Agrivoltaïsme: jusqu'à 40% d'un terrain agricole pourra être couvert de panneaux solaires
Après d'âpres discussions, le gouvernement a rendu ses derniers arbitrages sur l'agrivoltaïsme, décidant notamment qu'un terrain agricole pourra être couvert jusqu'à 40% de panneaux solaires, voire plus dans certains cas, a indiqué le 6 novembre, à l'AFP, le cabinet de la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. Ce taux de couverture maximale de 40% s'appliquera quand un projet utilisant une technologie similaire, sur une culture similaire, dans des conditions similaires pour le sol, a déjà donné des résultats probants. Il sera aussi valable pour les projets expérimentaux se soumettant à un contrôle resserré, en particulier sur son impact sur les rendements agricoles, et offrant une zone témoin. Pour les types de projets qui ont largement fait leurs preuves, le gouvernement ne fixera pas de limite dans un premier temps, prônant des autorisations au cas par cas. Aucune situation ne correspond pour l'instant à cette catégorie, a précisé le cabinet qui espère toutefois en voir de plus en plus. Pour des projets très expérimentaux, inférieurs à 10 mégawatts, le taux de couverture pourra aussi être supérieur à 40%.
COP28: échec des négociations sur l’agriculture et l’alimentation (association)
Les négociations sur l’agriculture, la sécurité alimentaire et le climat menées dans le cadre de la COP28 à Dubaï se sont soldées par un échec, apprend-on auprès de l’ONG Action contre la faim présente sur place. «Les négociations se sont terminées hier [le 5 décembre] soir, on est super déçus» a confié Marie Cosquer, analyste plaidoyer de l’association. Si aucune recommandation n’était attendue de ce round de négociations, les participants devaient se mettre d’accord sur trois thématiques d’ateliers constituant le cœur du programme de travail de Charm el-Cheikh, pour les trois années à venir. Était aussi sur la table une révision éventuelle de la gouvernance. «Les pays ne se sont pas mis d’accord sur la marche à suivre (…), ils se sont beaucoup battus sur des questions de procédures et assez formelles, et peu sur le fond», explique-t-elle en regrettant qu’il n’y ait «pas d’opportunité de parler d’agroécologie». Les négociations reprendront «dans six mois, dans les intercessions à Bonn» (en Allemagne), a précisé Marie Cosquer qui a «du mal à voir comment les positions des pays vont changer d’ici là».
COP28: la France annonce 173 millions d’euros contre «la vulnérabilité climatique»
Au septième jour de la COP28 qui se déroule à Dubaï, la France a annoncé un «paquet financier de 173 millions d’euros (M€)» pour lutter contre «la vulnérabilité climatique», selon un communiqué le 6 décembre. Cette enveloppe est orientée vers plusieurs fonds multilatéraux. Dans le détail, une contribution «qui pourra aller jusqu’à 100M€ en fonction du ciblage sur les pays vulnérables» va abonder le fonds pertes et dommages, dont la mise en œuvre a été adoptée le 30 novembre. Une autre enveloppe de 20M€ abondera le bouclier mondial contre les risques climatiques (Global Schield) «dans lequel la France avait déjà investi 20 millions d’euros en 2023», précise le communiqué. L’Hexagone promet aussi 35M€ au fonds pour les pays les moins avancés; un «doublement» de la contribution de la France au fonds d’adaptation pour 2024 «à 10 millions d’euros»; et «la reconduction des 8 millions annuels pour le programme CREWS (Climate risks and early warning systems) sur les alertes précoces».
