mener ce combat tous ensemble [avec le reste de] la profession», a déclaré le matin en conférence de presse Laurence Marandola. Mais l'orientation sera arbitrée en comité national ce mercredi 24 janvier.
Manifestations : le Modef demande une action sur les prix agricoles
Dans un communiqué paru le 23 janvier, le Modef demande des prix planchers, rémunérateurs et garantis, pour les produits agricoles alors que les discussions entre les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs se terminent le 31 janvier. «Depuis plusieurs semaines, le monde agricole se retrouve sous pression. La loi Egalim 2 devait apporter certaines réponses mais malgré la contractualisation, les prix agricoles sont en baisse (-31,3 % en céréales, -8,4 % en vins, -8,5 % volailles, - 4,3% en gros bovins, - 11,2 % oeufs). Les coûts de production sont à des niveaux très élevés, l’électricité va augmenter de 10 % au 1er février», égrène le syndicat. Outre la fixation de prix planchers rémunérateurs garantis, il réclame l’encadrement des marges de la grande distribution et des transformateurs agroalimentaires (coefficient multiplicateur). Le Modef appelle à un véritable «plan d’urgence alimentaire anti-inflation» et la création d’un budget spécifique pour la «souveraineté alimentaire». Il se positionne aussi sur la réduction progressive de l’avantage fiscal du GNR en demandant son maintien sur les 10 000 premiers litres. Il s’agirait aussi de maîtriser les productions en instaurant des quotas afin de les réguler et de stopper les diverses négociations commerciales (Tafta, Ceta, Mercosur, Nouvelle-Zélande).
Manifestations : des pêcheurs aux côtés de la Coordination rurale le 25 janvier à Rennes
Les agriculteurs de la Coordination rurale, qui manifesteront le 25 janvier à Rennes (Ille-et-Vilaine) «contre les excès de la politique agricole européenne», devraient être rejoints par des pêcheurs à l’appel de David Le Quintrec, selon plusieurs journaux. «On sera là en soutien aux agriculteurs», a indiqué ce patron lorientais d’un fileyeur, à l’origine du mouvement «Pêcheurs en colère», rapporte le Télégramme. Et d’ajouter : «Que ce soit le prix du gasoil, les importations, les taxes… on a presque les mêmes revendications. C’est une convergence des luttes pour la souveraineté alimentaire». «David Le Quintrec prétend pouvoir mobiliser des centaines de pêcheurs en colère, comme il l’a fait en mars 2023, à Rennes», avance de son côté le Monde (article payant). «Des chauffeurs routiers et des salariés des travaux publics pourraient également se joindre à la mobilisation», prévient encore le Télégramme. Aucun autre syndicat agricole n’a annoncé se joindre à la manifestation de la CR jeudi 25. Et aucune action ne semble prévue dans la capitale bretonne, à en croire le communiqué annonçant les mobilisations de la semaine envoyé le 23 janvier par les Jeunes agriculteurs de Bretagne.
Dialogue stratégique: Bruxelles détaille le dispositif
Le vice-président de la Commission européenne en charge du Pacte vert Maros Sefcovic a précisé, le 23 janvier aux ministres de l’Agriculture de l’UE réunis à Bruxelles, l’organisation du dialogue stratégique sur l’agriculture dont le lancement est prévu le 25 janvier. Après ce premier rendez-vous, des réunions se tiendront toutes les quatre à six semaines avec la trentaine d’organisations invitées – Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), Ceja (jeunes agriculteurs), Ifoam (bio), FoodDrinkEurope (industrie agroalimentaire), Eurogroup for Animals, Slow Food, le Bureau européen de l’environnement (EEB), institutions financières, université de Wageningen… Un portail en ligne sera ouvert pour recueillir les avis des organisations qui ne sont pas conviées à ces rencontres. Ensuite, un groupe de travail se penchera sur les trois points spécifiques autour desquels la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen souhaite orienter les discussions : le revenu agricole, la durabilité et l’innovation. Les conclusions de ces réflexions seront rendues au mois de septembre et serviront à Bruxelles pour établir des lignes directrices sur l’avenir de la politique agricoles de l’UE.
