Agrafil du 6 décembre 2023

hero

Eau/pesticides: le gouvernement renonce à augmenter les redevances en 2024 (syndicats)

Après une semaine de mobilisation nationale pour réclamer une «respiration normative», puis une entrevue avec Marc Fesneau le 1er décembre, les présidents de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs ont rencontré, le 5 décembre, la Première ministre, qui leur aurait annoncé que le projet de loi de finances (PLF) pour 2024 ne contiendrait pas, comme initialement annoncé, d'augmentations de la redevance pour pollutions diffuses (RPD), appliquée aux pesticides, ni de la redevance pour prélèvement d'eau, liée à l'irrigation. «En échange, nous nous sommes engagés à travailler sur des trajectoires acceptables sur les prochaines années», a expliqué Arnaud Rousseau. Examiné actuellement par le Sénat où un nouveau recours à l'article 49-3 est attendu, le PLF inclut une hausse de 20 % de la RPD (+37M€ en plus des 145 M€ collectés chaque année) et une réforme de la redevance sur l'eau, qui instaure des tarifs planchers et rehausse les plafonds. Suite à cette dernière annonce, le comité de bassin Adour-Garonne avait annoncé, mi-octobre, une augmentation de la redevance pour prélèvement d’eau d’irrigation en 2024. Le comité de bassin estimait ainsi que la contribution passera de 15 €/ha à 22 €/ha, soit une augmentation de 7 €/ha en maïs grain irrigué avec comme référence un terrain de 1500 m2.

Pesticides/SDHI: l'Anses abaisse certaines valeurs toxicologiques de référence

Attendu de longue date après plusieurs mois de retard et plusieurs démissions d'experts, le rapport complémentaire de l'Anses sur les effets des pesticides SDHI est paru le 5 décembre, qui conclut à l'abaissement des valeurs toxicologiques de référence (VTR) de plusieurs molécules, sans pour autant «mettre en évidence de préoccupation sanitaire par ingestion cumulée de résidus dans les aliments au regard des valeurs toxicologiques ajustées». Dans le détail, l’Agence propose «d’ajuster à la baisse 11 des 39 VTR analysées, en diminuant modérément leur valeur actuelle d’un facteur de réduction allant de 1,5 à 3,3». L'Anses annonce aussi qu'il proposera à l'Efsa de faire évoluer la méthodologie d'évaluation de ces molécules. L'expertise inclut en annexe deux avis divergents de deux chercheurs, de l'Inserm et de l'Inrae, qui contestent certaines conclusions. Sont notamment visées, sur le fond, l'évaluation des «toxicités d'organe» et, sur la forme, les méthodes de la concertation des experts, au cours de laquelle plusieurs ont démissionné, affaiblissant sa «pluralité». En 2019, l'Anses avait publié en urgence un rapport d'expertise concluant à l'absence «d'alerte sanitaire», quelques mois après l'alerte lancée dans une tribune publiée dans Libération par plusieurs biologistes de l'Inserm et du CNRS. En février, l'association Pollinis a déposé un recours auprès du tribunal de l’Union européenne contre la prolongation de mise sur le marché accordée à un SDHI, le boscalid.

Chlordécone: vers davantage de contrôle des sols, et de l’eau en bananeraies

Le ministre délégué aux outre-mer Philippe Vigier a reconnu que la cartographie du chlordécone dans les sols de Martinique et de Guadeloupe «doit être approfondie», durant un débat à l’Assemblée le 27 novembre. Il était interpelé à ce sujet par deux représentants d’associations antillaises: le porte-parole du collectif pour dépolluer la Martinique Philippe Pierre-Charles, et le vice-président de l’association Vivre Guadeloupe Janmari Flower. Ce dernier, rappelant que la cartographie détermine le niveau d’indemnisation des victimes, estime que «pour chaque hectare, on devrait faire au minimum une centaine de prélèvements afin de cartographier au plus près les fortes concentrations». Également interrogé sur la présence de chlordécone dans l’eau de lavage des bananes après la récolte, M. Vigier a répondu qu’il «trouverait tout à fait normal qu’on puisse faire des dosages de chlordécone dans ces eaux» car «il faut que le doute disparaisse». «Si les dosages sont supérieurs [à la norme autorisée] eh bien ce sera interdiction de l’usage des ces eaux-là», a-t-il indiqué. Il envisage de mettre en place «un système d’indemnisation» en cas de dépassement des normes et en l’absence d’une eau de substitution.

