Agrafil du 4 novembre 2025

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UE/Mercosur: le Danemark veut aller vite sur les sauvegardes, des réserves dans l’hémicycle

La présidence danoise du Conseil de l’UE veut avancer au pas de charge sur l’adoption de la proposition législative concernant le renforcement des sauvegardes agricoles de l’accord UE/Mercosur. Elle devrait faire valider le texte sans l'amender dès le 6 novembre, a indiqué le président de la commission du Commerce international du Parlement européen, le socialiste allemand Bernd Lange. Dans l’hémicycle européen, justement, plusieurs parlementaires proches du secteur agricole ont exprimé quelques réserves sur le sujet lors de la réunion de la Cominta du 3 novembre. «Cette clause de sauvegarde est incohérente intellectuellement», a ainsi affirmé le centriste belge Benoît Cassart, appelant, comme d’autres, à la mise en place de clauses miroirs permettant de garantir que les normes de l’UE seront respectées pour accéder à son marché. En parallèle, un groupe de députés issus d’un large spectre politique a obtenu le nombre de signatures nécessaires afin de soumettre une résolution visant à obtenir un avis juridique de la Cour de justice de l’UE sur l'accord commercial UE/Mercosur ce qui pourrait bloquer le processus de ratification. Selon l’eurodéputé centriste irlandais Ciaran Mullooly, lui-même signataire, elle devrait être officiellement déposée le 14 novembre en vue d’un vote en plénière à Strasbourg entre le 24 et le 27 novembre.

Bovins/DNC: mobilisation de citoyens contre l'abattage dans les Pyrénées-Orientales

Une centaine de manifestants ont tenté le 3 novembre de s’opposer à l’abattage, dans les Pyrénées-Orientales, d’environ 80 bovins dans le cadre de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), avant d’être délogés par une cinquantaine de gendarmes, a constaté un photographe de l’AFP. «Nous avons décidé de constituer ce collectif pour apporter un soutien et la voix des citoyens dans cette boucherie, ce carnage qu’est l’extermination des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine», a confié à l’AFP Jean Quilleret, membre du comité Stop au massacre à l’origine de la manifestation. «Je ne pouvais pas laisser faire un blocage parce que cela aurait eu pour conséquence de laisser se propager la maladie», a indiqué à l’AFP le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, qui a assuré ne pas avoir procédé «de gaieté de coeur» à ce «nécessaire» chantier d’abattage. Les protestataires avaient tenté de bloquer un premier abattage tôt lundi matin dans la commune voisine de Fontpédrouse, mais, trop peu nombreux, n’avaient pu empêcher l’arrivée des services vétérinaires, selon un photographe de l’AFP.

Lait : pour enrayer la décapitalisation, le CGAAER souligne l'importance de la Pac

Dans un rapport publié le 3 novembre sur la baisse continue du cheptel laitier et ses conséquences, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) souligne, pour l'enrayer « la nécessité de maintenir un bon niveau d’aides dans la future programmation de la politique agricole commune. » Autres préconisations : recourir davantage au salariat pour soutenir les éleveurs, former les salariés, renforcer l’accompagnement financier des laiteries et « mieux valoriser auprès du public le métier de producteur de lait et les atouts de la filière ». Le CGAAER invite les conseils régionaux et les interprofessions à impulser « une réflexion stratégique territoriale des acteurs économiques sur la production de demain. » Il faut aussi analyser les soutiens publics aux projets d’abattoirs sous l’angle de la viabilité des outils sachant que la France est en surcapacité pour ces outils. Selon les auteurs du rapport, la décapitation est liée aux départs massifs d’éleveurs à la retraite et à la faible attractivité du métier à cause d’une rémunération modeste vu le travail demandé et le capital investi.

Lait : face à l'essor de l'import, Sodiaal lance un nouveau logo pour l'origine France

La coopérative Sodiaal a dévoilé le 29 octobre un nouveau logo annonçant « Oui au lait de notre coopérative d’éleveurs », assorti d’une carte de France et d’un drapeau tricolore. « Le logo va être déployé sur l’ensemble des produits de la coopérative fabriqués en France à partir du lait de nos éleveurs et destinés au marché français », explique Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal. Les premiers produits concernés sont la brique de lait Yoplait, déjà en grandes surfaces ; elle sera suivie de l’emmental râpé Entremont et du Grand Lait de Candia. Tous les produits porteront le logo d’ici la fin 2026. Une présentation officielle du logo est prévue à l’occasion du Salon Made In France du 6 au 9 novembre à Paris. La démarche de Sodiaal s’inscrit dans une politique de communication vis-à-vis du grand public visant à sensibiliser les consommateurs aux produits d’origine française et issus du système de production coopératif. En novembre 2024, Sodiaal et Système U avaient lancé la campagne « C'est râpé pour l'emmental français ? » pour alerter publiquement sur une hausse des importations d’emmental d’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas qui représentaient alors environ 25% des produits en grandes surfaces. 

