Céréales: 500 M€ de surcoût liés aux restrictions de transport pendant les JO (interprofession)
Confirmant une information parue dans le journal L'Opinion le 29 novembre, l'interprofession céréalière estime que les restrictions de transport fluvial sur la Seine prévues avant et pendant les Jeux olympiques (26 juillet-11 août) occasionneront, en l'état, un surcoût de 500 millions d'euros (M€) à la filière. Les autorités prévoiraient pour l'instant une semaine de fermeture complète avant la cérémonie d'ouverture, puis un trafic restreint (fermeture de 2h du matin à 11h) durant la durée des épreuves, et «quelques jours» de fermeture pour la tenue de certaines épreuves sur la Seine (p.ex. natation en eau libre), rapporte Jean-François Lépy, référent logistique au bureau d'Intercéréales. Pour la filière, qui expédie 600 000 tonnes de marchandise par la Seine sur cette période, le surcoût serait, en l'état, de 500 M€, lié aux à des surcoûts logistique (bascule vers du transport routier plus onéreux), retards d'exportation (frais d'attente pour les vraquiers en port de Rouen), usines mal approvisionnées en aval de Paris, frais de stockage. La filière demande d'abord de la visibilité, avec des règles connues le plus tôt possible et un interlocuteur permanent durant les épreuves. Elle propose aussi des assouplissements: de plus larges créneaux d'ouvertures pendant les épreuves, des périodes de passage durant la semaine précédant les jeux, la possibilité de stationner des péniches gare d'Austerlitz, etc.
Bio: le ministère de l’Agriculture annonce 34 M€ d’aides supplémentaires
Le ministère de l’Agriculture va abonder de 34 millions d’euros (M€) l’enveloppe de 60M€ d’aides d’urgence annoncée le 17 mai, indique la Rue de Varenne dans un communiqué le 30 novembre. L’enveloppe totale «s’élève finalement à 94 millions d’euros», en complément de la toute première enveloppe de 10M€ annoncée par Elisabeth Borne à la dernière édition du Salon de l’agriculture. Cette hausse vise à couvrir «la totalité des demandes d’aides éligibles» déposées par les agriculteurs entre le 16 août et le 29 septembre. Si le ministère attend le feu vert de la Commission européenne pour valider l'augmentation budgétaire, il s’engage néanmoins à verser un acompte «représentant 76% du montant de l’aide» aux exploitants «dès le début du mois de décembre». Par cette décision, la Rue de Varenne veut témoigner son «engagement continu» à l’agriculture bio, souligne le communiqué. Le 21 septembre au salon Tech&Bio, le ministre Marc Fesneau avait annoncé une enveloppe annuelle de 5M€ pendant trois ans (2024-2026) «pour renforcer la communication pour l’agriculture biologique», et 5M€ supplémentaires pour le fonds avenir bio en 2024.
Crise viticole: Fesneau «favorable» à d’autres aides de trésorerie et à l’arrachage
Lors d’une réunion avec les organisations viticoles le 29 novembre en soirée, Marc Fesneau s’est dit «favorable» à une rallonge concernant le fonds d’urgence de 20 M€, à une «année blanche» bancaire, ainsi qu’à de l’arrachage temporaire, a-t-on appris de source syndicale. «Le ministre a dit sa volonté d’obtenir, dès 2024 auprès de Bruxelles, un arrachage temporaire suivi d’une restructuration différée du vignoble», indique Jérôme Despey (FNSEA), parlant d’une mesure pour « s’adapter au marché ». Afin de répondre aux « demandes d'aides conjoncturelles, d'urgence, en termes de trésorerie », Marc Fesneau a confirmé, le 30 novembre dans une interview à la radio France Bleu Hérault, le fonds de 20 M€ déjà prévu dans le budget 2024. « Il faudra sans doute l'étoffer », a indiqué le ministre, avant une visite dans la journée au salon Sitevi à Montpellier. « On alignera les choses en fonction des besoins », a aussi précisé M. Fesneau en évoquant jusqu'à 60 M€. Ce fonds pourra contenir la mesure d'« année blanche » demandée par la profession, à savoir la transformation des annuités d'emprunts bancaires de l'année 2024 en des prêts de six à huit ans avec la prise en charge des intérêts par l'Etat, a ajouté le ministre.
