Avec les négociations en cours sur la révision de la directive Énergies renouvelables, la mélasse pourrait devenir une source très intéressante pour la production de bioéthanol. Une perspective qui inquiète le secteur européen des fabricants de levure (Cofalec), pour qui la mélasse est une matière première essentielle et dont les prix ont déjà doublé depuis le début de l'année. Dans sa position adoptée mi-septembre, le Parlement européen estime que tous les sous-produits doivent bénéficier d’un taux d’émissions carbone de zéro, sans faire de différence entre les résidus, qu’ils soient utilisables en alimentation ou pas. Alors que dans sa proposition initiale, reprise par le Conseil de l’UE, la Commission européenne précise que les émissions des résidus utilisés pour l’alimentation humaine et animale seront ramenées à leur substitut le plus proche. Dans le cas de la mélasse, ce substitut est l’éthanol à base de sucre, contribuant à une réduction de 79% des émissions par rapport au combustible fossile. «Et le Parlement a fait sauter cette toute petite protection», déplore Diane Doré, secrétaire générale de la Cofalec. Elle espère que «cette phrase qui protège un peu» son secteur pourra être maintenue à l’issue des négociations en trilogue qui viennent de débuter entre les institutions européennes, sans quoi la grave tension qui existe déjà sur l’approvisionnement en mélasse serait exacerbée.
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