Prairies/qualité de l’eau : le plan Herbe de l’Agence Rhin-Meuse trouve son public

L’Agence de l’eau Rhin-Meuse se réjouit, dans un communiqué le 3 novembre, de l’engouement pour les plans Herbe qu’elle met en place afin de soutenir l’élevage à l’herbe. L’agence de l’eau indique avoir signé «  trois nouveaux projets depuis juillet », ce qui porte à « un total de six plans Herbe déployés sur l’ensemble du bassin Rhin-Meuse », soit « 178 000 ha de prairies concernés ». L’agence salue « un véritable mouvement collectif pour concilier agriculture, eau et territoire » avec « six nouveaux projets [qui] devraient être finalisés d’ici 18 mois ». Avec le plan Herbe, l’agence de l’eau Rhin-Meuse propose « un cadre partenarial et stratégique inédit ». Chaque plan est porté « par une ou plusieurs collectivités » et construit avec les acteurs locaux (éleveurs, organisations professionnelles agricoles, coopératives, associations…) pour élaborer une « feuille de route » visant à maintenir les prairies tout en préservant la qualité de l’eau ou en protégeant la biodiversité. « Les aides permettent de préserver et de restaurer des prairies permanentes, de moderniser les outils de production, de développer la formation et de favoriser une gestion plus autonome et résiliente des exploitations », indique l’Agence de l’eau. L’idée est aussi de « structurer et valoriser économiquement les filières locales comme le lait, la viande ou encore la laine ».

Charcuterie: André Bazin (Eureden) et Arcado annoncent un projet commun

Le groupe coopératif Eureden (3,8 Md€ de chiffre d’affaires, 16 000 adhérents, 8000 salariés), a dévoilé, le 23 octobre, un projet de partenariat entre sa filiale franc-comtoise André Bazin (120 M€ de CA, 363 collaborateurs, 500 clients), dédiée à la fabrication de produits de salaisons, de charcuteries et de viandes cuites (21 000 t par an), et Arcado (116 M€ de CA, 350 salariés), fabricant de charcuteries de terroir sous signes de qualité, à destination de la grande distribution. Via ce projet, les deux entités souhaitent poursuivre leur développement sur ce créneau de marché local, de qualité, tant en amont qu’en aval. L’enjeu est aussi de garantir la pérennité de l’entreprise André Bazin, avec maintien des sites de production et de la direction franc-comtoise, tout en équilibrant le portefeuille des clients entre la GMS, la RHD et les clients industriels. Le protocole stipule qu’Arcado prendrait une participation majoritaire d’André Bazin aux côtés d’Eureden. Sous réserve de l’approbation des autorités compétentes, l’accord pourrait être acté début 2026. « Avec ces valeurs communes et ces fortes complémentarités, ce projet solide s’inscrit parfaitement dans la stratégie de la branche viande du groupe Eureden », confirme Dany Rochefort, président d’Eureden. (Anne Gilet)

Porc : le cheptel mondial de truies devrait diminuer en 2026, selon la Rabobank

Le nombre de truies élevées à travers le monde devrait diminuer l’an prochain selon une analyse de la Rabobank publiée le 27 octobre. Les tensions commerciales (entretenues par la Chine), les maladies et la recherche de productivité sont présentés comme les facteurs principaux de cette contraction qui entraînerait la montée de la part de marché du Brésil. « La peste porcine africaine (PPA) continue de poser des défis », est-il noté, en particulier au Vietnam, qui a signalé plus de 970 cas et la perte de plus de 100 000 porcs en 2025. La PPA sévit aussi en Europe, en Roumanie et en Allemagne. La fièvre aphteuse et le syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP) affectent les productions, ce dernier provoquant des pertes notables sur les marchés nord-américains et européens. En Chine, la politique nationale de hausse de la productivité vise à réduire le nombre de truies d’un million, soit environ 2,5 % de sa base actuelle, ce qui entraînera une réduction de 1 % du cheptel mondial, selon les analystes. De son côté le Brésil, cherchant à élargir son accès aux marchés et à diversifier les partenariats commerciaux, augmente sa population porcine.

