En avril, le riz vendu dans les commerces nippons était deux fois plus cher qu'un an auparavant, envolée que le gouvernement d'enrayer en débloquant les réserves stratégiques du pays. Ce renchérissement depuis près d'un an a des origines multiples. La récolte 2023 avait été pénalisée par des chaleurs records, réduisant drastiquement l'offre. La demande de riz était gonflée par le renchérissement des aliments importés, ainsi que par une vague d'achats paniques déclenchés en août 2024 par un avertissement au « méga-séisme » et par l'afflux record de touristes. Surtout, des négociants stockaient du riz pour muscler leurs profits à terme, selon les experts. Mais des explications structurelles sont également avancées. La production nationale n'a cessé de décroître ces dernières décennies : l'an dernier, la surface consacrée à la riziculture est tombée sous 1,4 Mha, contre 3,3 Mha en 1960. Un déclin dû au vieillissement démographique des cultivateurs et à la difficulté de trouver des repreneurs. Par ailleurs, une politique gouvernementale en vigueur depuis 1971 oblige les agriculteurs à réduire la sole consacrée au riz, au profit notamment d'autres céréales. La mesure, censée maintenir stables les prix du riz, a contribué à réduire les marges de manœuvre en cas de tensions sur l'offre.
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