Invité au Salon de l'agriculture le 2 mars par les ONG de la plateforme Pour une autre Pac, le professeur d'économie à AgroParisTech, et chercheur associé au Cepii spécialiste des politiques agricoles, Jean-Christophe Bureau estime que la Pac n'est «plus défendable du tout» et devient même «contraire aux traités européens», en ce qu'elle n'apporte plus de «valeur ajoutée» par rapport à ce que pourraient être des politiques nationales. Si la Pac a perdu sa vocation première de soutien à la production en prenant le virage des aides découplées, elle n'a, selon lui, pas réussi à assurer d'autres rôles. Ni social, «car les aides ne seraient pas aussi concentrées», ni environnemental, compte tenu des résultats en la matière. De plus, ajoute-t-il, la Pac «est décentralisée, et à l'avenir, chaque État membre définira ses objectifs, et je doute que la Commission puisse vraiment s'y opposer». Le chercheur cite deux freins à d'éventuels changements: «Nous ne pouvons pas en changer à cause d'une dépendance des revenus». Mais aussi à cause du «système de décision européen», qui ne permettrait pas de prendre de virages radicaux, à l'image de ceux opérés par exemple par la Nouvelle-Zélande ou le Canada.
Abonné
Plus d’articles sur ce thème
La pomme française, à la peine sur tous les fronts
Longtemps premier fruit consommé en France, la pomme perd du terrain sur tous les fronts. Entre 2010 et 2025, les…
Influenza aviaire : le niveau de risque abaissé et les éleveurs soulagés
La vague d’influenza aviaire semble passée et le niveau de risque a été abaissé à « modéré ». Place aux ultimes…
Porc : Cirhyo prend ses marques au Marché de Plérin
Depuis son communiqué du 16 avril annonçant la présentation d’un premier lot de Cirhyo au Marché du porc…