Agriculture de conservation : le CGAAER recommande un observatoire et un filet de sécurité

Dans un rapport livré en février et publié le 3 novembre, la CGAAER recommande la création d’un observatoire français de l’agriculture de conservation des sols (ACS). L’Acta (instituts techniques), les chambres d’agriculture et l’Inrae seraient sollicités pour « rassembler et développer l'établissement de références, notamment économiques, par type de sol, territoire et orientation de production, et les consolider » dans cet observatoire. Les auteurs indiquent que ce type d’agriculture est encore trop peu appliqué en France, et que « les références manquent tant sur le plan technique qu'économique ». Afin de développer l’ACS, les agriculteurs doivent être mieux accompagnés sur le plan technique et économique, estiment les haut-fonctionnaires. Des efforts doivent aussi être fait du côté de la formation, des techniciens et des agriculteurs: dès l'école sous l'impulsion de la direction de l'enseignement du ministère de l’agriculture (DGER), puis tout au long de la carrière, avec Vivéa (fonds professionnel d’assurance formation). Un «filet de sécurité» est aussi proposé pour couvrir les agriculteurs en cas d’accident de culture lié à la transition vers l'ACS. La CGAAER préconise également la création d’un indicateur synthétique sur la santé des sols, sur la base des travaux de l'Inrae

«Agriculture régénératrice» : Soufflet vise 2 000 agriculteurs dans son programme en 2030

Lors d’une conférence de presse tenue en visio le 3 novembre, Soufflet Agriculture a annoncé espérer intégrer 2 000 agriculteurs dans son programme « Performances » à l’horizon 2030, en France et à l’international. « Performances » promeut les techniques de production d’«agriculture régénératrice». Si le programme en question est officiellement lancé ce jour, le négoce y travaille en réalité depuis plusieurs années. Pour la récolte 2025, 150 agriculteurs français l’ont intégré, représentant 70 000 t de grains. Parmi eux, on compte « 30 % de blé, 30 % d’orge, et les 40 % restants se répartissent entre le maïs, le colza, et le tournesol (…) Des agriculteurs tchèques sont en formation et devraient proposer des volumes pour la récolte 2026 », précise Philippe Vincent, directeur filières de Soufflet Agriculture. Il précise que de nombreux acteurs de l’aval sont demandeurs, s’engageant dans des démarches de réduction de leur empreinte carbone. C’est par exemple le cas de Kronenbourg, qui avait renouvelé son partenariat avec Soufflet en septembre dernier au sujet de l’instauration d’une filière « orge responsable tracée ». Les céréaliers intégrant « Performances » bénéficient d’une prime, dont le montant n’a pas été communiqué. Cependant, elle varie selon l’avancée de l’agriculteur dans l’adoption des techniques de l’agriculture régénératrice. 

Grandes cultures: Arvalis planche sur sa propre intelligence artificielle générative

Si les réflexions autour de l’intelligence artificielle (IA) générative ont débuté dès avril 2024 chez Arvalis, le projet Arval-IA, financé par le réseau des instituts Carnot, a démarré début 2025, pour un an. « L’idée était de créer notre propre outil en interne, explique Emmanuelle Gourdain, cheffe du service Innovations digitales et méthodologie. Notre charte de bonne conduite est basée sur deux principes fondamentaux : la confidentialité et la déontologie. Pour ce faire, seul Copilot est autorisé pour ne pas diffuser nos propres données, parfois confidentielles, à l’extérieur et seules des sources internes alimentent l’outil pour répondre aux requêtes. Pour enrichir le sourcing, nous n’excluons pas d’ouvrir à terme au web. » Les premiers tests ont révélé un niveau de satisfaction « bon mais pas excellent ». Le niveau d’indexation des documents n’est pas assez précis et parfois, certaines données s’avèrent obsolètes, notamment quand il s’agit de spécialités phytosanitaires retirées du marché. Le projet se termine en fin d’année mais déjà, l’équipe réfléchit à comment valoriser tout ce travail et surtout comment l’améliorer. « Plusieurs questions doivent être posées : comment ouvrir l’outil en interne ? Pour qui ? Pour quels usages ? Quels garde-fous développer ? En tant qu’institut de recherche, nous nous devons d’y répondre et de fixer une stratégie à long terme. » (Anne Gilet)