Agrivoltaïsme: vers un taux de couverture autorisé fixé à 25 % (presse)
Dans un article paru le 29 novembre, le quotidien Contexte a publié un projet de décret sur l’agrivoltaïsme prévoyant un taux de couverture des sols de 25% maximum. Un seuil qui permet «enfin» de maintenir une activité agricole, ont réagi les Jeunes agriculteurs dans un communiqué le 30 novembre. Fin octobre, les JA s’inquiétaient que le décret ne porte ce taux à 40%. Ce n’est «pas acceptable dans un contexte où la reconquête de notre souveraineté alimentaire est la priorité», estiment-ils. Aussi, ils resteront vigilants «concernant les dérogations autorisées (…) pour porter ce taux de couverture ajusté à 45% selon le mode de culture, voire selon la région d’implantation». De son côté, Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, se dit «favorable» à un taux de couverture porté à 40% dans certains cas, et ce pour éviter de passer à côté de «projets intéressants». À ses yeux, le «vrai gardien» est le seuil de pertes de rendement, fixé entre 10 et 15%. Il prévient par ailleurs que les chambres d’agriculture seront vigilantes sur le fait que des sanctions claires soient établies – et appliquées le cas échéant – pour se prémunir contre des projets «alibi». Une prise de parole intervenue à la suite de l’adoption par les chambres d’agriculture, plus tôt dans la journée, de leur stratégie de développement de l’agrivoltaïsme dans les territoires, en présence d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.
«Bassines»: des objectifs chiffrés pour certains préfets, avec primes à la clef (presse)
Alors que LFI a défendu un moratoire sur les projets de réserves d’eau à usage agricole le 30 novembre à l’Assemblée nationale, le média Politico a mis la main sur des documents prouvant que des préfets se sont vu assigner des objectifs chiffrés de construction de «bassines» en 2021. La mesure de cette performance conditionnant «la part variable du complément indemnitaire annuel des préfets, qui peut monter jusqu’à 3000 euros», note le média politique. C’est notamment le cas dans les Deux-Sèvres. Signée par le Premier ministre de l’époque Jean Castex en août 2021, la feuille de route du département, obtenue par Politico, précise que «le nombre de constructions [de réserves] lancées» figurera parmi les indicateurs de performance annuelle du préfet Emmanuel Aubry – et de ses successeurs. Dans l’Isère, la feuille de route indique également que le «nombre de retenues autorisées et créées» figure parmi les indicateurs permettant de mesurer la réussite du préfet. Pour Delphine Batho, députée (Génération écologie) des Deux-Sèvres, la feuille de route de son département est la «preuve matérielle du passage en force du gouvernement». Interrogée, une porte-parole de Matignon assure que «le choix d’identifier la création de réserves ne signifie pas qu’il y a passage en force. Cela veut simplement dire qu’il y aura un échange et une évaluation sur ces dossiers.»
Projets alimentaires territoriaux: lancement d’un appel à projets pour l’édition 2023-2024
Le ministère de l’Agriculture annonce, dans un communiqué du 30 novembre, le lancement de l’appel à projets visant à soutenir des initiatives liées à l’alimentation durable pour la période 2023-2024. Le communiqué précise que «le dispositif soutiendra des projets s’inscrivant dans les orientations de la future Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc)», en cours de finalisation. L'appel à projets comprend deux volets: le premier cible les projets alimentaires territoriaux (PAT) et le second est dédié aux «projets nationaux ou interrégionaux visant à déployer des actions couvrant les différentes dimensions de l’alimentation et de la nutrition saines et durables». Les financements pour les PAT seront fléchés vers les territoires qui en sont «dépourvus» et vers les propositions «présentant une approche globale des enjeux liés à l’alimentation». L’appel à projet est doté d'une enveloppe de 2,84 milliards d’euros (Md€). Elle est financée par le ministère de l’Agriculture (1,3 million d’euros (M€)), l’Ademe (1 M€), le ministère des Solidarités (200 000 €) et le ministère de la Santé (340 000 €). Le ministère précise qu’une enveloppe supplémentaire sera allouée aux PAT au début de l’année 2024 dans le cadre de la Planification écologique.