Chlordécone: aide aux bovins dès 2024 et doublement du budget recherche

Le budget alloué au plan chlordécone IV va passer à 130 millions d’euros (M€), au lieu de 92 M€ annoncés en 2020, a indiqué le ministre délégué aux outre-mer Philippe Vigier lors d’un débat à l’Assemblée le 27 novembre. Cette rallonge budgétaire recouvre notamment une aide aux éleveurs de bovins affectés par la pollution au chlordécone qui «sera opérationnelle dès janvier 24». L’aide s’adresse aux éleveurs «qui s’engagent dans une démarche de sécurisation de leur viande». Ils bénéficieront d’un accompagnement technique et d’une «prime d’engagement de 160 à 200 euros par animal», a détaillé le ministre. La rallonge budgétaire recouvre aussi un doublement des crédits alloués à la recherche qui passeront «de 26 à 52 millions d’euros» à horizon 2030. Ces deux aides avaient été évoquées en juin quand le gouvernement avait annoncé un lot de nouvelles mesures, notamment la prise en charge du coût du traitement de l’eau potable

«Bassines» de Sainte-Soline: des manifestants saisissent la Défenseure des droits

Plus de 70 personnes ayant participé à la manifestation interdite contre les «bassines», fin mars à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), ont saisi la Défenseure des droits en dénonçant des «violences graves de la part des gendarmes », rapporte l’AFP à la suite Lors d’une conférence de presse le 5 décembre. Cette saisine collective est portée par 42 manifestants blessés lors d’affrontements et 30 témoins, «afin que la lumière soit faite» sur l’action des forces de l’ordre. Ils estiment aussi que «les secours ont été entravés de manière injustifiée, mettant gravement en danger la vie des blessés les plus sérieux». Le 25 mars, 6 000 à 8 000 personnes selon les autorités, 30 000 d’après les organisateurs, avaient manifesté sur le chantier de la réserve de substitution de Sainte-Soline. De violents affrontements avaient éclaté avec les gendarmes qui protégeaient le site, avec plus de 5 000 grenades lacrymogènes tirées. Les organisateurs avaient fait état de 200 blessés, dont 40 graves, parmi les manifestants. Les autorités ont défendu une riposte ciblée et proportionnée face à plusieurs centaines de manifestants «radicaux», en démentant toute entrave aux secours, alors que la Ligue des droits de l'Homme a déjà mis en cause la responsabilité de l'État.

PLOA: les discussions continuent autour du caractère obligatoire de France service agriculture

A l'issue de leur rencontre avec la Première ministre et du ministre de l'Agriculture le 5 décembre, les représentants de la FNSEA et des JA ont poursuivi les discussions autour de l'opportunité de rendre difficilement contournable, voire obligatoire le futur guichet unique dédié à l'installation, la formation et la transmission, qui doit s'intituler France service agriculture. Selon le président des JA, Arnaud Gaillot, «ils partagent avec nous l'idée qu'il faut aller au plus loin de l'obligation» de passer par ce guichet unique. Les services ministériels plancheraient sur la constitutionnalité de plusieurs mesures: «Est-ce que l'on va marquer que l'on est pas agriculteur si on est pas passé par France service agriculture ? Est-ce que c'est constitutionnel ?» Autant de questions qui seraient à l'étude. L'impossibilité d'accès aux aides Pac ou à l'assurance Atexa seraient sur la table. Par ailleurs, les syndicats ont fait part de leur impatience à voir présenté le Pacte et examiné la loi d'orientation agricole (LOA). La date de présentation du Pacte devrait être annoncée «prochainement». Quant à la loi, «il y a des discussions pour savoir si elle doit être examinée avant ou après le Salon de l'Agriculture. Nous avons surtout demandé à ce qu'elle soit inscrite, d'ici la fin de l'année à l'agenda parlementaire».