Productivité agricole : la dégradation des terres, « une menace grandissante », selon la FAO

Environ 1,7 milliard de personnes vivent dans des zones où la dégradation des terres causées par les activités humaines entraîne des pertes de productivité, selon un rapport publié par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) le 3 novembre. La FAO définit la dégradation des terres comme la diminution à long terme de leur capacité à fournir des biens et services et y voit une « menace grandissante » pour la productivité agricole et la sécurité alimentaire. Le phénomène n’est pas nouveau. Il est entre autres le fruit de facteurs naturels tels l’érosion des sols ou la salinisation. « Mais les activités humaines, notamment la déforestation, le surpâturages, les pratiques agricoles et d’irrigation non durables, sont de plus en plus responsables de l’accélération de ces processus », souligne la FAO dans son rapport annuel sur la situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture. La dégradation des terres peut affecter à la marge le rendement d’un champ de blé ou conduire à l’abandon complet de terres agricoles. Pour faire ses calculs, la FAO a comparé le niveau actuel de de la perte de couverture arborée, de l’érosion des sols, du carbone présent dans le sol et de la végétation à leur niveau théorique sans activité humaine. 

Vin : les coops alsaciennes Bestheim et de Wolfberger renoncent à fusionner

Les conseils d’administration de Bestheim et de Wolfberger, les deux plus grosses unions de coopératives viticoles d’Alsace, ont annoncé conjointement le 30 octobre mettre un terme au processus de rapprochement engagé depuis janvier 2024. En cause : « Les conditions structurelles et organisationnelles ne permettaient pas, à ce jour, d’envisager une fusion dans des conditions optimales », selon un communiqué. Les deux coopératives ont « des modèles économiques parfaitement complémentaires », affirmait au lancement du projet le président de Wolfberger, Hervé Schwendenmann, soulignant leur souhait de « mener conjointement les investissements importants et indispensables pour se projeter dans un futur toujours plus exigeant à tous les niveaux ». « Actuellement, le marché se reconfigure », considérait le président de Bestheim, Pierre-Olivier Baffrey, pour qui il s’agissait de bâtir conjointement « un projet économique, environnemental et social ambitieux ». Bestheim (12 millions de bouteilles) rassemble 325 vignerons sur plus de 1 400 ha de vignes. Wolfberger totalise 300 vignerons sur 1 250 ha, pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros dans plus de 50 pays.

Fruits et légumes/vignes : aux Pays-Bas, nouvelle détection de thrips en serre horticole

Menace potentielle en fruits et légumes ou vigne, les Pays-Bas ont confirmé une deuxième détection officielle de Scirtothrips dorsalis sur des plantes ornementales destinées à la plantation, indique l’organisme néerlandais de protection des végétaux, dans un communiqué. La première infestation a été détectée  le 14 octobre, dans une serre de la province du Brabant-Septentrional sur dix plantes de Séneçon en arbre (Baccharis genistelloides). « Cette détection a eu lieu lors d'une inspection à l'exportation de plantes liées à un envoi précédemment intercepté dans un autre État membre de l'Union européenne », est-il précisé. Le 17 octobre, ce sont quatorze échantillons de différentes espèces végétales. Toutes les plantes des serres concernées ont été placées sous quarantaine. Originaire d'inde, Scirtothrips dorsalis a été détecté ces dernières années sur le continent américain (Mexique, Brésil, Colombie) ainsi qu’en Espagne (en 2017), Turquie (en 2020 sur myrtillier, en 2021 sur oranger et fraisier), aux Pays-Bas (en 2019 et 2022 sur Podocarpus) et au Danemark (en 2022 sur bégonia). En France, une première détection avait eu lieu le 10 octobre 2023 dans une pépinière vendéenne, selon la Draaf des Pays de la Loire. Il peut affecter de nombreuses cultures spécialisées dont le kiwi, la fraise, la vigne, les agrumes.

