À peine la présentation officielle de la feuille de route achevée, Solidarité Paysans a pointé de nombreux manques par rapport à ses attentes. À l’inverse, la FNSEA, les JA, l’APCA et la MSA sont globalement satisfaits.
Dans la foulée de la présentation officielle de la feuille de route visant à lutter contre le mal-être et le suicide d’agriculteurs, le 23 novembre, l’association Solidarité Paysans a salué les mesures annoncées par le gouvernement pour accompagner les familles endeuillées, renforcer l’aide au répit et soutenir financièrement l’amélioration des équipements de travail. Mais elle regrette surtout que le gouvernement « ne s’attaque pas aux responsabilités collectives des difficultés » rencontrées par les exploitants.
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L’association pointe « la non-prise en considération de la faiblesse du revenu des agriculteurs » dans la feuille de route. Elle dénonce un « amalgame constant » entre « agriculteur en difficulté économique et agriculteur présentant des signes de mal-être ». Elle déplore aussi le rôle clef confié aux « créanciers » (NDLR, la MSA) pour structurer le réseau de sentinelles et regrette qu' « aucun engagement fort [n’est pris] pour soutenir le redressement » des exploitations en difficulté. « Rien sur l’accès à la formation professionnelle des agriculteurs en plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire. Aucune mesure non plus pour faciliter l’accès aux financements des agriculteurs bénéficiant d’un échéancier de paiement ou d’un plan judiciaire d’apurement du passif. Aucune mesure concrète pour faciliter dès aujourd’hui l’accès des agriculteurs au RSA et à la prime d’activité », regrette Solidarité Paysans dans le communiqué.
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Aide "passage de relais" à l’étude
De leur côté, la FNSEA, les JA, l’APCA et la MSA se sont félicités du contenu du plan dans un communiqué commun, le 23 novembre. « Cette feuille de route entend créer les passerelles qui manquent entre les initiatives et les structures », se réjouissent-ils à l’unisson. Les membres du Caf estiment aussi que le document de travail « va remettre en chantier ce qui ne marchait pas », se référant à l’assouplissement prévu pour l’aide à la relance de l’exploitation agricole (Area) et à « la possibilité d’accompagnement devant les tribunaux des agriculteurs en procédure individuelle par des représentants associatifs et syndicaux ». Seul bémol selon eux : le fait que le gouvernement n’ait pas retenu leur proposition de créer une aide « passage de relai » pour faciliter la transmission d’exploitation d’un agriculteur en grande difficulté à un jeune. Le gouvernement « expertisera » toutefois « la possibilité d’expérimenter la mise en place » d’une telle aide, selon le dossier de presse remis par le ministère de l’Agriculture.
« Aucun engagement fort pour soutenir le redressement » des exploitations en difficulté.
Pour aller plus loin : Les propositions du Caf sur la lutte contre le mal-être des agriculteurs