«La France continue d’exporter massivement des pesticides dangereux dont elle ne veut plus dans ses champs», dénoncent l’ONG suisse Public Eye et Greenpeace, dans un rapport révélé le 30 novembre par Le Monde et consulté par l’AFP. Pendant les neuf premiers mois de l’année 2022, «les autorités françaises ont approuvé 155 demandes d’exportation pour des pesticides interdits en France et dans toute l’Union européenne», représentant «7475 tonnes de substances et produits phytosanitaires interdits», avec le Brésil pour première destination. La picoxystrobine, interdite en 2017, représente «près de 40% de ce volume», affirment les ONG, qui se basent sur des données «obtenues en vertu du droit d’accès à l’information». De nombreuses exportations de molécules de la famille des néonicotinoïdes ont également été autorisées, affirme le rapport, et ce malgré l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2022, de la partie concernant les pesticides dans la loi Alimentation (Egalim). Mais comme l’expliquent les ONG, l’interdiction, prévue par la loi Egalim, de l’exportation de pesticides contenant des substances interdites ne s’applique pas aux substances actives elles-mêmes. La réglementation prévoit que l’exportation ne sera interdite «qu’à partir d’une date fixée par arrêté conjoint des ministres de l’Agriculture et de l’environnement» mais «aucun arrêté de ce type n’a encore été pris à ce jour», selon le rapport. Les nouvelles règles ont toutefois fait baisser «considérablement» les exportations de pesticides interdits depuis la France, ajoutent les ONG, comparativement aux 28479 tonnes pour l’année 2021.
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