Patrimoine de l’Unesco: l’«irrigation traditionnelle» inscrite, la transhumance étendue
Réuni à Kasane (Botswana), le Comité intergouvernemental de l’Unesco a inscrit le 6 décembre l’«irrigation traditionnelle» et la pratique de la transhumance au «patrimoine culturel immatériel de l’humanité». Présente dans sept pays d’Europe occidentale*, l’irrigation traditionnelle «utilise la gravité et des constructions artisanales (…) pour acheminer l’eau des points de captage naturels (…) vers les champs», selon l’Unesco. Quant à la transhumance, elle est définie comme «un déplacement saisonnier de personnes et de leur bétail entre plusieurs régions géographiques ou climatiques». Dans le détail, la décision du 6 décembre sur la transhumance est une extension d’une précédente inscription actée en 2019 concernant les migrations du bétail en Méditerranée et dans les Alpes (Autriche, Grèce, Italie); y ont été ajoutées l’Albanie, Andorre, la Croatie, la France, le Luxembourg et la Roumanie. Par ailleurs, ont également été inscrites au patrimoine de l’humanité la tradition de la saison d’alpage en Suisse et les «connaissances, méthodes et pratiques traditionnelles associées à la culture de l’olive» en Turquie. En tout une quarantaine de traditions, savoir-faire et évènements ont été inscrits le 6 décembre.
* Allemagne, Autriche, Belgique, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse
Porc: le secteur de la charcuterie visé par l'Autorité de la concurrence
L'Autorité de la concurrence enquête dans le secteur du porc charcutier, où elle a récemment mené une «opération de visite et saisie» au sein de la Fict (charcutiers industriels), a appris l’AFP le 6 décembre de sources concordantes. Selon le Canard enchaîné du même jour, l'Autorité soupçonne plusieurs grandes marques de s'être entendues sur les prix de leurs charcuteries sans nitrites. L'Autorité de la concurrence a confirmé à l'AFP avoir mené des «opérations de visite et saisie» dans le secteur, sans indiquer dans quel établissement. Dans un message transmis à l'AFP, la Fict a reconnu avoir fait l'objet de perquisitions. «À ce stade de la procédure, il est important de rappeler que de telles investigations ne remettent naturellement pas en cause la présomption d'innocence de notre fédération professionnelle», a fait valoir la Fict en se refusant à des commentaires supplémentaires. La fédération n'a pas souhaité confirmer la nature de l'enquête, mais communique dans son message sur les efforts de la profession pour limiter les nitrites. Ces additifs, qui protègent contre les infections alimentaires et donnent la couleur rose au jambon, ont été liés par l’Anses au risque de cancer colorectal.
Viande in vitro: une proposition de loi LR pour l'interdire en France
Une proposition de loi (PPL) a été déposée, le 5 décembre, à l’Assemblée nationale, par le député des Ardennes Pierre Cordier (apparenté Les Républicains, LR) pour interdire «la production, la commercialisation et la vente de viande de synthèse en France», à l’instar de la loi adoptée en Italie mi-novembre. Le texte est signé par des élus du groupe LR et apparentés et a été renvoyé en commission des Affaires économiques. La loi «Climat et résilience» de 2021 interdit déjà les produits issus de l’agriculture cellulaire en restauration collective. «Il est urgent d’aller plus loin», affirment les députés dans l’exposé des motifs. Ces produits sont, selon eux, de la «malbouffe» et une «menace réelle pour l’élevage». Les signataires soulèvent les «hésitations des pouvoirs publics». Les syndicats agricoles français ne sont pas unanimes au sujet de l’intérêt de la viande cultivée: la Confédération paysanne et la Coordination rurale y sont fermement opposées, tandis que la FNSEA est plus nuancée. Le président de sa commission Chaine alimentaire de la FNSEA, Arnold Puech d'Allissac, expliquait à Agra Presse en avril que le syndicat «ne voit pas l'intérêt pour les agriculteurs» mais estime avoir «encore besoin d'éléments pour être éclairé».
