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Fénix Évolution vient de lancer une campagne de financement sur Tudigo

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Pour diminuer le gaspillage, les fruits non standards seront valorisés par Fénix Evolution. Crédits : © Jasmine Lin/Pixabay

La start-up qui valorise les fruits déclassés en ingrédients pour l’alimentaire et la cosmétique Fénix Évolution est sur le point de boucler une importante levée de fonds.

C’est lors de ses premiers pas dans l’industrie en 2016 que Samuel Marc a vu l’ampleur du problème des fruits déclassés, non conformes aux standards et encore peu valorisés. En 2020, il cofonde donc Fénix Évolution avec Martine Meurens, l'actuelle directrice générale, avec l'idée que réutiliser les fruits déclassés pour produire toute une gamme d’ingrédients destinée aux professionnels de l’agroalimentaire, de la nutraceutique et de la cosmétique, contribue à réduire le gaspillage et à la souveraineté alimentaire. 

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Après une première levée de fonds de 500 000 euros bouclée en 2023, la start-up vauclusienne vient de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Tudigo, ouverte au moins jusqu'à la mi-juillet, voire jusqu'à la fin du mois. Fénix espère réunir entre 400 000 et 1,5 M€. Cette opération n’est qu’une petite partie d’un tour de table plus important. En effet, Fénix a déjà sécurisé plus de 13 M€ auprès de BPIFrance, la Banque des territoires, un Family office, de fonds institutionnels et de banques sous la forme de subventions, equity et prêts bancaires. La campagne sur Tudigo pourrait ainsi permettre à la start-up de dépasser 14 M€ de financement.  

Ouverture prévue en 2026 

Ces capitaux lui permettront de lancer son activité sur son site de 12 000 m² à Gargas, dans le Vaucluse. Le tour de table va servir à « financer la réfection du bâtiment, l’achat et l’installation des machines et le lancement de l’activité », explique Samuel Marc, qui prévoit une entrée en service de cet outil d’ici 15 mois. Sa ligne de production hybride unique lui permettra de traiter à la fois les fruits frais et les fruits secs. 

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Dès le lancement de la production, la gamme de Fénix Evolution inclura un vaste éventail d’ingrédients dérivés des fruits tels que jus, concentrés, arômes et sucres de fruits. Extraits selon des méthodes mécaniques assez classiques, selon Samuel Marc, ces ingrédients issus de fruits déclassés assureront un débouché supplémentaire aux producteurs de fruits de la région du Rhône et de la Provence. « Notre offre varie en fonction des saisons et des campagnes agricoles, pour s’adapter à la matière première », souligne le président de Fénix. À terme, il vise une production annuelle « de 13 000 à 15 000 tonnes d’ingrédients ». La production d’autres ingrédients à haute valeur ajoutée comme le polyphénol, un antioxydant utilisé dans la nutraceutique, la cosmétique et l’alimentaire, sera elle externalisée à un prestataire spécialisé.

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Fidèle à son modèle économique zéro déchet, Fénix utilisera les déchets de la production de ses ingrédients pour produire des biofertilisants, via la biofermentation pour produire des engrais. Pour l’instant limitée à une centaine de tonnes annuelles, la production de fertilisants va elle aussi passer à l’échelle supérieure. « Nous allons avoir beaucoup plus de matière à traiter et donc davantage de capacité de production d’engrais », explique Samuel Marc. Dans la logique de réduction du gaspillage chère au dirigeant de Fénix, les restes de cette deuxième production serviront à produire du biogaz dans le méthaniseur d’une entreprise locale partenaire.