Travail saisonnier: compromis des députés sur la régularisation de certains sans-papiers
La commission des Lois de l'Assemblée nationale a approuvé le 30 novembre une version remaniée de l'article du projet de loi Immigration, actuellement en lecture, sur la régularisation des sans-papiers dans les métiers en tension, rapporte l’AFP. Cette disposition peut concerner les exploitants agricoles. La nouvelle mouture est un compromis entre le texte initial et celui corrigé par le Sénat, qui avait renforcé le dispositif: titre de séjour accordé par les préfets à titre exceptionnel, procédure strictement encadrée et durée minimale de travail de 12 mois. La nouvelle version, défendue par le rapporteur général du texte Florent Boudié (Renaissance), ne prévoit ni procédure «discrétionnaire» ni droit automatique à la régularisation. Elle ramène à huit mois la durée minimale de travail, supprime l'intervention de l'employeur et instaure la possibilité pour le préfet de s'opposer à la délivrance du titre de séjour en cas de menace à l'ordre public (non-respect des valeurs de la République, polygamie). Le rapporteur général a insisté sur la nécessité de restaurer «l'autonomie de la demande de régularisation par rapport à l'employeur». Soutenant cette réécriture, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est dit ouvert à l'instauration d'un quota de travailleurs pouvant être régularisés par an. Les députés LR ont voté contre la disposition.
Porc: légère remontée du cours au marché de Plérin, après quatre mois de baisse
Alors qu’elle était en chute depuis le 27 juillet, la cotation du Marché du porc breton (MPB) a connu une légère hausse de 0,2 ct€/kg (à 1,765 €/kg) lors de la séance du 30 novembre. «Bien que minime, [cette progression] traduit les besoins croissants en porcs des abattoirs dont l’activité est dynamisée par les ventes de produits des fêtes de fin d’année et la proximité du début de mois», notent les analystes du MPB. Toutefois, ces derniers ne voient pas de signe d’un rebond durable du cours français de référence. Dans la zone Uniporc Ouest, «les poids sont stables et témoignent d’un équilibre offre/demande», relèvent-ils. Et «ailleurs en Europe, les cours sont globalement stables ou proche de la stabilité», une tendance qui «devrait se poursuivre globalement jusqu’aux dernières semaines de l’année». Comme l’explique le MPB, «partout, les entreprises [de transformation] tournent à plein régime dans la limite des offres et du personnel disponibles». Après avoir tutoyé le niveau record des 2,4 €/kg au printemps et à l’été, le cours au marché de Plérin avait dévissé à partir de la fin juillet, en raison d’une demande morose, avant de se stabiliser début novembre.
Foncier: Elan, le fonds de portage des Safer en attente du soutien de l’État
Lancé par la FNSafer au dernier Salon de l’agriculture, le fonds de portage du foncier Elan n’est toujours pas mis en œuvre, s’est inquiétée le 30 novembre la fédération, en attente du soutien politique de l’État. «Voilà des mois que le fonds de portage Elan est prêt», a souligné en congrès le président Emmanuel Hyest, indiquant avoir «besoin d’un engagement rapide de l’État» pour démarrer ce fonds en faveur de l’installation. «Les jeunes sont dans l’attente, ils ont besoin de cet outil. Chaque jour, nous prenons du retard et l’installation recule au profit de la concentration.» Le 3 mars, la FNSafer avait cité comme partenaires le Crédit agricole, le Crédit mutuel et les Safer, auxquels s’ajoute la Caisse des dépôts, qui, elle, a besoin de cet «engagement» de l’État. Elan est taillé sur la base d’une «première tranche» de 40 à 60 M€, puis doit faire appel à l’épargne privée. D’autres sources de financement peuvent venir le muscler. Notamment les 400 M€ du fonds «Entrepreneurs du vivant», qu’Emmanuel Macon avait annoncé le 9 septembre 2022 à Terres de Jim. Une somme mise en doute par la commission des Affaires économiques du Sénat dans son rapport du 23 novembre sur le budget 2024.