Conflits de voisinage: l’Assemblée vote une PPL protégeant les activités «préexistantes»

Réunis en séance publique le 4 décembre, les députés ont adopté à une large majorité la proposition de loi (PPL) visant à «adapter le droit de la responsabilité civile aux enjeux actuels». Ce texte déposé par le groupe Renaissance introduit dans le droit la notion de «troubles anormaux du voisinage» (existant dans la jurisprudence), tout en posant une exception: les auteurs de ces troubles ne peuvent être poursuivis «lorsque le trouble anormal causé à la personne lésée provient d’activités, quelle que soit leur nature, préexistant à l’installation de la personne lésée». Et ce à condition que ces activités soient «conformes aux lois et règlements» et qu’elles se soient «poursuivies dans les mêmes conditions ou dans des conditions nouvelles qui ne sont pas à l’origine de l’aggravation du trouble anormal». Annoncée par le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti au Salon de l’agriculture, cette PPL vise à «limiter les conflits de voisinage entre les nouveaux habitants du territoire et les acteurs économiques, culturels ou encore touristiques», notamment les agriculteurs. Seul le groupe LFI-Nupes a voté contre (12 voix), les autres groupes se sont prononcés en faveur de ce texte (78 pour, 3 abstentions).

Influenza aviaire: la France passe en risque «élevé» et confine ses volailles

Une semaine après le passage en risque «modéré», le ministère de l’Agriculture rehausse le niveau de risque pour l’influenza aviaire à «élevé», via un arrêté paru le 5 décembre. Une décision prise en raison de la «dynamique d'infection dans l'avifaune sauvage migratrice et de foyers en élevage dans les pays voisins et sur le territoire métropolitain», explique la notice du texte. Le relèvement du niveau de risque implique l’obligation de mise à l’abri pour toutes les volailles sur l’ensemble du territoire métropolitain. Comme l’indique un communiqué du ministère, des mesures supplémentaires s’appliquent dans les ZRD («zones à risque de diffusion», soit les zones denses): «dépistage (...) lors de mouvements de lots de palmipèdes prêts à engraisser entre deux élevages, restriction d’accès, désinfection des véhicules». Autres mesures applicables partout: le bâchage obligatoire des camions de transport de palmipèdes et l’interdiction des rassemblements d’oiseaux. L’Hexagone compte actuellement trois foyers confirmés en élevage (deux dans le Morbihan et un dans la Somme), ainsi qu’une suspicion en cours de confirmation à Moréac (Morbihan). La maladie est aussi présente dans de nombreux pays européens.

Vaccin influenza: vers une troisième dose pour les canards mulards en zones denses

D’après un projet d’instruction technique envoyé aux professionnels, le ministère de l’Agriculture envisage une troisième dose de vaccin contre l’influenza aviaire pour les canards mulards (élevés pour leur foie gras) dans les zones les plus denses en élevages du Sud-Ouest et des Pays de la Loire. Cette troisième dose interviendrait à l’âge de 56 jours dans les 73 communes du Plan Adour et les 45 communes du Plan Vendée militaire (déjà ciblées dans l’année par des mesures de dédensification), selon un document consulté par nos confrères de Réussir Volailles. Les canards des autres communes des ZRD («zones à risque de diffusion», soit les zones denses) pourraient en recevoir une sur une base volontaire. Idem autour des sites stratégiques (sélection et multiplication). Depuis le lancement de la campagne de vaccination en octobre, les canards reçoivent une dose à l’âge de 10 jours, puis une à 28 jours. La décision d’ajouter une troisième dose répond à une «logique d’amélioration continue du protocole de vaccination», selon le projet d’instruction: de nouveaux essais ont montré un «léger bénéfice pour les animaux vaccinés», car à l’âge de 11 semaines, «l’animal ne contrôle plus suffisamment l’infection pour garantir la non-propagation du virus sauvage». C’est pourquoi le projet d’instruction technique préconise d’abattre les canards de Barbarie (à rôtir) mâles «au plus tard à 11 semaines».

Financement de l’ovosexage: l’indemnisation des couvoirs revue à la baisse (CNPO)

Dans le cadre de l’accord interprofessionnel sur l’ovosexage, les indemnisations versées aux couvoirs de poules pondeuses ont été revues à la baisse, à 0,96 € par poulette (contre 1,11 € précédemment), indique Vincent Baumier, administrateur du CNPO (interprofession) à Agra Presse le 5 décembre. Une décision votée par le conseil d’administration de l’interprofession en marge de la Journée d’information nationale du CNPO, le 8 novembre. Applicable rétroactivement à partir du 1er juillet 2023, ce niveau de 0,96 € est fixé sur le coût réel d’ovosexage le plus bas des cinq couvoirs de poules pondeuses, évalué par FranceAgriMer. Il devait permettre de «rééquilibrer» le dispositif de l’accord interprofessionnel, mais ne devrait avoir «aucune incidence sur les prix à la consommation», selon M. Baumier. La cotisation versée par les distributeurs (59 ct€ les 100 œufs) reste en effet inchangée. Ces sommes alimentent un fonds qui vise à compenser partiellement les surcoûts de fonctionnement liés à l’ovosexage, évalués à 45 M€ par an. L’ovosexage (détermination du sexe des poussins dans l’œuf) est obligatoire en poules pondeuses depuis le 1er janvier 2023, date de l’entrée en vigueur de l’interdiction d’éliminer les poussins mâles.