Viande in vitro: la France, l’Autriche et l’Italie demandent une étude d’impact global
L’Autriche, la France et l’Italie ont demandé le 23 janvier, lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles, à la Commission européenne de présenter une évaluation d'impact complète et factuelle sur la viande artificielle (sanitaire mais aussi éthique, sociale et économique) avant toute autorisation de vente et de consommation dans l’UE. Une dizaine de délégations (Espagne, Pologne, Portugal…) ont soutenu l’initiative. Ces pays considèrent la production de viande de laboratoire comme une menace pour le modèle agricole européen et préviennent que ces produits ne devront «jamais être présentés ou confondus avec des aliments authentiques» et donc appelés «viande». Aucune demande de mise sur le marché de viande in vitro n’a pour le moment été déposée dans l’UE, a rappelé la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides. La viande in vitro est réglementée par le législation sur les nouveaux aliments imposant une procédure d’évaluation des risques par l’Autorité européenne des aliments (Efsa).
NBT: des eurodéputés divisés à la veille du vote en Comenvi
Les eurodéputés de la commission de l’Environnement du Parlement européen se préparent à un vote crucial le 24 janvier sur la proposition de règlement concernant les nouvelles techniques de sélection génomiques (NBT). La rapporteure sur ce dossier controversé, la Suédoise Jessica Polfjärd (PPE, droite), a négocié des amendements de compromis reprenant les grandes lignes de la proposition initiale de la Commission européenne avec les groupes politiques Renew Europe (centre), ECR (conservateurs) et ID (extrême-droite) qui devraient constituer une majorité. S’estimant exclus des négociations, les autres groupes (Sociaux-démocrates, Verts et gauche radicale) vont présenter ensemble des amendements alternatifs plaidant notamment pour un étiquetage tout au long de la chaîne d’approvisionnement (jusqu’aux consommateurs). Un des seuls points sur lequel l’ensemble des groupes politiques semblent s’accorder : interdire la brevetabilité des plantes issues de NBT. Un sujet, au contraire, très débattu entre les États membres. A l’issue de cet examen en commission parlementaire, le vote en plénière devrait se tenir dès le 6 février. Mais cela ne devrait pas suffire à faire aboutir le dossier d’ici aux élections européennes compte des débats qui semblent bloqués entre les États membres.
Libre-échange: Bruxelles devrait publier son étude d’impact sur l’agriculture le 29 janvier
À l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE du 23 janvier, Janusz Wojciechowski a fait part de l’intention de la Commission européenne de publier, le 29 janvier, son étude sur les effets cumulés des accords de libre-échange dans le secteur agroalimentaire. Celle-ci prendra la forme d’une mise à jour de l’analyse publiée en 2016, déjà actualisée en 2021. Attendue depuis plusieurs mois par les professionnels et les États membres, cette publication s’inscrit dans un contexte où les sensibilités agricoles vis-à-vis de la politique commerciale de l’UE resurgissent, entre la hausse significative des importations de certains produits agricoles en provenance d’Ukraine ou la négociation d’accords de libre-échange controversés, comme celui avec le Mercosur.
Relations commerciales: LFI va redéposer une PPL pour un prix plancher aux agriculteurs
La France insoumise a annoncé le 23 janvier qu'elle allait déposer une nouvelle proposition de loi pour instaurer des prix planchers pour les agriculteurs, après l'échec de l'adoption à quelques voix d'un texte similaire à l'Assemblée il y a moins de deux mois. «Nous allons redéposer une proposition de loi sur les prix planchers des agriculteurs, pour des prix qui puissent couvrir a minima leurs coûts de production», a déclaré le 23 janvier à la presse la députée insoumise de Seine-Saint-Denis Aurélie Trouvé. Le 30 novembre, lors de sa «niche parlementaire» au Palais Bourbon, le mouvement de gauche radicale avait proposé au vote un texte porté par son coordinateur Manuel Bompard et visant notamment à encadrer les marges des distributeurs, de l'industrie agroalimentaire, et à instaurer des prix planchers "plus rémunérateurs" pour les agriculteurs. Le texte avait été rejeté par 168 voix contre 162 alors que ses différents articles avaient été approuvés individuellement. «Nous allons proposer une loi ciblée uniquement sur cet article-là, puisqu'il avait été voté à la majorité. Nous la déposons et nous demanderons à ce qu'elle puisse être à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale», a précisé mardi Aurélie Trouvé. LFI demande également un «moratoire sur les accords de libre-échange» qui «font pression sur les prix payés aux producteurs agricoles», a par ailleurs annoncé Aurélie Trouvé.