Inflation alimentaire: la proposition de loi LFI rejetée sur le fil à l’Assemblée
La proposition de loi (PPL) du groupe La France insoumise-Nupes visant notamment à encadrer les marges dans l’agroalimentaire et à instaurer des prix planchers sur les produits agricoles a été rejetée en séance publique par l’Assemblée nationale, le 30 novembre. Le scrutin s’est joué à quelques voix: 162 pour et 168 contre, sur 330 votants. La PPL proposée par LFI a obtenu le soutien des députés de gauche et du Rassemblement national (RN) présents, mais la majorité présidentielle et les Républicains ont fait bloc. Plus tôt dans la journée, le concours du RN avait permis aux Insoumis d’obtenir une majorité pour rétablir l’instauration de prix planchers sur les produits agricoles et l’encadrement des marges (qui avaient été supprimés en Coméco), deux mesures finalement rejetées en séance publique. «Quand l’Assemblée nationale peut enfin voter en faveur des Françaises et des Français, vous passez des coups de téléphone, vous multipliez les manœuvres dilatoires comme vous l’avez fait aujourd’hui pour revenir sur ces avancées historiques», a déclaré le rapporteur du texte Manuel Bompard à l’adresse des députés de la majorité.
Stockage de l'eau: l'Assemblée rejette le moratoire LFI sur les «méga-bassines»
Réunie en séance publique le 30 novembre, l'Assemblée nationale a largement rejeté la proposition de loi LFI de «moratoire» contre les «méga-bassines». Ce texte visait à instaurer «un moratoire suspendant la délivrance des autorisations pour la construction de méga-bassines». Le type d’installation ciblé n’est pas clairement désigné dans l’article, mais l’exposé des motifs fait notamment référence au projet de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres. La définition des infrastructures visées devait être clarifiée «dans le cadre d’un décret ou des débats parlementaires», avait précisé l’entourage de la députée du Val-de-Marne Clémence Guetté, qui porte le texte. La gauche l'a soutenue, mais les autres groupes ont reproché aux Insoumis d'utiliser le terme «anxiogène» de «méga-bassines», un «slogan». C'est un «champ lexical polémique en dehors de celui de la science, en dehors de celui du droit», a épinglé le ministre des Relations avec le Parlement Franck Riester. «Les retenues de substitution ne sont pas un outil intrinsèquement bon ou mauvais». «Pas adaptées à tous les territoires», elles peuvent être «pertinentes» dans certaines régions «dans des conditions encadrées», a-t-il estimé.
Miel: la Conf’ et l’Unaf se mobilisent à Paris pour demander des aides d’urgence
Une petite centaine d’apiculteurs se sont mobilisés Place de la République à Paris, le 30 novembre, pour alerter sur leurs difficultés à vendre leur miel, a constaté l’AFP. L’évènement était organisé par la Confédération paysanne, l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) et le syndicat national d’apiculture (SNA). «Les négociants n'achètent même plus la production française qui reste bloquée [dans] les fermes, les entrepôts des négociants étant saturés de miel d'import à bas prix», certains à «moins de 2 €/kg», déplore la Conf’ dans un communiqué envoyé à l’issue de la mobilisation. Le syndicat minoritaire indique avoir été reçu par le cabinet du ministre de l’Agriculture, et obtenu «un calendrier de travail» pour «objectiver les raisons de la crise» et «identifier les leviers de régulation du marché et de sa transparence». Il espère obtenir «des mesures d’aides directes forfaitaires à la trésorerie» et demande la mise en place «de prix minimum d’entrée» pour «empêcher la concurrence déloyale». Mi-novembre, l’Unaf avait alerté sur les ventes de miel en vrac «catastrophiques» et demandé des aides d’urgence.
Miel: une production 2023 en hausse de 10% selon les Ada, Interapi et l’Itsap
La production de miel s’élèverait à 33 900 t en 2023, selon une enquête réalisée par Ada France (réseau associatif), InterApi (interprofession) et I’Itsap (institut technique) diffusée le 30 novembre. Soit une hausse de plus de 10% par rapport aux 30 600 t de 2022. La part de miel en production biologique atteint 29%, en légère hausse par rapport à l'an dernier (28%). Le début de saison a été «mitigé voire retardé» dans la majeure partie de la France. Dans la moitié nord du pays, les conditions météo défavorables ont favorisé un essaimage «important», avec «en moyenne 30% en Pays de la Loire, Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France». Sur l’arc méditerranéen, la saison a démarré difficilement à cause de la sécheresse. Vu les retards observés dans les élevages, certains apiculteurs ont dû nourrir leurs insectes, «voire, en Paca, transhumer hors [de la] région pour chercher des miellées et pallier ce printemps sec». Concernant la production moyenne par ruche, toutes miellées confondues, le rendement le plus élevé est observé en Hauts-de-France (58 kg) suivi du Centre Val-de-Loire (50,3 kg) puis de la région Grand Est (40,4 kg). Pour rappel, le 17 octobre, l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) avait annoncé une «bonne» récolte estimée à 20 000 t.