Prix du lait: la Cour d’appel annule la condamnation de Savencia, face à Sunlait

Dans un arrêt rendu le 5 décembre, la cour d’appel de Caen infirme le jugement de première instance condamnant le groupe Savencia à verser plus de 26 millions d’euros (M€) aux producteurs de l’AOP Sunlait, informe l’association qui regroupe six organisations de producteurs. Sunlait «prend acte de cette décision» et regrette «l’écart important» entre les deux jugements. «La cour [d’appel, ndlr] ne tient pas compte du déséquilibre dans les relations entre producteurs et acheteurs», souligne l’AOP. Savencia avait fait appel en août 2022 d’un jugement du tribunal de Coutances condamnant l’industriel à verser plus de 26M€ aux producteurs au titre de la différence entre le prix de base producteur issu de la formule de juin 2018 et le prix payé par l’industriel en 2020. Le jugement de première instance statuait que «la société Savencia ne peut décider de rompre unilatéralement l’accord ainsi passé lorsque la formule mathématique de prix adoptée lui devient défavorable». Le tribunal de Coutances estimait notamment que Savencia avait «abusé» de «la situation de dépendance» des producteurs dans le cadre de la signature d’un protocole d’accord en décembre 2020, après que l’industriel est sorti «unilatéralement» en octobre 2019 de la formule de prix définie dans le contrat-cadre signé entre les deux parties. 

Fromages: l’IGP tomme des Pyrénées maintient des ventes et compte de nouveaux producteurs

Contrairement à d’autres produits laitiers sous appellation d’origine protégée (AOP) ou indication géographique protégée (IGP), les volumes de ventes de la tomme des Pyrénées IGP se maintiennent, indique un communiqué publié à l’issue de l’assemblée générale de la filière, le 1er décembre. «Alors que beaucoup d'AOP ont subi un coup d'arrêt avec l'inflation en raison de leur valeur faciale plus élevée, notre IGP tomme des Pyrénées se porte bien», déclare Pierre Bernoux (Sodiaal Fromages), membre du conseil d’administration de l’association Les Fromagers pyrénéens (AFP), cité dans le communiqué. «Même si nos prix de vente ont légèrement augmenté en raison de la hausse du coût de l’énergie et des matières premières, nos ventes restent stables en 2023, avec plus de 3500 tonnes commercialisées», poursuit-il. Fait marquant: le nombre de producteurs fermiers a doublé après une révision du cahier des charges. Les fromages à base de lait de brebis ou de chèvre ont intégré l’IGP qui était auparavant réservée aux tommes au lait de vache. L’IGP compte 37 producteurs qui fabriquent leurs fromages directement sur l’exploitation, contre 20 fin 2022. La stabilité des ventes ne s’explique pas seulement par l’arrivée de nouveaux producteurs (une vingtaine de tonnes), assure l’AFP à Agra Presse. 

Miel: la FNSEA demande des aides d’urgence et une révision du cadre européen

La FNSEA alerte sur les «graves difficultés» des apiculteurs dans un communiqué le 5 décembre. Elle s’alarme d’une baisse des achats de miel dû à l’inflation et des stocks qui «s’accumulent», alors que dans le même temps et «paradoxalement, la France a recours massivement aux importations». Un constat amer partagé par l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) dès la mi-novembre, et auquel s’est joint la Confédération paysanne lors d’une mobilisation à Paris à la fin du mois. Face à ce constat, le syndicat majoritaire demande «le déblocage d’aides d’urgence» et assure travailler à «des solutions structurelles à court, moyen et long terme» avec l’interprofession des produits de la ruche (Interapi). Elle demande aussi «une révision ambitieuse» de la directive européenne sur le miel en requérant: «un étiquetage précis et obligatoire» de l’origine «avec la mention des proportions exactes des pourcentages» pour les mélanges de miels;  le «renforcement de la traçabilité» de la ruche au pot; et l’amélioration de méthodes harmonisées permettant de détecter les miels adultérés. 