Tomate : résidus de pesticides très fréquents dans l’origine Maroc, pointe UFC Que Choisir

En moyenne, plus de la moitié des tomates marocaines analysées présentaient plusieurs résidus de pesticides, selon une récente enquête du magasine UFC-Que Choisir. L'Espagne fait pire : 80 % présentaient plusieurs résidus de pesticides, contre 15 % des françaises « Et si l’on se concentre uniquement sur les molécules aujourd’hui officiellement reconnues comme dangereuses pour la santé par les autorités européennes (cancérigènes, perturbateurs endocriniens…), près de 40 % de celles importées du Maroc », précise l’association de consommateur (6 % les tomates françaises). Cette parution a fait réagir le 27 octobre l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (Apefel) , rapporte l’agence Ecofin. Elle considère l’enquête comme «sans fondement scientifique» et rappelle que le Maroc n’était concerné que pour 49 notifications signalées sur les fruits et légumes importés par l’Union européenne (UE) entre 2020 et 2025 sur un total de 5 502 signalements, soit moins de 1 %. Pour les producteurs et exportateurs marocains, il y aurait là la recherche d’« instrumentaliser la question sanitaire à des fins économiques ».  Les frictions avec les producteurs français de tomate sont en effet nombreuses et régulières qui accusent l’origine chérifienne de concurrence déloyale et de manque de lisibilité quant à l’étiquetage. La France a absorbé 50 % des exportations marocaines de tomates en 2024/2025. 

Laitue : une production attendue en légère hausse, portée par les surfaces (Agreste)

Selon les prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) arrêtées au 1er octobre 2025, la production de laitues atteindrait 427,5 millions de têtes pour la campagne 2025-2026 (mai 2025 à avril 2026), en hausse de 9 millions de têtes par rapport à 2024-2025. Toutes les variétés sont orientées à la hausse : +2% pour la batavia (170 millions de têtes), la laitue à couper (138,8 millions) et les autres laitues pommées (111 millions de tâte), la progression la plus importante étant enregistrée pour la romaine (+16%, 7 millions de têtes). Les surfaces seraient en légère hausse par rapport à la campagne précédente (+ 1 %), à 6 840 hectares. Toutefois, les surfaces seraient en baisse dans le bassin Nord (- 3 %, 1006 hectares). Le bassin Sud-Est demeure le plus important en surfaces avec 2534 hectares, suivi par le Centre-Ouest (1352 hectares). Après des prix estivaux dynamisés en raison d’un creux de production au niveau national lié à la période caniculaire et aux maladies (+ 19 % sur un an et + 15 % par rapport à la moyenne quinquennale), les prix en septembre arrivent à se maintenir dans un contexte d’offre réduite, supérieurs de 3 % à ceux de 2024 et de 1 % à la moyenne 2020-2024 sur le même mois

« Bassines » : défenseurs et opposants se sont fait face à Poitiers, la justice saisie

Deux manifestations entre défenseurs et opposants aux réserves de substitution ou « bassines » se sont fait face, le 31 octobre au soir, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Poitiers (Vienne), rapporte le média Ici. Un premier appel à manifester du collectif Bassines Non Merci (BNM), lancé pour célébrer l’abandon de 41 projets de réserves et localiser les plus petits chantiers en cours, avait été interdit le 30 octobre, faute de déclaration en préfecture. En réaction, plusieurs organisations professionnelles agricoles de la Vienne* ont organisé un rassemblement quant à lui autorisé, parce que déclaré aux autorités depuis le 28 octobre. Vers 20 heures, les deux groupes se sont brièvement retrouvés face à face avant que le cortège anti-bassines ne s’élance dans les rues du centre-ville de Poitiers. Dans un communiqué du 3 novembre, les organisations agricoles professionnelles de la Vienne demandent qu’un examen soit conduit « afin de déterminer par quels accès des personnes [se revendiquant de ce collectif Ndlr] sont entrées dans la zone et si des défaillances de sécurité ont pu se produire ». Quelques heures plus tôt, la députée écologiste Lisa Belluco et le préfet de la Vienne avaient saisi la justice après la découverte de pancartes jugées « menaçantes » envers les militants anti-bassines, certaines portant la mention « BNM dans le viseur » ou représentant des cibles.

