Agrafil du 7 octobre 2025

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Lecornu sur la sellette, l'orientation des politiques agricoles dans le flou

À la surprise générale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis, le 6 octobre, la démission de son gouvernement à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée, avant de lui demander, plus tard dans la journée « de mener, d'ici à mercredi soir, d'ultimes négociations, afin de définir une plateforme d'action et de stabilité pour le pays ». Avant la démission de Sébastien Lecornu, Annie Genevard venait d'être reconduite dans ses fonctions de ministre de l'Agriculture, et Agnès Pannier-Runacher, de ministre de la Transition écologique. Ce scénario d'incertitude n'enchantera pas la FNSEA, qui espérait avoir un ministre de plein exercice dans les prochaines semaines pour négocier le budget de la Pac. Plusieurs chantiers sont désormais pendus à l'orientation du futur gouvernement. C'est le cas de la Pac, dont la négociation et l'application sont arbitrées par l'exécutif sans l'avis du Parlement. Il en est de même pour l'acétamipride, dont une éventuelle réautorisation ne peut passer, selon le député LR Julien Dive, que par un texte initié par le gouvernement (projet de loi). Certains plans ou schémas pluriannuels sont également attendus, dont l'orientation pourrait évoluer : la Snanc (nutrition climat), la PPE (énergie), la SNBC (bas carbone) ou encore les recommandations du CNRC (restauration collective). Avenir incertain aussi pour les exercices de concertation en cours ou à lancer : conférence de la souveraineté alimentaire, conférence de l'eau, synthèse des assises du sanitaire.

Bio : un large groupe transpartisan de députés appelle le gouvernement à agir

Une proposition de résolution transpartisane signée par 127 députés, et visant à soutenir le développement de l’agriculture biologique (AB), a été déposée à l’Assemblée nationale le 30 septembre. Emmenés par Pascal Lecamp (Les Démocrates, Vienne), Dominique Potier (socialiste, Meurthe-et-Moselle), Stéphane Travert (Renaissance, Manche), Julien Dive (droite, Aisne) et Benoît Biteau (écologiste, Charente-Maritime), les députés appellent le gouvernement à prendre plusieurs mesures pour « consolider » le secteur bio et « accompagner le redémarrage économique » observé cette année, après trois ans de difficultés. Les élus demandent d’augmenter le crédit d’impôt pour l’AB, actuellement fixé à 4 500 €, et de le prolonger « pour les trois prochaines années » après 2025. Ils demandent de « réintégrer » au budget 2026 les 5 M€ initialement promis pour financer la campagne de communication de soutien à la consommation. De même, ils demandent de « réintégrer » au prochain budget « les crédits initialement prévus (…) dans le cadre du fonds avenir bio », lequel permet de structurer les filières. En outre, les députés appellent à garantir la transparence des prix et des marges « à chaque maillon de la chaîne de valeur », et à « défendre » l’extension des outils de régulation et mécanismes de crise européens à la bio, dans le cadre de la révision de l’OCM.

Sahara occidental: accord UE/Maroc sur l’extension des préférences tarifaires agricoles

Comme attendu, la Commission européenne a officialisé, le 6 octobre, la conclusion d’un accord entre l’UE et le Maroc permettant d’étendre le traitement tarifaire préférentiel au Sahara occidental. Concrètement, les fruits et légumes du Sahara occidental feront dorénavant l’objet d’un étiquetage indiquant leur lieu de production (Dakhla et Laâyoune) et seront soumis aux contrôles des autorités douanières marocaines qui délivreront les certificats de conformité. Bruxelles précise que ces modifications s’appliquent de manière provisoire depuis le 3 octobre, « garantissant ainsi la continuité et la sécurité pour les opérateurs économiques ». La Cour de justice de l’UE avait en effet confirmé, le 4 octobre 2024, l’annulation de l’accord agricole en raison du non-respect du consentement du peuple du Sahara occidental, tout en maintenant les mesures de libéralisation pour une durée de 12 mois (jusqu’au 4 octobre 2025), le temps de trouver une solution. Le texte amendé doit à présent obtenir l’aval du Conseil de l’UE et du Parlement européen pour pouvoir s’appliquer définitivement. La commission parlementaire du Commerce international organisait justement, le 6 octobre, un premier échange de vues sur le sujet.

