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Clément Ray (Innovafeed) : « Notre site de Nesle devient le plus grand site de production d’insectes au monde »

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Clément Ray, PDG et cofondateur d'Innovafeed. Crédits : © Innovafeed/Mahana Prod

Innovafeed, l’un des pionniers et des plus importants éleveurs et transformateurs d’insectes dans le monde, vient d’annoncer une nouvelle extension de son site phare de Nesle, dans la Somme. Quintuplant ainsi sa production de larves, la jeune société estime prouver la viabilité de sa technologie d’élevage des insectes et sa capacité à reproduire son modèle de production par modules industriels. A cette occasion, son PDG et cofondateur Clément Ray prend la parole pour évoquer cette nouvelle étape importante et donne son avis sur l’avenir de cette filière naissante et encore fragile.

L’annonce a été faite le 15 juillet 2024 : Innovafeed finalise la troisième phase d’expansion de son site de production à Nesle (Somme), portant la surface totale du site à 55 000m². Cela représente une multiplication par cinq de la capacité de production larvaire et « améliore les conditions d’élevage grâce à une gestion automatisée et optimisée des flux de production », indique la société.

Avec cette très grande usine, Innovafeed estime être en mesure de passer une nouvelle étape vers la production à grande échelle, qui est l’un des enjeux principaux de cette production. Elle démontre « la viabilité de la technologie de rupture d’Innovafeed mais aussi sa capacité à évoluer vers une production à grande échelle, rentable et durable. » Les deux premières phases ont permis de stabiliser la technologie, tandis que cette troisième phase – qualifiée de « démonstration à échelle industrielle » - doit permettre d’atteindre la rentabilité, attendue sans aucun doute par les investisseurs d’Innovafeed, parmi lesquels Cargill et ADM. 

A quel stade en est le site de Nesle ?

Nous annonçons la finalisation de la troisième phase d’expansion du site de production à Nesle. Cette nouvelle extension porte ainsi la surface totale au plancher à 55 000m² et fait de notre site le plus grand site de production d’insectes au monde. Cela va nous permettre de porter le site à pleine capacité d'ici 18 à 24 mois. Chaque phase de déploiement du site permet d'obtenir le retour d'expérience suffisant pour entamer la phase suivante, sachant que les phases 1 et 2 ont permis d'obtenir une technologie stable et les rendements cibles.

Lire aussi : Antoine Hubert (Ynsect) : « Il faut s’attendre à des consolidations dans l’élevage d’insectes »

Quelles sont les prochaines étapes ?

D'ici 18 à 24 mois, le site parvenu à son rythme de croisière, sera capable de produire, à l'année, 10 à 15 000 tonnes de protéines. Les déjections d'insectes sont, quant à elles, le premier produit que l'on obtient lors d'un cycle de production ; elles sont destinées aux fabricants d'engrais organiques. Selon nos prévisions, le site devrait délivrer un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros par an.

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Quels marchés Innovafeed cible-t-il ?

Innovafeed a identifié les marchés du petfood et de l'aquaculture comme prioritaires. L'aquaculture est un marché mondial de 70 MT. Cela représente donc un potentiel immense pour nous, compte tenu des capacités de production actuelles et à venir. 

Pour l'aquaculture, la protéine d'insecte est compétitive par rapport à la farine de poisson, mais ce n'est pas le cas pour l'alimentation des volailles par exemple. En revanche, l'huile d'insecte que nous produisons a un débouché identifié pour les volailles et les porcs.

Lire aussi : Innovafeed compte déployer le modèle du site de Nesle en France et à l’international

Comment voyez-vous l'avenir de la filière de l'insecte ?

Le secteur a beaucoup de potentiel, mais il faut garder à l'esprit que le démarrage de ce type d'activité demande des capitaux importants et une capacité à maîtriser la production à grande échelle. La croissance, la reproduction et la connexion entre toutes les étapes de production est complexe à maîtriser, mais dans notre cas, nous sommes parvenus à franchir ces étapes, ce qui nous permet désormais de dupliquer notre modèle industriel aux Etats-Unis.