« Le secteur des terres doit rester en dehors du marché carbone au risque que les champs deviennent des actifs financiers », alerte Myrto Tilianaki, chargée de plaidoyer au sein de CCFD Terre solidaire à l’occasion d’une conférence de presse le 6 octobre. Le CCFD portera cette demande à la Cop26 de Glasgow en novembre prochain, qui pourrait aboutir à l’instauration d’un système mondial de compensation entre Etats. Or pour l’heure, sur le marché volontaire, la compensation carbone demeure « un leurre » selon le CCFD, qui déplore les effets sur les populations et la biodiversité des projets d’agroforesterie de Nespresso, Air France et TotalEnergies. L’association préférerait aux crédits carbone un système « non-marchand », tel que celui défendu par la Bolivie depuis 2010. Une idée « risquée », selon Claudine Foucherot, directrice du programme Agriculture et forêt au sein chez I4CE, qui estime que « le concept laisse un flou dangereux, alors que la décarbonation dans le secteur agricole et forestier a besoin de ces financements ». Le CCFD écorne également dans son rapport le label bas-carbone français, réservé selon l’organisation « aux gros producteurs ». Un reproche adressé en particulier à la méthode bovin, rappelle I4CE, qui plaide de son côté « pour que la méthode en élevage passe de l’intensité en produit à l’intensité par hectare ».
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