Négociations commerciales: LCA alerte, à son tour, sur la matière première agricole
Alors que les négociations commerciales annuelles s’achèveront le 31 janvier pour les plus grandes entreprises (elles sont closes depuis le 15 janvier pour les PME et ETI), la Coopération agricole (LCA) dresse un constat «alarmant» des discussions en cours, d’après un communiqué du 23 janvier. Certains distributeurs «renient le principe de non-négociabilité du prix des matières premières agricoles» instauré par la loi Egalim 2, affirme la fédération des coopératives. Les coûts de production agricoles «ne sont pas pris en compte» par ces enseignes, dénonce-t-elle. Par ailleurs, ces distributeurs «refusent de reconnaître la hausse des coûts de production industriels (énergie et salaire)». La Coopération agricole note enfin «l’abandon de l’origine France pour passer à une origine UE dans certains produits sous marque distributeur». Ces derniers jours, plusieurs organisations avaient déjà alerté sur des pressions portant sur les prix des matières premières agricoles, à l’image de la Fnil (laiteries privées) ou encore de la FNSEA. De son côté, dans un contexte de mobilisations des agriculteurs, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a promis le 20 janvier que l'État «multipliera dès la semaine prochaine les contrôles» liés aux négociations commerciales.
Lait: Lactalis et l’Unell entrent en médiation, une réunion en fin de semaine
En désaccord sur le prix du lait, Lactalis et l’association d’organisations de producteurs (AOP) Unell entrent en médiation, informe l’industriel dans un communiqué du 23 janvier. Une première réunion doit se tenir «cette fin de semaine», précise Lactalis à Agra Presse. «En s’accordant sur le principe de la médiation, les deux parties témoignent de leur volonté commune de parvenir à une solution satisfaisante pour trouver un juste équilibre sur le prix du lait», affirme l’industriel dans son communiqué. Lactalis avait annoncé saisir le médiateur des relations commerciales agricoles, le 11 janvier, pour trouver une issue au différend qui l’oppose à la principale AOP lui livrant du lait. La demande de l’industriel avait été refusée par l’Unell qui estime que l’objet de la saisine était trop restreint. L'AOP avait à son tour saisi le médiateur, le 16 janvier, souhaitant travailler sur «la formule de prix» figurant dans le contrat-cadre qui régit les relations entre l’industriel et les producteurs. Une première médiation avait permis d’aboutir sur un accord sur le prix du lait pour les quatre derniers mois de l’année 2023. Mais, depuis, les discussions entre Lactalis et l’Unell sont dans l’impasse et l’industriel a reconduit le prix du lait de décembre au mois de janvier.
Ours: en Ariège, 600 ovins indemnisés en 2023, en baisse sur un an (préfecture)
L’année dernière, en Ariège, 601 ovins ont été reconnus comme prédatés et indemnisés par l’État, a annoncé la préfecture dans un bilan diffusé le 18 janvier. L’Ariège est de loin le premier département français en termes de prédation par l’ours. Dans le détail, 464 ovins ont été prédatés par des ours («responsabilité de l’ours non écartée»), 7 par des loups, et 130 entrent dans la catégorie «cause de mortalité indéterminée (ours possible)». Dans ce dernier cas, ils sont tout de même indemnisés, «au bénéfice du doute», précise la préfecture. Selon les pouvoirs publics, la prédation par l’ours «se concentre dans le sud-ouest du département, principalement dans le Couserans». En tout, 460 dossiers de demande d’indemnisation avaient été déposés (pour 655 ovins), et 404 d’entre eux ont été acceptés. En 2022, quelque 800 ovins avaient été indemnisés. Le nombre de bêtes indemnisés est en recul depuis 2019 (presque 1200 ovins). «Depuis 2019, les éleveurs doivent déposer leur demande dans les 72 heures après une attaque, ce qui a eu pour effet de diminuer mécaniquement les déclarations», estime Franck Watts, référent ours de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA). Selon lui, «892 brebis ont été prédatées» entre janvier et octobre 2023. Des chiffres régulièrement contestés par les ONG de protection de la nature.