Colza/soja : l’Ukraine exempte des agriculteurs et coopératives d’une taxe sur les exports

Selon un article du média Ukrinform du 6 octobre, les autorités ukrainiennes ont adopté le 3 octobre un mécanisme exemptant agriculteurs et coopératives produisant leurs propres graines de soja et de colza d’une taxe de 10 % sur les exportations. La taxe reste maintenue si un intermédiaire se charge de l’export. Les demandeurs de l’exemption devront prouver l’origine de leur production auprès d'experts de la Chambre de commerce et d'industrie d'Ukraine (CCI) et de ses antennes régionales, demandes qui seront ensuite soumises aux autorités douanières. L’Ukraine constitue un important fournisseur de graine et d’huile de colza de l’UE. Le pays produisait 4,7 Mt de graine de colza et 5,2 Mt de soja en 2023-2024, des volumes passés à respectivement 3,2 Mt et 4,9 Mt en 2025-2026, d'après l’antenne du département états-unien de l’agriculture (USDA) basée à Kiev le 29 août dernier. La taxe de 10 % sur l’export de graines de colza et de soja, décidée durant l’été par les autorités ukrainiennes, avait poussé les agriculteurs locaux à réduire leurs exportations et à vendre aux triturateurs nationaux. Leurs capacités sont passées de 1,8 Mt en 2023-2024 à 2,5 Mt en 2025-2026 pour le soja, et de 1,05 Mt en 2023-2024 à 0,65 Mt en 2025-2026 pour le colza, d’après l’USDA.

Céréales : prix mondiaux en léger repli sur un mois, offre 2025 « confortable », selon la FAO

Le prix global des denrées alimentaires dans le monde a légèrement décliné en septembre, indique le 3 octobre l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a aussi revu à la hausse ses prévisions de production céréalière mondiale pour 2025. Les récoltes laissent entrevoir « des perspectives d’offre mondiale confortable » pour toutes les grandes céréales. L’annonce de l’organisation confirme les prévisions de divers organismes internationaux, à savoir l’USDA (ministère états-unien) et le CIC (Conseil international des céréales) ces dernières semaines. Les cours sur Euronext en blé et en maïs s’affichent sous les 200 €/t. La FAO a ainsi relevé sa prévision de production céréalière à 2.971 Mt, soit +0,3 % par rapport à ses précédentes projections. La production devrait être supérieure de 3,8 % à celle de l’an dernier. En particulier, considérant les bons rendements européens et une météo australienne favorable, la production de blé devrait revenir près de sa moyenne quinquennale (+1,3 % par rapport à l’an dernier). Les prévisions sur le maïs sont aussi relevées en Chine et aux États-Unis, où la surface cultivée a été étendue, promettant une récolte américaine jamais vue de 427 Mt. Globalement, l’indice FAO des prix alimentaires a reculé de 0,7 % sur un mois. L’indice du blé a reculé pour le troisième mois consécutif, en raison d’une demande atone et de bonnes récoltes.

Céréales/légumineuses : Limagrain investit 27 M€ sur le site d’Ennezat-Saint-Ignat

