Après presque trois mois d’attente, le ministère de l’Agriculture a finalement présenté, le 19 décembre, les indemnisations des pertes dues à la MHE (maladie hémorragique épizootique). Un dispositif partagé comme prévu avec le FMSE.
« L’État remboursera 80 % des frais de soins vétérinaires et indemnisera à hauteur de 80 % les animaux morts » de la MHE (maladie hémorragique épizootique), et ce « pour l’ensemble des foyers constatés jusqu’au 31 décembre 2023 », annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 19 janvier. Pour les cas confirmés après le 1er janvier 2024, « la solidarité professionnelle prendra le relais, avec l’appui de l’État », comme attendu, précise la Rue de Varenne : le FMSE (fonds sanitaire professionnel) « indemnisera au même taux les frais vétérinaires et les animaux morts ». Les éleveurs « pourront déposer leurs dossiers d’indemnisation dès le début du mois de février ».
Très attendues, ces aides s’ajoutent à la prise en charge des tests PCR de confirmation de la maladie, annoncée début novembre. Le principe de ces indemnisations avait été acté par Marc Fesneau à l’automne, mais il manquait encore leurs modalités précises, qui viennent d’être présentées aux responsables professionnels le 19 janvier. « Ce plan, nous l’attendions chaque semaine depuis la Toussaint », souffle Patrick Bénézit, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA). « Il a fallu qu’il y ait des blocages » pour accélérer l’annonce, a-t-il déploré lors d’une conférence de presse le 23 janvier.
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Un dispositif « très incomplet », pour la FNB
Selon cet éleveur du Cantal, le dispositif est « très incomplet », car « il ne couvre pas les pertes indirectes (avortements, baisses de production, détérioration de l’état des animaux) ». Par ailleurs, le président de la FNB demande que les animaux puissent circuler dans l’ensemble de l’UE, comme cela est déjà le cas vers l’Italie et l’Espagne, « soit sous condition de vaccination, sous condition de test PCR ». « Des marchés pour les animaux reproducteurs sont complètement bloqués dans l’ensemble des États membres », relève M. Bénézit. Un dossier « qui ne bouge pas », selon lui.
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Arrivée fin septembre en France, pour la première fois, la MHE a provoqué 3 764 foyers dans le sud et l’ouest du pays, selon le dernier bilan au 18 janvier. Les « premières enquêtes de terrain » montrent que 10 à 15 % des bovins « expriment des signes cliniques en cas de contamination d’un élevage » par la MHE (avec une mortalité de 1 % dans les élevages contaminés). Le ministère attendait le résultat de ces enquêtes dans un réseau de fermes pilotes pour calibrer le dispositif d’aides.