Bovins viande : des revenus 2023 en berne en raison de la baisse de l’aide couplée (FNB)
«La baisse des aides de la Pac est responsable de la quasi-intégralité du recul du revenu des éleveurs allaitants en 2023», a affirmé Patrick Bénézit, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), en conférence de presse le 23 janvier, quelques semaines avant son congrès les 7 et 8 février à Vichy. Selon lui, les premières estimations de l’Idele et du Rica pour 2023 font apparaître un revenu moyen des éleveurs allaitants «tout juste au Smic, à 16 000 € par an». «On nous annonçe des projections à 104 € par UGB pour l’aide couplée bovine», indique M. Bénézit. Or, «pour le moment, les éleveurs ont reçu un acompte correspondant à 70% de 98 €». Et l’éleveur du Cantal d’ajouter: «Nous n’avons encore ni le solde ni même le montant. C’est le flou le plus total.» Due à un rééquilibrage en faveur des protéines végétales, cette baisse de l’aide couplée «augmente le coût de production de 15 à 20 ct €/kg», complète le secrétaire général Cédric Mandin, selon qui «il faudra aller chercher de la valeur supplémentaire». Les prix à la production sont restés élevés en 2023, avec une légère baisse en octobre. Le niveau des charges, lui, n’a pas diminué. Résultat: «Il manque entre 50 ct€ et 1 €/kg pour atteindre le coût de production» (indicateur interprofessionnel calculé par l’Idele), déplore M. Bénézit.
Fruits : le groupe de confitures Lucien Georgelin peut poursuivre son activité
Après un premier sursis en novembre 2023, le tribunal de commerce d'Agen a autorisé le 23 janvier la poursuite d'activité des deux sociétés du groupe Lucien Georgelin (SARL Lucien Georgelin confitures et SAS Lucien Georgelin Céréales), placées en redressement judiciaire début juillet, rapporte l’AFP. «On va vers l'homologation, de manière concertée, des plans de redressement des deux sociétés. On verra par la suite les délais de convocation des créanciers, une mécanique un peu plus compliquée... C'est positif, on est sorti de l'ornière», a indiqué l'avocat du groupe, Me Christophe Dejean, après l'audience. Selon lui, la dette sera ramenée à 40 M€ (elle était estimée à 57 M€), dont 37 M€ de créances dues à différentes banques. Deuxième confiturier français derrière Andros, Lucien Georgelin avait été placé en redressement judiciaire le 6 juillet, à la demande de son fondateur. Un enchaînement d’événements l’avait mené à prendre cette décision: crise sanitaire, hausses des prix de matières premières, investissement dans l’outil de travail, élargissement de l’offre, participation à la structuration de nouvelle filières de production (tomate de Marmande). Le tribunal de commerce d’Agen a fixé un nouveau rendez-vous au confiturier le 19 mars.
Fruit et légumes: 50% des premiers 100 M€ du plan de souveraineté engagés (interprofession)
À l’occasion des vœux à la presse le 23 janvier, Laurent Grandin, président d’Interfel (interprofession des fruits et légumes frais), a indiqué que près de la moitié des 100 M€ attribués aux cinq guichets ouverts en décembre dans le cadre du Plan de souveraineté fruits et légumes étaient engagés à la fin de l’année. Ces guichets concernaient les serres (30 M€), les vergers (30 M€), les «filières de fruits et légumes» (20 M€), l’irrigation (10 M€) et l’outre-mer (10 M€), sur des fonds issus du Plan France 2030. M. Grandin a plaidé pour la suite – avec l’assentiment de la Rue de Varenne, selon lui – pour que les prochains guichets ne soient pas forcément axés sur l’innovation: «Certaines thématiques comme la décarbonation des serres et les filets insectproof, font déjà l’objet de développements et nécessitent d’être soutenus ». Laurent Grandin – qui quittera la présidence de l’interprofession à l’automne prochain, après deux mandats – a souligné que le Plan de souveraineté fruits et légumes était celui «de la dernière chance». «Il doit pouvoir répondre à une situation connue depuis longtemps et constituer un relai pour les prochaines générations de producteurs. Sinon, dans une décennie, nous risquons de connaitre un effondrement de la production nationale», a-t-il indiqué, espérant qu’aucune «suradministration» n’entrave le déploiement du plan de souveraineté.
