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UE/Maroc 10 ans pour libéraliser les échanges de produits agricoles transformés

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L’Union européenne et le Maroc ont bouclé leurs négociations sur un accord de libéralisation de leurs échanges commerciaux dans le domaine de l’agroalimentaire et de la pêche. Selon la Commission européenne, l’accord, qui doit encore être ratifié par les partenaires, prévoit la suppression immédiate des droits de douane pour plus de la moitié du total des importations strictement agricoles en provenance du Maroc. En échange, l’accord permet le renforcement de la position des exportateurs européens sur le marché marocain, notamment mais de façon progressive dans le secteur des produits agricoles transformés.

Après quatre années de négociations, le Maroc et la Commission européenne ont conclu un accord visant à améliorer les conditions du commerce bilatéral des produits du secteur agro-alimentaire et de la pêche. L’accord signé le 14 décembre (qui doit encore être paraphé officiellement par les deux parties), prévoit en particulier le renforcement de la position des exportateurs européens sur le marché marocain dans le secteur des produits agricoles transformés. L’accord permettra en effet la libéralisation immédiate de 45% de la valeur des exportations de l’UE vers le Maroc, une proportion qui sera portée à 61 % au bout de 5 ans et à 70% au bout de 10 ans, à l’exception des pâtes alimentaires, produit pour lequel une limitation quantitative est prévue. Les exportations du secteur de la pêche seront également libéralisées pour les produits de l’UE (91% au bout de 5 ans et dans sa totalité dans les 10 ans).

Quelques exceptions notables
Si l’on se limite à la sphère des produits agricoles transformés, on peut relever que l’accord UE/Maroc prévoit que dans les secteurs des fruits et légumes et produits de la conserverie de l’UE, à l’exception des fèves, amandes douces, pommes et concentré de tomates (pour lesquels des contingents tarifaires ont été négociés) les échanges commerciaux seront entièrement libéralisés dans les 10 ans. Les produits laitiers de l’UE verront leur accès au Maroc complètement libéralisé à l’exception du lait liquide et de la poudre de lait entier. Les oléagineux et les céréales (à l’exception du blé tendre, du blé dur et de leurs dérivés) seront également libéralisés.
Pour les produits les plus sensibles qui ne font pas l’objet d’une libéralisation complète, comme les viandes, les charcuteries, le blé, l’huile d’olive, les pommes et les concentrés de tomates, le Maroc a amélioré les conditions d’accès à son marché sous la forme de contingents tarifaires.
Les deux parties ont également convenu d’ouvrir des négociations sur la protection des indications géographiques. En outre, l’accord prévoit des dispositions sur le respect des obligations internationales en ce qui concerne les aspects sanitaires et phytosanitaires.
Devant la levée de boucliers des agriculteurs espagnols et français qui protestent « contre cet accord avec un pays tiers et qui tombe au mauvais moment », la Commission européenne (qui a fait le black-out sur le contenu de l’accord) s’efforce d’expliquer que l’accord obtenu avec les Marocains est « assez bien équilibré » et qu’il va permettre aux productions de bénéficier « d’un meilleur accès sur un marché de proximité en forte croissance démographique, dans le cadre d’un solde commercial global largement favorable à l’Union européenne, avec 14 milliards d’euros d’exportations contre 8 milliards d’importations ». Les exportations communautaires pour les 3 secteurs (produits agricoles, produits agricoles transformés et produits de la pêche) se sont élevées à près de 950 millions durant les années 2006-2008.

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