Biodiversité : les sites Natura 2000 démunis face à l’agriculture «moderne» (étude)

D’après une étude publiée le 3 novembre dans le journal Conservation Biology, l’agriculture « moderne » affecte la biodiversité à l’intérieur des zones protégées européennes du réseau Natura 2000. « La principale menace pour la conservation de la biodiversité dans les zones protégées en Europe provient de l'intensification des pratiques agricoles, telles que l'utilisation de pesticides, le surpâturage et la suppression des haies », indique le chercheur Giorgio Zavattoni de l’université de Turku, en Finlande. Son équipe a mené une enquête à grande échelle auprès des gestionnaires de sites Natura 2000 pour connaître leur ressenti sur les pratiques, le financement et les menaces sur la biodiversité. « Il était alarmant d'apprendre que les gestionnaires des zones protégées estiment que la biodiversité n'est pas à l'abri de ces pratiques néfastes, », ajoute Giorgio Zavattoni. L’étude fait ressortir que, souvent, les gestionnaires ne peuvent relever pleinement les défis liés la préservation de la biodiversité faute de l’implication et de la gestion active de toutes les parties prenantes. Pourtant, certaines pratiques d’agriculture traditionnelle extensive, comme le pâturage et le fauchage durables, jouent un rôle important dans la préservation des espèces menacées.

Coordination rurale : Edouard Legras, président de la CR41, soutient Bertrand Venteau

Dans un communiqué du 31 octobre, le candidat à la présidence de la Coordination rurale (CR) Bertrand Venteau a présenté sa liste des candidates et candidats au nouveau comité directeur. On y retrouve le nom d'Édouard Legras, président de la CR41 (Loir-et-Cher), également président de la chambre d'agriculture du département. Il fait partie de l'actuel comité directeur de Véronique Le Floc'h, la présidente sortante du syndicat et candidate à sa réélection. Selon une source anonyme, l'ensemble de la région Centre-Val de Loire pourrait se ranger derrière Bertrand Venteau. Il s'agirait d'un second ralliement de poids, après celui de José Pérez, président de la puissante CR47 (Lot-et-Garonne), qui est également sur la liste de M. Venteau. Par ailleurs, le candidat a indiqué qu'en cas de victoire aux élections, il se séparera du tout nouveau directeur général exécutif Matthieu Danen, ancien candidat RN aux élections législatives de 2017 en Aveyron et jusqu'à récemment collaborateur parlementaire de deux députés RN. Les élections à la présidence de la CR se tiendront le 19 novembre prochain à Auch lors du congrès du syndicat. 

Accident du travail : en Bretagne, sensibilisation sur le bon usage du tracteur

A l’occasion d’une conférence de presse le 3 novembre, la FRSEA Bretagne, plusieurs syndicats de salariés et acteurs sociaux ont présenté une campagne régionale inédite autour de la sécurité en tracteur. Elle vise à sensibiliser les employeurs et les jeunes en formation agricole aux bons réflexes pour prévenir les risques. L’évolution de la technologie, une certaine « insouciance » de la part des jeunes et un potentiel « défaut d’appréciation » de ces derniers par les exploitants seraient autant de vecteur de risques pour Jean-Claude Foucraut, président de la Commission employeurs de la FRSEA Bretagne. La campagne a été conçue en partenariat étroit avec les élèves du CFTA - MFR de Montfort-sur-Meu qui ont participé à identifier les risques et les messages à diffuser : des vidéos, des punchlines, des quiz et des témoignages diffusés sur Instagram et TikTok avec les hashtags « #JeMeSuisFaitPeur » et « #TeamSecuriteTracteur », viseront particulièrement les jeunes. Pour les exploitants, un visuel dédié décliné en affiche, des ressources clés et une communication sur la responsabilité liée à l’accompagnement des apprenants, seront diffusés sur Facebook et LinkedIn. La campagne a vocation à essaimer au-delà des frontières bretonnes. L’observatoire nationale de la sécurité nationale a montré qu’en 2024, 267 accidents ont impliqué un tracteur agricole sur la route en France (249 en 2023).

Coopérative : une nouvelle directrice générale chez Occipain (Arterris)

Dans un communiqué du 3 novembre, le groupe coopératif Arterris a annoncé la nomination de Solenn Douard au poste de directrice générale de sa filiale Occipain, spécialisée dans la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie, rachetée en 2024. La nouvelle dirigeante a officiellement pris ses fonctions le 1er septembre dernier, succédant à Guillaume Moly. Solenn Douard dispose d’une solide expérience dans le domaine de l’agroalimentaire, ayant par exemple travaillé pendant douze ans au sein du groupe Olga. « Elle ambitionne de renforcer ce lien entre le monde agricole et le consommateur, tout en valorisant les filières françaises et les producteurs », et voit « un fort potentiel dans le développement de l’offre snacking via le concept La Panetière Atelier », précise le communiqué.

Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 3 novembre 2025

Vendredi 7 novembre
Les députés de la commission des finances examinent la mission Agriculture du PLF 2026 (partie dépenses)