Viande in vitro: «plus que mitigé», Fesneau veut «regarder le cadre»
À l'occasion de son audition par les députés de la commission des Affaires économiques le 6 décembre, le ministre de l'Agriculture a exprimé un «sentiment plus que mitigé» sur la viande de synthèse. Il s'y est montré moins fermement opposé que son prédécesseur Julien Denormandie, qui avait répondu en 2020: «Moi non, je le dis clairement: la viande vient du vivant, pas des laboratoires. Comptez sur moi pour qu'en France la viande reste naturelle.» Dans sa réponse, Marc Fesneau a plutôt dressé un tableau de craintes et de questions (bilan carbone, «souveraineté», concurrence avec l'élevage, implication de multinationales), se rapprochant ainsi des conclusions de la récente mission d’information sénatoriale sur les «aliments cellulaires», qui proposait de «mieux maîtriser et encadrer la technologie». En conclusion, il a rappelé que les auteurs de cette mission «objectent qu'il ne faut pas louper des opportunités économiques», mais pour leur opposer une question «éthique», face au soutien des «mouvement anti-élevage» à cette technologie. Il a conclu en expliquant qu'il allait «regarder le cadre, y compris environnemental, parce que je ne vois pas pourquoi on se poserait toujours la question pour l'agriculture et pas dans ce modèle là».
Lavande: les huiles essentielles échappent aux nouvelles règles sur les produits chimiques
Le Conseil de l’UE et le Parlement européen sont parvenus, le 5 décembre, à un accord sur la révision du règlement concernant la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances chimiques et des mélanges. Le compromis trouvé exemptera bien, comme le souhaitait le Parlement européen, les huiles essentielles du dispositif contrairement à ce que proposait initialement la Commission européenne. L’accord précise, en effet, que pour ces substances complexes extraites de plantes ou de parties de plantes, la Commission devra présenter un rapport scientifique concernant leur classification, suivi d’une procédure législative si nécessaire, dans les cinq ans suivant l’entrée en vigueur des nouvelles règles. Sans cette exemption, les huiles essentielles se seraient vues imposer une obligation d’analyse de risque pour l’ensemble de leurs composants. Une obligation qui aurait entraîné des surcoûts importants pour identifier et tester les centaines de molécules différentes qui les composent.
Biocarburants avancés : Clariant ferme son usine roumaine d'éthanol issu de pailles
Le groupe de chimie suisse Clariant a annoncé le 6 décembre avoir décidé de fermer son usine d’éthanol cellulosique située à Podari, en Roumanie, qui ne parvenait pas à atteindre les rendements escomptés, rapporte l’AFP. Résultat, le groupe suisse a abaissé sa prévision d'excédent brut d'exploitation pour 2023. Désormais, il prévoit un excédent brut d’exploitation de 570 à 600 M de francs suisses (CHF), soit 604 à 635 M€, contre 650 à 700 CHF attendus auparavant. Par ailleurs, Clariant s’attend à des effets négatifs sur sa trésorerie en 2024 de l’ordre de 110 à 140 M CHF, indique-t-il dans un communiqué. «Pour une entreprise qui se focalise autant que nous sur l'innovation, il est impératif de prendre des décisions fermes quand un projet ne répond pas aux attentes», a déclaré Conrad Keijzer, le directeur général de Clariant, cité dans le communiqué. En 2022, Clariant avait ouvert cette usine pour fabriquer du bioéthanol de seconde génération, produit à partir de déchets agricoles, et non de nouvelles cultures. Le groupe s’était alors pour objectif de produire 50 000 tonnes d’éthanol cellulosique à partir de 250 000 tonnes de paille. En plus de la fermeture de l'usine en Roumanie, Clariant prévoit une réduction des activités qui y étaient associées en Allemagne dans les biocarburants et dérivés.
