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Alexandre Guilluy (Les Alchimistes) : « Notre levée de dette participative renforce notre engagement pour la régénération des sols »

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Alexandre Guilluy, PDG des Alchimistes. Crédits : © Les Alchimistes

Spécialistes de la collecte des déchets alimentaires et de leur transformation en compost pour l’agriculture, Les Alchimistes viennent de boucler une levée de dette de 1,4 M€ sur la plateforme Miimosa. Cette opération de financement, qui fait suite à une levée de fonds de 10 M€ en 2023, va permettre de renforcer le réseau de collecte mis en place et s’approcher de la rentabilité que la société compte atteindre prochainement. A cette occasion, Alexandre Guilluy, président des Alchimistes, revient sur le concept original des Alchimistes, son mode de développement en France et ses projets.

Pourquoi avoir choisi le financement participatif sur Miimosa pour votre dernière levée de dette ?

Nous venons de finaliser notre levée de dette fin juillet sur Miimosa pour un montant de 1,4 million d’euros. Nous avons déjà eu recours au financement participatif par le passé, mais c’est la première fois que nous le faisons pour une dette. Miimosa s’est montré très réactif, et surtout complètement aligné sur nos valeurs.

Ce mode de financement nous plait car c’est une façon d’associer le plus d’investisseurs individuels à notre démarche, soit 580 au total. Nous voulons ainsi convaincre qu’il est essentiel de recycler les déchets alimentaires pour qu’ils deviennent du compost utile à l’agriculture. Parmi nos objectifs, nous avons ainsi pour ambition de sensibiliser 7 millions de Français d’ici 2027. En bref, cette levée de dette participative renforce notre engagement pour la régénération des sols. 

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Comment allez-vous utiliser le capital collecté en 2023, soit 10 millions d’euros, et les 1,4 million d’euros de dette ?

La levée de fonds en capital réalisée en 2023 et pilotée par Amundi, a permis de mobiliser des investisseurs historiques, des family offices et des business angels pour renforcer notre réseau et lui permettre de monter en puissance. Nous nous sommes beaucoup développés en France depuis ces dernières années, en étant implantés désormais dans 22 métropoles. Il faut faire grandir ces implantations et leur permettre de collecter et traiter de plus en plus de déchets. Notre activité est assez capitalistique car il faut se doter d’équipements de stockage et de transformation. Quant à la logistique, notamment l’achat de camions, et au BFR, ils vont être financés grâce à la dette.

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Comment êtes-vous parvenus à vous installer dans 22 métropoles françaises en l’espace de quelques années ?

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Nous sommes présents en direct dans 4 métropoles, Paris, Lyon, Marseille et Nantes, et par l’intermédiaire de franchises participatives dans les autres villes, c’est-à-dire sous forme de sociétés indépendantes qui opèrent sous notre enseigne, dont nous pouvons détenir une part minoritaire du capital. La dernière intégration a ainsi été réalisée en 2023 avec la société Bin Happy, au Havre.

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Comment voyez-vous le développement de votre réseau à l’avenir ?

Notre secteur est en cours de concentration dans un contexte où se côtoient de grands opérateurs du traitement des déchets, dont la collecte et la valorisation des déchets alimentaires n’est pas forcément la priorité, et de petits acteurs locaux qui parfois peuvent rencontrer des difficultés et veulent s’adosser à un réseau comme le nôtre. Pour eux, c’est une façon de se professionnaliser et pour nous, c’est l’occasion de partager notre concept et notre savoir-faire et de s’étendre dans un plus grand nombre de villes.

La Loi Agec exige que les professionnels de l’alimentaire trient et valorisent leurs déchets organiques en s’appuyant sur des acteurs comme nous, qu’ils rémunèrent pour enlever leurs déchets. La demande est donc soutenue. C’est pourquoi nous devons nous concentrer en 2024 et en 2025, sur les villes où nous sommes déjà présents, avant d’envisager de nous installer dans d’autres métropoles. Cette phase pourra se faire en accueillant des collecteurs de plus petite taille et pourra être éventuellement financée grâce à la levée de fonds en capital réalisée en 2023.

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Quand comptez-vous atteindre la rentabilité ?

Nous nous concentrons aujourd’hui sur notre objectif consistant à atteindre la rentabilité. Certains sites devraient être rentables fin 2024 ou courant 2025, mais à l’échelle des Alchimistes dans leur ensemble, nous espérons un premier exercice bénéficiaire en 2025. Nous ne communiquons pas de chiffre d’affaires à ce stade, provenant essentiellement de l’enlèvement des déchets des professionnels, mais nous pouvons indiquer qu’à l’heure actuelle, nous traitons 20 000 tonnes de déchets à l’année, un chiffre en forte croissance, en nous appuyant sur nos 250 salariés.