Dans un communiqué du 6 octobre, le groupe coopératif et semencier Limagrain – et plus précisément sa filiale Limagrain ingrédients – annonce un investissement de 27 M€ dans l’un de ses sites de production auvergnats. Le projet comprend la création d’une nouvelle ligne d’extrusion destinée à la production de protéines végétales texturées et de farines fonctionnelles, à partir de céréales et de légumineuses, pour un montant de 15 M€, sur le site d’Ennezat-Saint-Ignat (Puy-de-Dôme), auquel s’ajoute une extension du moulin à blé, pour 12 M€. L’État a de son côté fourni une aide de 1,46 M€ via France 2030 pour la nouvelle ligne de production, déjà fonctionnelle. Concernant cette dernière, les matières premières traitées sont le blé, la féverole, l’avoine, le pois, le tournesol et la lentille. L’objectif est de proposer des ingrédients contenant des taux de protéines d’au moins 50 % pour divers aliments de la grande consommation. « L’ambition est à terme de commercialiser jusqu’à 4 300 t/an de protéines végétales texturées », indique le groupe Limagrain. Sept emplois ont été créés pour ce projet. Du côté du moulin à blé, inauguré en septembre 2022, 23 silos de blé, quatre silos de farine et quatre silos de coproduits ont été créés.

Frites surgelées : un mouvement de grève ralentit la production de Clarebout

Selon le média belge RTBF, les salariés du fabricant belge de frites surgelées Clarebout ont initié un mouvement de grève le 2 octobre, toujours en cours le 6 octobre, dans l'ensemble des usines basées en Belgique et en France, ralentissant leur production. Dans le détail, ils jugent la prime proposée par la direction, de 500 euros, insuffisante au vu des efforts consentis pour développer l'entreprise. Les 500 euros distribués aux employés sont à mettre en perspective avec le rachat du groupe belge par l'américain Simplot durant l’été 2025. Une opération qui devrait être finalisée en fin d’année ; son montant précis est inconnu, mais se compterait en milliards d’euros, d’après les salariés. « Les travailleurs veulent une prime. Ils ont contribué à bâtir l'entreprise », s’est exprimé auprès du média Marie-Line Colin, une employée du syndicat FGTB Horval (syndicat belge classé à gauche). Le groupe Clarebout emploie environ 3 000 personnes, qui travaillent dans les sites de Dunkerque (France), Neuve-Église (Belgique-Flandre occidentale), Warneton (province de Hainaut, l’usine la plus importante) et Mouscron (Hainaut). Pour rappel, Clarebout était par ailleurs accusé début 2025 par les producteurs français de pommes de terre de revenir unilatéralement sur ses engagements d’achats.

Néonicotinoïdes : des scientifiques proposent deux mécanismes pour en sortir (presse)

Dans un article paru dans le média The Conversation du 5 octobre, des scientifiques de diverses institutions (Inrae, Acta, Anses, etc.) ont présenté deux mécanismes pour aider les agriculteurs à se passer des néonicotinoïdes. Le premier concerne la mise en place d’un mécanisme assurantiel afin de « permettre aux agriculteurs de faire face aux années de forte infestation ». Les auteurs rappellent que le PNRI-C (Plan national de recherche à innovation consolidé) « a démontré sa faisabilité, et ce d’autant plus que cette situation (dégâts massifs de la jaunisse virale, NDLR) n’a été observée qu’en 2020 ». L’autre mécanisme est la répartition du coût sur l’ensemble de la chaîne, allant du producteur au consommateur, « dans l’esprit des lois Egalim 1 et 2 ». Les scientifiques présentent une liste de solutions alternatives, mais sont conscients de leurs limites. Raison pour laquelle « les agriculteurs ne peuvent pas être les seuls à supporter le surcoût et le risque associés », indiquent-ils. La CGB (betteraviers, FNSEA) s’était montrée critique envers le PNRI-C, indiquant que ses travaux « n’ont pas encore permis de mettre au point des alternatives efficaces aux néonicotinoïdes ». Ce qu’admettent les scientifiques, expliquant dans l’article que le plan « n’a pas totalement atteint son objectif de déployer, dès 2024, des solutions opérationnelles ».