Travail saisonnier : une proposition de loi pour améliorer les conditions de travail et d’accueil
Une proposition de loi visant à «garantir aux travailleurs saisonniers agricoles des conditions de travail et d’accueil dignes» a été déposée par André Chassaigne (PCF, Puy de Dôme), et plusieurs autres députés, le 5 décembre. «La précarité dont est victime le personnel saisonnier agricole est une des premières causes du manque d’attractivité vers ces métiers que seule une amélioration des conditions de travail, de la qualité d’hébergement et une augmentation des rémunérations pourrait renforcer», est-il expliqué dans l’exposé des motifs. Le texte s’articule autour de quatre piliers. Le premier vise à renforcer les droits des saisonniers agricoles, en favorisant la reconnaissance de leurs métiers et en le rendant plus attractif (prime de précarité et d’ancienneté sectorielle, limitation à déroger aux durées hebdomadaires de travail de 60 heures, par exemple). Avec l’objectif de faciliter le recrutement en direct par les donneurs d’ordre, «passant ainsi outre les prestataires aux méthodes illégales». Il s’agit aussi d’instaurer des contrôles systématiques lors de l’embauche, et de responsabiliser, «y compris civilement et pénalement », les donneurs d’ordre. Le quatrième pilier prévoit un volet relatif aux travailleurs saisonniers dans les Outre-mer.
Foncier: réflexions dans les ministères sur l'imposition de diagnostics de sols
Dans le cadre de l'élaboration du Pacte et de la loi d'orientation agricole (PLOA), les conseillers ministériels avec lesquels discutent les syndicats agricoles réfléchissent à instaurer des obligations de diagnostic de sols, rapporteurs plusieurs professionnels. Leur réflexion se situerait dans le même esprit que dans la proposition de loi déposée en octobre par plusieurs députés dont Richard Ramos (Modem), Sandrine Le Feur (Renaissance) et Dominique Potier (PS). Ce texte vise à instaurer un diagnostic obligatoire «de la santé des sols» des terrains agricoles, naturels et forestiers. Ce diagnostic serait rendu obligatoire «pour toutes les cessions ou mise à bail de parcelles situées dans les zones agricoles, forestières ou naturelles». La FNSEA et les JA sont opposés à cette mesure, craignant notamment de dissuader les propriétaires de mettre à bail, ou d'inciter les preneurs cédant à déléguer. Dans leur dernier rapport d'orientation, les Jeunes agriculteurs proposent un diagnostic plus général, uniquement lors de l'installation, afin que «tout jeune qui s’installe réalise un diagnostic de risques global comprenant le risque climatique mais également les risques économiques et sanitaires qui peuvent découler ou non du changement climatique», intégrant un diagnostic carbone.
Pac: le dialogue sur l'agriculture européenne sera lancé en janvier, pas encore de détail
«Le dialogue structuré sur l’avenir de l’agriculture européenne sera lancé au mois de janvier», a seulement indiqué, le 6 décembre lors de la conférence agricole annuelle de la Commission européenne, sa présidente Ursula von der Leyen. Mais aucun détail sur les modalités de cette consultation ni sur son calendrier précis n’ont été apportés. Une chose est sûre, cette consultation sera menée au pas de charge puisque la publication de conclusions – qui constitueraient une feuille de route pour la prochaine Commission en matière de politique agricole – est prévue pour le mois d’avril. Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, qui n’a pas la main sur cette initiative confiée au vice-président Maros Sefcovic, a toutefois profité de l’occasion pour apporter sa contribution au débat en présentant «sa» vision de la future Pac. Il estime que celle-ci devra se concentrer sur la sécurité alimentaire et s’appuyer sur «des incitations financières plutôt que des normes réglementaires». Il propose la création d’un «troisième pilier de la Pac» consacré à la gestion des risques équipé de nouveaux instruments de crise. Et pour cela, Janusz Wojciechowski espère que le budget de la Pac sera renforcé. Une décision qui est entre les mains des États membres.