Normes/fiscalité: avant de rencontrer Borne, la FNSEA pousse l’exécutif à «passer à l’action»
Après une semaine de mobilisation nationale pour réclamer une «respiration normative», la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont rencontré Marc Fesneau le 30 novembre, sans obtenir d’avancée. Les syndicats majoritaires ont rendez-vous avec la Première ministre mardi 5 décembre, ont-ils indiqué à la presse, quelques jours après une réunion prévue entre Élisabeth Borne et le ministre de l’Agriculture le 1er décembre. Hausses des taxes sur l’eau et sur les phytos (RPD), non reconduction de la dérogation à l’obligation de jachère, retard pris sur le projet de loi d’orientation agricole (PLOA)… «Tous les sujets sont connus, le ministre est au courant. Maintenant, il faut passer à l’action», exhorte Arnaud Rousseau, qui mène là sa première bataille syndicale comme président de la FNSEA. «Le Salon de l’agriculture est dans trois mois, on ne peut pas imaginer qu’il puisse se passer dans la sérénité s’il n’y a pas d’annonces très concrètes», a-t-il menacé. «Nous avons pris nos responsabilités », estime M. Rousseau, soulignant que les actions syndicales, organisées dans «100% des départements», se sont déroulées «dans le respect des biens».
Prairies: le dispositif de gestion des risques reste «opaque», selon la FNSEA
«Les questions liées au fonctionnement du dispositif prairies dans le nouveau dispositif de gestion des risques climatiques demeurent sans réponse alors que la campagne est désormais terminée depuis un mois», s’inquiètent la FNSEA et ses associations spécialisées de ruminants* dans un communiqué le 30 novembre. «Alors que le fonctionnement via l’indice de production des prairies doit permettre, sur le papier, une gestion rapide et efficace des dossiers, avec une vision précise des pertes de chaque éleveur, force est de constater que plus d’un mois après la fin de la campagne, les éleveurs ne sont toujours pas informés des résultats de l’indice, ni de façon collective, ni de façon individuelle!», souligne le syndicat majoritaire. Il regrette que les modalités de fonctionnement concernant la solidarité nationale ne fassent encore l’objet d’aucun élément de mise en œuvre pratique. La FNSEA demande au gouvernement d’agir rapidement: publication des résultats de l’indice de pousse des prairies (à l’échelle nationale, départementale et individuelle), «amélioration de l’indice pour la détection de la pousse (ou non) de l’herbe», «diffusion des modalités de saisine des préfets que les éleveurs non assurés devront suivre», clarification du dispositif de recours. Sur ces deux derniers points, pour mémoire, un décret est paru le 21 novembre relatif à la gestion de l'indemnisation fondée sur la solidarité nationale.
*FNB, Fnec, FNO, FNPL
Bien-être animal: un industriel rompt avec un éleveur laitier mis en cause par L214
La société Goûters magiques (groupe Norac), qui produit notamment les crêpes fourrées Whaou, a annoncé le 30 novembre rompre «immédiatement» ses approvisionnements auprès d'un éleveur laitier breton accusé de maltraitance par l'association de défense des animaux L214. Le directeur général de Goûters magiques Jean-Luc Dénécé a affirmé à l’AFP que sa société «ne cautionnait pas de tels actes» et assuré avoir été victime de «tromperie» et de «dissimulation». L214 a diffusé le même jour les images d'un élevage situé à Plouzévédé (Finistère) montrant «des animaux enfermés dans des bâtiments détériorés, sans accès à l'extérieur, pataugeant dans leurs excréments». «Certaines vaches sont blessées ou malades, et laissées sans soins», détaille l'association, qui annonce porter plainte et demande «une fermeture définitive de l'élevage». Selon Goûters magiques, l'éleveur lui aurait dissimulé l’existence du site sur lequel auraient été tournées les vidéos. En mai 2022, l'élevage avait fait l'objet d'un arrêté préfectoral de mise en demeure, à la suite d'une inspection qui avait relevé des vaches en surnombre ou des effluents non collectés s'écoulant dans l'environnement. Contactés par l’AFP, la préfecture du Finistère et l'exploitant agricole n'ont pas donné suite.