Biodiversité/ORE : les recommandations de l’IGEDD pour développer le dispositif

Dans son rapport sur l’efficacité et l’attractivité de l’obligation réelle environnementale (ORE) publié en septembre, l’IGEDD (ministère de la Transition écologique) estime qu’il faut « renforcer le portage politique » du dispositif et « inviter les collectivités à s’en emparer ». Les inspecteurs préconisent de nouer « un partenariat étroit » avec le Conseil supérieur du notariat pour « systématiser et standardiser autant que possible » l’élaboration des contrats d’ORE. Concernant la création d’une aide économique pour les ORE patrimoniales (ou de préservation volontaire, NDLR) l’IGEDD estime qu’« aucun gain économique direct au profit du propriétaire ne peut être aisément systématisé », et donc qu’il est « plus réaliste » d’adosser les ORE aux dispositifs existants, comme les paiements pour services environnementaux (PSE) et les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). Concernant l’incitation fiscale souhaitée par nombre d’observateurs, l’IGEDD, écarte l’idée de créer un dispositif dédié aux ORE, car ce serait « source d’une grande complexité de mise en place ». En revanche, les inspecteurs proposent de mieux mobiliser les outils existants, notamment en créant une « compensation » pour les collectivités qui accordent une exonération de taxe foncière de propriété non bâtie (TFPNB). [Lire notre enquête sur les ORE]

Bovins/DNC : vaccination décidée dans les P.O. après le cas en Espagne (professionnels)

Alors qu’une zone réglementée a été mise en place dans les Pyrénées-Orientales pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) après un cas en Espagne, les bovins s’y trouvant vont être vaccinés, a appris Agra Presse le 6 octobre auprès de GDS France (groupements de défense sanitaire). Quelque 3 000 animaux sont concernés, a indiqué la directrice de l’organisation Kristel Gache après une réunion à la préfecture en début d'après-midi. Selon un communiqué du ministère de l’Agriculture du 4 octobre, « la France dispose d’un stock suffisant de doses vaccinales pour une campagne de vaccination supplémentaire ». Un foyer de DNC a été confirmé samedi 4 octobre dans un élevage de veaux en Espagne, à Castello d’Empuries (Catalogne). « Ce foyer en Espagne conduit à la mise en place d’une zone de surveillance dans le département des Pyrénées-Orientales concernant 75 communes », même sans nouveau cas en France, indique le ministère. Depuis l’arrivée de la DNC fin juin, l’Hexagone a dénombré 79 foyers ; le dernier remonte au 18 septembre, à Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône), à l’ouest de Lyon. La zone réglementée de ce cas est toujours en vigueur, alors que celle située dans les Savoies et l’Ain vient d’être levée.

Volailles : Bruxelles publie les nouvelles normes de commercialisation

Après plus de deux ans de discussions, la Commission européenne a publié le 6 octobre un règlement délégué, soumis à l’approbation des colégislateurs, mettant à jour les normes de commercialisation pour la viande de volaille et le foie gras. Contrairement à ce qui avait pu être envisagé, ce texte ne prévoit pas la création de nouvelles mentions valorisantes. Les cinq mentions existantes en volailles de chair sont maintenues : « élevé à l’intérieur – système extensif », « sortant à l’extérieur », « fermier – élevé en plein air », «fermier – élevé en liberté » et la dernière liée à l’alimentation (« alimenté avec… % de … »). Le texte ouvre néanmoins la porte à l’utilisation par les États membres « de termes autres » qui devront être notifiés à la Commission européenne en amont. En cas de restriction (y compris vétérinaire) visant à protéger la santé animale ayant pour effet de restreindre l’accès des volailles au libre parcours, les volailles élevées selon ces modes de production pourront continuer à être commercialisées pendant la durée de la restriction. Enfin, il a été décidé, malgré les demandes de certaines parties prenantes, de ne pas relever les teneurs maximales en eau dans la viande de volaille et de ne pas modifier la norme de commercialisation sur le foie gras.