Elections européennes : le parti populaire européen présente son pacte pour l’agriculture
Le parti populaire européen (PPE), première force politique du Parlement de Strasbourg, a adopté le 6 décembre son document de position présentant sa vision pour l’agriculture. Avec ce manifeste intitulé «Un pacte européen pour les agriculteurs - La vision du PPE pour l'agriculture en Europe», la droite européenne compte ainsi envoyer un message au monde agricole et rural avant les élections européennes qui se tiendront en juin 2024. «Le PPE est le parti des agriculteurs et des communautés rurales européennes. Nous sommes avec vous et nous défendrons vos intérêts», peut-on lire. La défense d’une Pac simplifiée, l’aide au renouvellement des générations, la lutte contre les grands carnivores, ou encore l’investissement dans l’innovation figurent parmi les principaux axes de travail du PPE. «Nous écoutons les agriculteurs et nous les traitons avec respect tout en travaillant à une agriculture plus innovante, plus compétitive et plus durable en Europe», a ainsi déclaré le président du groupe, l’Allemand Manfred Weber.
Environnement: une mission flash dépose une PPL pour adapter les référés administratifs
La vice-présidente de l’Assemblée nationale Naïma Moutchou (Horizons, Val-d’Oise) et la députée Cécile Untermaier (Socialiste, Saône-et-Loire) ont déposé, le 5 décembre, une proposition de loi visant à adapter la procédure des référés aux enjeux environnementaux. Composé de trois articles, le texte vise à «mieux intégrer» les enjeux environnementaux dans les procédures de référé administratif et à «faciliter» le recours à ces procédures, indique l’exposé des motifs. Il émane des propositions faites par les deux élues dans le cadre d’une mission flash sur le référé spécial environnemental, en mars 2021. L’article 1 assouplit les conditions du référé-suspension en élargissant la notion d’urgence au «caractère grave ou durable du dommage ou du risque de dommage», et en permettant la suspension «immédiate» d’une décision en cas de dommage ou risque «particulièrement grave ou irréversible à l’environnement». L’article 2 élargit le champ d’application du référé pénal spécial à la loi d’avenir sur l’agriculture (agroécologie) pour «mieux prévenir les dommages à l’environnement». Enfin, l’article 3 intègre la prévention des dommages «graves ou durables» dans le champ du référé-conservatoire.
Vin: Fesneau a «réinterrogé» la filière sur son intégration aux dispostifs des lois Egalim
Questionné sur la crise viticole à l'occasion de son audition par les députés de la commission des affaires économiques le 6 décembre, le ministre de l'Agriculture a indiqué avoir «réinterrogé» la filière l'opportunité de l'intégrer à «Egalim». A l'instar des céréales ou des fruits et légumes, les vins (à quelques exceptions) avaient été exemptés du dispositif de contractualisation écrite obligatoire mis en oeuvre avec la loi Egalim 2. «La porte est ouverte, c'est ma responsabilité de poser la question», a indiqué Marc Fesneau. «Toutes les zones viticoles n'était pas d'accord, négociants et producteurs n'étaient pas d'accord», rappelle-t-il, tout en estimant que le dispositif seul ne réglerait pas la crise de surproduction: « 4 millions d'hectolitres, c'est pas Egalim qui va régler la question». Face à la crise viticole, l’État a mis en place différentes aides, mobilisant 200 M€ pour une campagne de distillation et 30 M€, voire jusqu’à 38 M€ «selon les besoins», pour un plan d’arrachage sanitaire en Gironde. Des mesures qui ont été complétées par un dispositif de prêts bonifiés et un fonds d’urgence de 20 M€ pour les viticulteurs en difficulté de trésorerie.