Climat: la Cop28 concrétise la création du fonds dommages pour les pays vulnérables
La Cop28 sur le climat s’est ouverte le 30 novembre à Dubaï, avec la concrétisation du fonds de compensation des pertes et dommages climatiques dans les pays vulnérables, rapporte l’AFP. Cette décision historique a été saluée par une ovation debout des délégués de près de 200 pays participants à l’événement. La création de ce fonds avait été approuvée sur le principe à la Cop27 à Charm El-Sheikh, en Égypte, l’an dernier, mais ses contours n’avaient pas encore été définis. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a salué l’adoption de la mise en œuvre du fonds, estimant que c’est «un outil essentiel pour la justice climatique», selon son porte-parole. Il a encouragé les dirigeants à faire «des contributions généreuses» pour que le fonds et la Cop28 «commencent sur des bases solides». L’Union européenne a annoncé contribuer à hauteur de 225 millions d’euros (M€) – dont 100 millions de dollars (M$) pour la seule Allemagne –, les Émirats ont promis 100 M$, le Japon 10 M$, les États-Unis 17,5 M$, le Royaume-Uni environ 50 M$. Les pays du Nord espèrent convaincre les pays riches émergents de contribuer, tels la Chine et l’Arabie Saoudite, alors que les pertes essuyées par le Sud se chiffrent en centaines de milliards de dollars.
Cogeca: le suédois Lennart Nilsson nouveau président
Les membres des coopératives agricoles de l’UE (Cogeca) ont élu à leur tête le suédois Lennart Nilsson (LRF), à l’occasion de leur réunion du 30 novembre. Il remplacera, à compter de janvier 2024 et jusqu'en 2026, l’espagnol Ramon Armengol, en poste depuis quatre ans. Il sera accompagné de six vice-présidents (dont trois qui ont été reconduits): la polonaise Agnieszka Maliszewska, l’italien Leonardo Pofferi, le roumain Florentin Bercu, le français Mickael Marcerou, le danois Christian Høegh-Andersenand et le portugais Idalino Leão.
Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 4 décembre 2023
Vendredi 1er décembre
Suite de la Cop28, aux Émirats arabes unis, jusqu'au 12 décembre
Assises de l'agrivoltaïsme (FFPA), à Tours
Lundi 4 décembre
Les députés examinent la proposition de loi Voisinage (nuisances)
Conférence de presse du Fonds avenir bio
Mardi 5 décembre
Congrès de la Coordination rurale, à Nancy
Visioconférence de l'OFB (biodiversité) sur les captages d'eau
Rassemblement de soutien à la famille d'un salarié de Cuma (pesticides/maladies professionnelles), à Rennes
Mercredi 6 décembre
Présentation de la proposition de la Commission européenne sur le transport animal
Conférence de la Commission européenne sur les perspectives agricoles de l'UE
Les députés de la Coméco auditionnent Marc Fesneau
Communication du groupe de suivi parlementaire de la LOA, à l'Assemblée
Journée blé dur d'Arvalis, à Orléans
Conférence de presse du salon Millésime bio (vin bio)
Assemblée générale d'Advitam (groupe coopératif) près d'Arras
Assises de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), mercredi et jeudi, à Alençon
Jeudi 7 décembre
Évènement autour des 15 ans du fonds Avenir bio
Assemblée générale de la CGB (betteraviers, FNSEA), à Reims
Assemblée générale d'Axéréal (groupe coopératif), à Orléans
Conférence de presse annuelle de Terres du sud (groupe coopératif), à Agen
Conférence de presse annuelle d'Océalia (groupe coopératif), à Cognac
Conférence de presse annuelle de Vivadour (groupe coopératif), dans le Gers
Conférence de presse annuelle de Maïsadour (groupe coopératif), dans les Landes
Rencontres nationales du programme Interlud (logistique alimentaire)
Conférence de la Fabrique écologique sur les bioénergies
Journée nationale melon organisée par le CTIFL
Journée nationale sur la santé des abeilles organisée par l'Anses
Vendredi 8 décembre
Les sénateurs examinent la mission Agriculture du projet de loi de finances 2024
Visioconférence du Gis Élevage sur l'installation en élevage
Dimanche 10 décembre
Journée thématique Alimentation et eau à la Cop 28