Vaccin contre l'influenza aviaire : une délégation hongroise en France pour un « retour d'expérience »

Deux délégations hongroises viendront s’informer en France dans la quinzaine sur la vaccination des canards contre l’influenza aviaire, apprend-on auprès du Cifog (interprofession du foie gras). Les autorités sanitaires hongroises rencontreront cette semaine la DGAL (ministère de l’Agriculture) et une seconde délégation professionnelle sera accueillie la semaine suivante, indique Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog. La responsable précise que cette seconde délégation sera composée de représentants professionnels du secteur de production de canards et d’oies, ainsi que d’un vétérinaire officiel. À sa connaissance, c’est la première visite d’observation de la vaccination contre l’influenza aviaire en France par des responsables hongrois. Ils viennent « pour bénéficier de notre retour d’expérience sur la vaccination IAHP, étant lourdement touchés par l’influenza aviaire depuis plusieurs années. Ils s’intéressent de près à la vaccination », considère-t-elle. La vaccination des canards a commencé début octobre dans l’Hexagone, sans soutien public, en vue de protéger l’ensemble de l’aviculture du fléau de l’influenza aviaire.

Abattoirs/porcs : une procédure contradictoire s’engage pour l’outil de Saint-Céré (Lot)

L’abattoir multi-espèces de Saint-Céré, partiellement suspendu fin septembre, dispose d’un délai de dix jours pour initier une procédure contradictoire à la suppression d’agrément engagée pour l’abattage de porcs, informent les présidents FDSEA et JA du Lot dans un communiqué le 6 octobre, faisant suite à une rencontre en fin de matinée avec la préfète du Lot. « Un travail est engagé », soulignent auprès d’Agra Presse les syndicats majoritaires, qui demandent un délai supplémentaire de vingt jours. Une réunion doit se tenir ce mardi avec l’ensemble des parties prenantes. « Les grands abatteurs du territoire ont été sollicités pour apporter leur expertise technique aux propositions en cours », précise le communiqué. Craignant une fermeture de l’outil, les quatre syndicats agricoles (FDSEA, JA, Coordination rurale, Confédération paysanne) avaient mobilisé les éleveurs de porcs, de bovins et d’ovins devant la préfecture de Cahors. « Il y avait du monde et des tracteurs, des éleveurs du Lot et aussi de Corrèze et du Cantal », précise la CR du Lot à Agra Presse. La préfecture du Lot avait enjoint par notification du 27 septembre l’abattoir de suspendre son activité porcine après que la Force d’intervention nationale des abattoirs (Fina) avait relevé des non-conformités.

Produits laitiers : C’est qui le patron ?! lance une raclette « solidaire »

La coopérative C’est qui le patron ?! (CQLP) organise le 9 octobre à la laiterie d’Entrammes (Mayenne) le lancement de son dernier produit, une raclette. Le fromage biologique (logo AB) confectionné par la laiterie à partir de lait cru, est estampillé Spécialité traditionnelle garantie (STG) lait de foin. Les vaches sont nourries essentiellement d'herbe fraîche et de légumineuses en été et de foin en hiver, sans aliments fermentés ni OGM. Les producteurs sont rémunérés 590 €/1 000 l. Ce fromage permet « de sauver 32 familles d’éleveurs et 22 emplois de la fromagerie », explique Nicolas Chabanne, président de CQLP, qui ne dévoile pas d’objectif chiffrés pour ce nouveau produit dont les ventes sont saisonnières. Carrefour et Franprix sont les deux premières enseignes à avoir référencé le produit. Après l’emmental, la raclette est le dernier né des produits laitiers lancés cette année par CQLP. La coopérative, dont les ventes en magasins ont atteint 127 M€ en 2024 (+10,6 % par rapport à 2023), réalise « environ 80 % de son activité avec les produits laitiers », selon son président. 71,5 Ml de lait ont été vendus en 2024 sous la marque CQLP.