Négociations commerciales: premier comité de suivi, Varenne reprend le sujet en main

Le premier comité de suivi des négociations commerciales annuelles se tiendra le 8 décembre, a appris Agra Presse de sources concordantes. Les représentants des industriels et des distributeurs ont été convoqués par le ministère de l’Agriculture. Contactée, la Rue de Varenne n'a pas donné suite à nos sollicitations. La réunion se tiendra a priori sans le ministère de l’Économie, alors que Bercy avait préempté le dossier des relations commerciales ces derniers mois, relèvent des acteurs économiques. Les négociations se déroulent dans un contexte particulier cette année, avec un calendrier avancé de plusieurs semaines et un nouveau cadre législatif instauré par la loi Descrozaille. Pour la première année, la date butoir s’appliquera comme une date «couperet» avec la possibilité pour l’industriel de cesser de livrer en cas d’échec de la négociation. Cette mesure a été votée dans l’objectif de rééquilibrer les négociations commerciales au bénéfice des industriels face à la concentration du secteur de la distribution. Par ailleurs, Intermarché et Auchan ont annoncé, le 5 décembre, leur rapprochement «pour discuter les bases d'une alliance de long terme à l'achat», avec pour objectif de créer la première centrale d'achat française, indique un communiqué commun. Les deux distributeurs ont également déposé une offre commune pour la reprise des super et hypermarchés Casino. 

Photovoltaïque : Tenergie crée deux co-entreprises avec le Crédit agricole et des coops

Tenergie, développeur et producteur d’énergies renouvelables, a annoncé le 4 décembre la création de deux co-entreprises, l’une avec le Crédit agricole Loire Haute-Loire, les coopératives agricoles Sicarev et Eurea, l’autre avec le Crédit agricole Alpes Provence. Objectif : proposer «des solutions solaires clés en main et en tiers investissement aux agriculteurs, industriels, chefs d’entreprises», selon un communiqué. La première société, baptisée Loire Haute-Loire Energie, propose des centrales photovoltaïques sur bâtiments agricoles. Son offre consiste, soit à installer des panneaux sur toitures, soit à construire des bâtiments équipés en solaire. La deuxième société, Caapten, propose aux agriculteurs, industriels et entreprises des projets sans investissement de leur part. «En tant que tiers-investisseur, Caapten développera et exploitera les projets photovoltaïques sur le foncier des clients», selon le communiqué. «Ils disposeront en contrepartie d’une rémunération compensatrice (soulte, loyer…) ou du financement pour leur compte d’un projet de rénovation ou d’exploitation (construction d’un hangar, désamiantage…).» La co-entreprise ambitionne de produire l’équivalent de la consommation d’électricité verte d’une ville comme Aix-en-Provence d’ici à 2030.

Élections européennes: la présidente des bouchers de Paris dans la liste «Alliance rurale»

À six mois des élections européennes, le président de la FNC (chasseurs) Willy Schraen a dévoilé le 5 décembre les premiers candidats de sa liste «Alliance rurale» (dont il est tête de liste), rapporte l’AFP le même jour. Parmi les personnalités retenues, on retrouve Véronique Langlais, présidente du syndicat des bouchers de Paris, ou encore le président de la fédération des pêcheurs d'Ille-et-Vilaine Jérémy Grandière. Quant à Camille Hoteman (Reine d’Arles 2023-2025), Laurent Jaoul (maire de Saint-Brès, dans l’Hérault) et l'ancien rugbyman Louis Picamoles, ils intégreront le quinté de tête, assuré de siéger à Bruxelles en cas de score supérieur à 5% au scrutin de juin prochain. D’autres se contenteront d'une place symbolique, comme Robert Margé, chef de file des éleveurs de taureaux, précise l’AFP, reprise par France 24. Pas de trace en revanche du chef étoilé Pierre Gagnaire, qui avait pourtant annoncé la semaine dernière sa présence sur la liste. Willy Schraen a démenti les rumeurs d'un «stratagème politique imaginé au Château pour servir l'intérêt de l'Elysée». «Nous ne sommes pas les soldats occultes d'un parti politique», a-t-il insisté, jurant de «ne suivre que le bon sens paysan» contre «les normes qui nous étouffent tous».