Vin bio : les ventes continuent de progresser, mais «pas assez vite» (interprofession)
Si les ventes de vin bio restent en augmentation, elles paraissent aujourd’hui insuffisantes face à la croissance des volumes, a indiqué le 6 décembre l’interprofession SudVinBio. «Le marché du bio continue de progresser, mais pas assez vite» pour absorber l’offre issue des conversions «très importantes» ces dernières années, a reconnu le président Nicolas Richarme, lors d’une présentation du prochain salon viticole Millésime Bio. En 2022, quelque 2,5 Mhl (+1%) de vin biologique ont été vendus pour un chiffre d’affaires de 1,463 Mrd€ (+6,3 %). Interrogé sur les difficultés commerciales de coopératives languedociennes, Nicolas Richarme a témoigné d’un «ressenti» négatif chez les vignerons d’Occitanie récemment passés au bio, «en particulier» dans les coops. «Aujourd’hui, on a beaucoup plus de vin bio que de demande», d’après lui. Les surfaces du vignoble en agriculture biologique ont «plus que doublé» en cinq ans, a souligné Jeanne Fabre, présidente de la commission Millésime Bio. «Il y a une période difficile à passer pour des producteurs qui arrivent sur un marché un peu saturé temporairement. Mais le marché va continuer à croître.»
Bière : Carrefour lance un système de consigne dans 150 magasins, avec Heineken
Dans un communiqué du 6 décembre, le groupe Carrefour a annoncé le lancement d’un système de consigne dans 150 magasins Carrefour City à Paris, en partenariat avec Heineken France, Coca-Cola France et de l’entreprise spécialisée dans le recyclage des emballages Citeo. L’enseigne ambitionne d’étendre le dispositif à de nouvelles régions l’an prochain, avec pour objectif d’atteindre 500 magasins dotés d’une solution de consigne d’ici 2026 et le réemploi de 40M d’emballages à la même date. Selon le communiqué, le programme a pour but de «réduire les conséquences environnementales liées aux emballages». Une bouteille réemployée permettrait ainsi d’économiser «jusqu’à 51 % d’eau, 76 % de CO2 et 79 % d’énergie», avance ainsi le communiqué. Selon un rapport publié par l’Ademe en juin 2023, les analyses comparatives réalisées entre bouteilles réutilisées et bouteilles en verre à usages uniques sont «largement en faveur des contenants réemployables». «Nos emballages représentent le principal poste de nos émissions (40 %)», affirme Pascal Gillet, président d’Heineken France, ajoutant qu’il est «nécessaire» de «maximiser leur circularité pour réaliser les objectifs de décarbonation» d’Heineken. Pour rappel, la loi Agec promulguée en février 2020 fixe un objectif de 10% d’emballages réemployés à l’horizon 2027, contre moins de 2% aujourd’hui.
Concombre/bilan de campagne : production et ventes 2023 portées par la météo
Selon les estimations d’Agreste (ministère de l’Agriculture) au 1er novembre 2023, la production nationale de concombres pour la campagne 2023 est estimée à 173 900 tonnes, soit une hausse de 4 % par rapport à 2022. La hausse serait substantielle dans le bassin Centre Ouest (+20 %, près de 61 000 tonnes), en raison de rendements plus élevés qu’en 2022. Elle est plus modeste dans le bassin Sud-Est (+2 %, à 64 930 tonnes). L’Est, troisième bassin de production est en revanche orienté en légère baisse (-1 %, 18 130 tonnes). Les conditions météorologiques ont été prédominantes dans le déroulé de la campagne. En avril-mai, une forte montée en puissance des récoltes et une demande peu soutenue par une météo pluvieuse et fraîche ont entraîné une chute de prix. Ceux-ci se sont redressés en juin, aidés par la baisse de production correspondant à la période de plantation des secondes cultures de concombre dans les serres. Le marché bascule fin juillet avec une révision à la baisse des cours en raison d’un pic de production et d’un fléchissement de la consommation induit par un temps pluvieux et plus frais. La météo estivale qui a présidé en septembre a favorisé la consommation, alors que la production baissait progressivement, et permis de fluidifier les ventes.