Pruneaux d’Agen : deuxième mauvaise récolte d'affilée, stocks « à un niveau bas »

Pour la deuxième année consécutive, la production de pruneaux d'Agen devrait être « modeste en volume », rapporte le Bureau national interprofessionnel du pruneau (Bip) dans un communiqué le 6 octobre. La production est attendue « significativement inférieure » à celle de 2024, qui s'élevait à 30 500 t, alors que le moyenne 2010-2020 se situe autour de 40 000 t. Comme l'an passé, les orages violents ont touché l'aire de production dans le Sud-Ouest, auxquels ils faut ajouter cette année deux épisodes de canicule « dont un au début du mois d’août qui a coïncidé avec le début de la récolte des prunes d’Ente et a fortement impacté les fruits et les vergers ». Sur cinq ans, la filière compte quatre mauvaises récoltes (épisodes de gel tardif en 2021 et 2022), qui ont affecté les volumes de stocks des entreprises, qui atteignent « un niveau bas », avertit le Bip. La filière peut tout de même se réjouir d'une belle qualité de production cette année : le poids moyen des fruits reste dans la moyenne des années 2015-2024, « présageant un calibre moyen des pruneaux élevé et dans les standards de la filière » ; et le taux de sucres moyen des prunes d’Ente est de 6 points supérieur à la période 2015-2024.

Vin : les ventes de bourgogne résistent en GMS grâce aux marques à des prix modérés

Les ventes de vins de Bourgogne restent « bien orientées » dans la grande distribution française, a indiqué le 6 octobre le BIVB (interprofession), affichant +0,7 % en volume et +0,4 % en chiffre d’affaires sur les huit premiers mois de l’année. « Dans un contexte général de ralentissement, notamment sur les segments d’entrée de gamme, les vins de Bourgogne parviennent à maintenir une légère croissance portée par les catégories sociales plus aisées, dont le pouvoir d’achat progresse légèrement », selon le communiqué. Leur dynamique vient des marques amont (46 % des achats en volume), à +3,2 % en volume, +1,9 % en valeur, ainsi que des MDD (39 % des achats), à +2 % en volume, +2,6 % en valeur. Elle est nourrie par une pression sur les tarifs. Le BIVB note en effet que la plupart des gains en volume sont réalisés « en dessous du prix moyen d’achat des vins de Bourgogne ». Autrement dit, la progression des ventes est liée en grande partie (75 % pour les marques amont et 72 % pour les marques de distributeurs) à des prix modérés. L’AOC bourgogne blanc (34 % en MDD) affiche un gain de 128 000 bouteilles (+7,4 %), l’AOC petit chablis (35 % en MDD) une hausse de 142 000 bouteilles (+14,8 %) sur la période.

Restauration/alimentation durable : Sodexo soutient Eat, Newrest le Giverny

Le géant mondial de la restauration collective Sodexo s’est illustré en partenaire de Eat lors du forum de l’organisation mondiale pour la transformation alimentaire, à Stockholm les 3 et 4 octobre. En vertu d’un « partenariat exclusif » avec Eat annoncé la veille du forum, le groupe a préparé les repas de l’événement. Par la suite, il développera des concepts de restauration inspirés du rapport EAT-Lancet 2.0, qui plaide pour une alimentation très peu carnée. La p.-d.g. Sophie Bellon a notamment présenté au Forum le cas d’un client d’envergure ayant réduit son empreinte carbone de 1,5 kg CO₂e à 0,6 kg CO₂e par assiette en l’espace de quatre ans. De son côté, Newrest, acteur international de la restauration hors foyer, notamment en vol, a annoncé par communiqué le 6 octobre qu’il soutient financièrement le prochain forum Giverny pour l’alimentation durable (le 8 octobre à Paris). Organisé par le Cercle de Giverny avec Mondelēz, Pact'Alim ou encore le SNRC (restauration collective), cCet évènement regroupera des décideurs publics, dirigeants d’entreprises, experts, ONG et acteurs institutionnels pour échanger sur la construction d’« un modèle alimentaire plus équitable, durable et capable de s’adapter aux chocs climatiques, sanitaires et économiques ».