Pesticides/maraîchage: vendre en direct fait baisser fortement l’IFT (étude)
D’après un article scientifique à paraître en février dans le journal Ecological Economics, les maraîchers français qui écoulent une partie de leur production en direct, en plus de vendre en circuit long, réduisent de 72% leur utilisation de pesticides de synthèse. Cette baisse d’utilisation des phytos passe à 49% chez les maraîchers qui font de la vente directe et écoulent une partie de leur production en circuits courts, c’est-à-dire via un seul intermédiaire. En revanche, les chercheurs de l’Inrae et du Cirad n’ont pas observé de baisse significative de l’utilisation de pesticides chez les producteurs commercialisant en circuits courts et longs, autrement dit chez ceux qui ne font pas du tout de vente directe. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs se sont appuyés sur le recensement agricole de 2020, ainsi que sur l'enquête nationale sur les pratiques phytosanitaires des maraîchers menée en 2018. Ils ont aussi utilisé un «modèle économétrique» (modèle d’effet de traitement endogène multinomial) qui permet de contrôler les effets de biais, comme l’effet du bio sur l'indicateur de la fréquence de traitement (IFT), a indiqué l’un des auteurs Pierre Chiaverina à Agra Presse.
Vin : dans le Gard, les caves coops réclament des aides à l’arrachage
Le Comité territorial gardois des vignerons coopérateurs d’Occitanie a réclamé le 10 janvier des aides à l’arrachage de vignes. «Il doit être mis en place dans les plus brefs délais une mesure d’arrachage définitif à caractère social», d’après un communiqué du 23 janvier, co-signé par la FDSEA, les Jeunes agriculteurs du Gard, la fédération gardoise des vins IGP, le syndicat des vignerons des côtes-du-rhône. L’objectif est à la fois de permettre «une sortie digne à nos ainés» et, concernant les plus jeunes, «recalibrer leur exploitation afin de repartir sur des bases saines de gestion et leur éviter la faillite». La fédération des caves coops du Gard plaide en faveur d’une aide à l’arrachage d’au minimum 6 500 €/ha, soit un montant proche des 6 000 €/ha accordés par l’Etat et le CIVB (interprofession) dans le vignoble bordelais. En parallèle, des mesures conjoncturelles sont réclamées «pour éviter l’effondrement des marchés». Il s’agit d’une part de soutenir les trésoreries. «Près de la moitié des caves coopératives jugent qu’elles seront en grande difficulté sous 2 à 3 mois pour financer la récolte à leurs adhérents», selon le communiqué. D’autre part, la fédération appelle à trouver «une solution rapide pour enlever du marché les volumes des récoltes 2023 et 2024 qui pâtissent de la situation de crise actuelle».
Bioéthanol: avec une croissance de 5% en 2023, la filière trouve son rythme de croisière
Après une année 2022 qui s’était conclue par une augmentation de 83% de la consommation de superéthanol E85, le carburant a adopté un rythme de croisière avec une croissance de 5% en 2023, a annoncé la Collective du bioéthanol le 23 janvier, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle. Alors qu’il était marginal il y a une dizaine d’années, le superéthanol E85 occupe désormais 6,5% du marché des essences consommées en France, soit 895 millions de litres écoulés en 2023. Afin de tester trois types de superéthanol E85 100% renouvelable, le groupement de producteurs a par ailleurs sollicité l’IFPEN, un institut de recherche dans les domaines de l’énergie, du transport et de l'environnement. «Les résultats montrent que les émissions d’un véhicule alimenté par ces trois types de superéthanol E85 100% renouvelable sont nettement inférieures aux limites fixées par la norme Euro 6», se réjouit la Collective. Malgré ces résultats, cette dernière a appelé à plus de visibilité «à moyen et à long terme» en matière de débouchés, notamment «concernant l’avenir d’un certain nombre de molécules indispensables à la production des cultures» utilisées pour fabriquer du bioéthanol.
Bio: Henri Godron élu nouveau président de Biocoop
Henri Godron a été nommé président du conseil d’administration de Biocoop le 22 janvier, selon un communiqué. Ce diplômé en management et économie de gestion est sociétaire de trois magasins Biocoop situés en Normandie. Il est par ailleurs président du Synadis bio, le syndicat des magasins spécialisés bio, depuis octobre 2020. M. Godron prend la suite de Tanguy Le Gall, élu à ce poste en septembre à la suite de la démission de Pierrick De Ronne.