Dans une tribune publiée le 21 décembre par le quotidien Le Monde, les huit rédacteurs d'un récent rapport sur la crédibilité de l'expertise du conseil scientifique de l'Anses alertent les pouvoirs publics sur la méthodologie de fixation des valeurs toxicologiques de référence (VTR), que l'agence vient récemment d'abaisser pour les pesticides SDHI, à la suite d'un rapport complémentaire commandé après une alerte de biologistes de l'Inserm et du CNRS. Pour ces experts, la méthodologie d'élaboration des VTR, vers laquelle l'Anses renvoie les deux experts qui avaient émis un avis divergent dans le rapport complémentaire de l'Anses, s'appuie sur une cinquantaine d'articles, dont «la moitié est liée à l'industrie ou à des entreprises de conseil sur l'évaluation des risques ou de tests toxicologiques, par leurs auteurs ou leurs financements». Les huit signataires regrettent en outre que le guide méthodologique d'élaboration des VTR cite ces études «sans les pondérer selon les liens d'intérêt». Or, «la science académique a montré clairement que le financement ou l'autorat des articles ont une influence sur les résultats». En février, l'association Pollinis a déposé un recours auprès du tribunal de l’Union européenne contre la prolongation de mise sur le marché accordée à un SDHI, le boscalid.
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