NBT : dans une tribune, un collectif d’élus socialistes appelle à un «débat citoyen»
Dans une tribune publiée le 6 décembre dans Le Monde, un collectif de seize élus socialistes demande un «débat citoyen» sur les «nouvelles techniques génomiques», aussi appelées « new breeding technologies » (NBT). Selon le collectif, chaque diffusion d’une nouvelle technologie – parmi lesquelles les NBT –, devrait faire l’objet d’une discussion publique, permettant de déterminer si elle «contribue à l’intérêt général». Pour les partisans des plantes issues des NBT, ces dernières sont une solution face aux enjeux environnementaux, alimentaires et agricoles. Aux yeux de la FNSEA, ces outils permettraient ainsi l’émergence de «variétés plus résistantes aux aléas climatiques» ou encore «aux maladies». « L’histoire nous enseigne que cette inflation de promesses était un leurre s’agissant des plantes OGM», s’insurge le collectif. Et d’ajouter que «les seules plantes issues de la transgénèse arrivées massivement sur le marché ont été des plantes résistantes aux pesticides». C’est pourquoi le collectif milite notamment pour que l’autorisation de cultiver et de mettre sur le marché des plantes NBT soit conditionnée par leurs effets positifs en matière de durabilité. Par ailleurs, le collectif souhaite que le régime de propriété intellectuelle se limite au certificat d'obtention végétale, garantissant une accessibilité pour tous les agriculteurs.
Eau/pesticides: Générations Futures déplore le rétropédalage sur les redevances
Générations futures «proteste fermement» contre le «renoncement du gouvernement» à augmenter la redevance pour pollutions diffuses (RPD) et la redevance pour prélèvements d’eau, dans un communiqué le 6 décembre. Cette double nouvelle avait été annoncée la veille par le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, à l’issue d’une réunion à Matignon. Le cabinet du ministre de l’Agriculture a confirmé l’information en précisant, sur les taux de redevance sur l’irrigation, qu’Elisabeth Borne a accepté de baisser les taux planchers instaurés par le projet de loi de finances (PLF 2024). Il reviendra donc aux comités de bassin de fixer les tarifs dans le nouveau cadre. Pour Générations futures, cet arbitrage de l’exécutif est «catastrophique» car l’Etat «se prive» de moyens pour à la fois financer la transition écologique et «rendre plus attractive les agricultures à faible utilisation de pesticides». Alors que le nouveau plan Ecophyto est en cours de finalisation, l’association appelle le gouvernement à «absolument réagir» en réaffirmant un objectif «fort» de réduction des pesticides et «une obligation de résultats» pour les agriculteurs.
Banque: grève au Crédit Agricole, des salariés du réseau demandent une prime
Les salariés du réseau Crédit Agricole étaient appelés à un débrayage de deux heures le 6 décembre par le Sneca CFE-CGC pour obtenir une prime de partage de la valeur (PPV, ou "prime Macron"), un levier de négociation peu fréquent dans le secteur bancaire. «C'est un très gros succès dans de nombreuses caisses», s'est félicité auprès de l'AFP le président du Syndicat national de l'entreprise Crédit Agricole (Sneca) CFE-CGC Samuel Mathieu, qui se présente comme le premier syndicat de la branche Crédit Agricole. Selon lui, quelque 25 caisses régionales sur les 39 que compte le groupe ont suivi l'appel à la grève, pour un taux de participation qu'il estime à 30%. Contacté, un porte-parole du groupe évoque de son côté un peu plus de 6% de participation. Le syndicat demande une PPV de 3.000 euros en parallèle des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui se tiendront en janvier. La plupart des salariés de banque ont obtenu ce type de prime, d'un montant de 3.000 euros par exemple chez Crédit Mutuel Alliance fédérale ou de de 1.000 euros chez BNP Paribas pour les collaborateurs percevant une rémunération globale annuelle inférieure à 100.000 euros. Les salariés de l'entité de tête du Crédit Agricole SA ont aussi obtenu une telle prime, de 500 euros, sous certaines conditions de revenu.