Syndicalisme : en Congrès, la CR dénonce un «accaparement» des terres et des données

À l’occasion du 30ème congrès de la Coordination rurale (CR) le 5 décembre, sa présidente nationale Véronique Le Floch a dénoncé l’«accaparement» des terres, estimant que «l’on veut sortir les agriculteurs de leurs terres», préparant ainsi «la fin du droit de propriété». Selon Mme Le Floch, cet accaparement transparaît en premier lieu dans le projet de loi sur la Restauration de la nature, sur lequel Parlement européen et les États membres de l’UE sont parvenus à un accord en novembre. «Les auteurs de cette proposition de loi estiment que la restauration des tourbières, des marais, des forêts, des landes, des prairies dégagera un bénéfice de 1 860 Mrd € pour seulement 154 Mrd € de coûts au niveau européen», rapporte la présidente de la CR. Et de s’interroger sur la faisabilité d’une telle mesure «sachant que cela revient à près de cinq années de chiffre d’affaires agricole de l’Europe». Autre dispositif dénoncé, celui de la Stratégie Ecophyto 2030, qui «évoque le droit de préemption dans les zones de captage d’eau», selon la CR. Outre l’accaparement du foncier, la CR s’inquiète de l’accaparement des données qui s’avère «un danger imminent et achèvera notre asservissement si nous ne réagissons pas», prévient Mme Floch. La semaine passée, le syndicat agricole a d’ailleurs contesté dans sa contribution à la stratégie Ecophyto 2030 l’obligation du registre électronique pour les produits phytos à partir du 1er janvier 2026. 

Fruits et légumes : Delannoy et Sauvaitre en lice pour la présidence d'Interfel

Jean-Michel Delannoy (Felcoop) et Daniel Sauvaitre (ANPP) sont en lice pour l’élection à la présidence d’Interfel, à l’automne 2024. Le premier a confirmé sa candidature à Agra Presse, le second l’a indiqué sur son blog, le 5 décembre. Tous deux sont représentants du collège Amont de l’interprofession - la présidence d’Interfel revient alternativement aux représentants de l'amont et de l'aval. Le nouvel élu succédera à Laurent Grandin (anciennement Pomona) qui assurait la présidence de l’interprofession depuis novembre 2018. Président de Felcoop (coopératives fruits et légumes), Jean Michel Delannoy est producteur en Gaec (avec son fils aîné) à Boursies (Nord): atelier d’endives et production de légumes sur une exploitation céréales-betteraves. Il est aussi président de la coopérative Natur’Coop (anciennement France endives). Il assure la vice-présidence de l’AOPn Endives. Enfin, il est vice-président d’Interfel. Pomiculteur dans les Charentes, Daniel Sauvaitre est actuellement président de l’Association nationale des producteurs de pommes et de poires (ANPP) depuis sa création en 2009. Il assure aussi la vice-présidence de la Gefel (gouvernance économique des fruits et légumes) qui représente les organisateurs de producteurs et les AOP du secteur. Il est par ailleurs secrétaire général de l’interprofession. L’assemblée élective est prévue le 24 septembre 2024.

MSA : Anne-Laure Torrésin nommée nouvelle directrice générale de la caisse centrale

Le conseil d’administration de la caisse centrale de la MSA a annoncé la nomination de Anne-Laure Torrésin au poste de directrice générale, le 5 décembre par communiqué. Elle succède à François-Emmanuel Blanc qui fait valoir ses droits à la retraite et prendra son poste à partir du 1er avril 2024. Anne-Laure Torrésin officie en MSA depuis le début de sa carrière en 2002 et elle était depuis janvier 2020, directrice déléguée aux Opérations, en charge du pilotage du réseau MSA. À ce titre, elle a participé à la négociation de la COG 2021-2025. «Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, elle sera notamment chargée de finaliser puis lancer le projet stratégique MSA 2030 de veiller au bon déroulement des élections MSA 2025 et de négocier avec l’État la prochaine convention d'objectifs et de gestion 2026-2030», détaille Pascal Cormery, président de la CSMSA. Agée de 45 ans, Anne-Laure Torrésin est diplômée de l’Institut d’études politiques de Grenoble et ancienne élève de l’EN3S (École nationale supérieure de sécurité sociale).