Abonné

Lobbying: l’agroalimentaire moins transparent que la santé (chercheur)

- - 2 min

«Il n’existe pas aujourd’hui de transparence d’ensemble sur les activités d’influence dans l’agroalimentaire comme il en existe dans le cas du médicament», regrette Daniel Benamouzig, directeur de recherche au CNRS et auteur de l’ouvrage «Des lobbies au menu», à l’occasion d’un colloque organisé à Sciences Po le 23 juin. À la suite de l’affaire du Mediator, rappelle-t-il, le législateur français s’était inspiré du Physician payments Sunshine act américain pour créer en 2011 la base de données Transparence-santé. Cet outil recense aujourd’hui toutes «les conventions, les rémunérations et les avantages entre industriels et acteurs dans le domaine de la santé». Les données sont disponibles avec un degré de détail bien plus important que dans la base de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, avec la date et le montant exact des échanges, pour l’ensemble des acteurs au-delà des seuls politiques. Car l’activité d’influence, rappelle Daniel Benamouzig, «comprend plusieurs types d’activités», non seulement les relations avec les décideurs publics, mais également les liens avec les chercheurs, ou même l’organisation d’événements grand public. Un champ «très structuré» dans le domaine agroalimentaire, que le chercheur a analysé «à la demande de plusieurs acteurs publics, dont le ministère de la Santé et d’autres agences».