«Le gouvernement vient de refuser la demande à l’Europe d’une renégociation sur le process de production de certains cahiers des charges bio français», en l’occurrence le saucisson sec traditionnel, a déploré le président de la FNP (producteurs de porcs, FNSEA), François Valy, le 16 juin. Prise en application du règlement bio européen, cette décision abaisserait à 80 mg/kg la teneur maximale en nitrites et nitrates dans les saucissons secs traditionnels bio, contre 200 mg/kg actuellement dans le Code des usages français. Face à un casse-tête jugé trop difficile pour les fabricants, «de fait, [ces charcuteries] disparaîtront», prédit M. Valy. «Ce peut être le coup de grâce pour les éleveurs de porcs bio français, qui perdent encore un débouché et voient encore l’équilibre carcasse du porc fragilisé», craint cet éleveur du Morbihan. Dans un contexte d’effondrement de la consommation en bio, «les faillites d’élevages de porcs bio se multiplient et la filière salaisonnière bio française est malmenée», rappelle M. Valy. Selon la FNP, il y a 30 % de porc bio en trop sur le marché. Alors que le gouvernement a annoncé en mai un deuxième volet d’aide d’urgence de 60 M€ pour la bio, l’association spécialisée de la FNSEA chiffre les besoins du secteur porcin à 15 M€.
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