Traçabilité > Carrefour améliore l’information accessible au consommateur pour les produits issus de ses filières qualité. Un QR code présent sur l’emballage permet d’accéder aux informations déposées par chaque intervenant au cours de la vie d’un produit.
Annoncé en mars dernier par Carrefour (Agra Alimentation du 15 mars 2018), le lancement d’un système d’information renforcé pour le poulet d’Auvergne issu de la filière qualité Carrefour (FQC) prend de l’ampleur. Après ce produit présent dans les magasins depuis le début de l’année, « les tomates FQC affichent un QR code à partir du 25 juin, et au cours de l’été, ce seront les œufs FQC qui profiteront de ce nouvel étiquetage », explique Romain Pépin, consultant chez Carrefour au sein de l’équipe chargée de déployer le dispositif.
Cent filières se sont engagées dans le dispositif de type blockchain (stockage et transmission d’informations) consistant à collecter toutes les informations sur la vie d’un produit de la récolte (ou de la naissance) à sa transformation finale. Chaque acteur (éleveur, vétérinaire, cultivateur, transformateur…) ajoute ses informations sur une plateforme partagée. Et c’est à partir de cette base de données qu’un QR code unique par produit est mis au point, permettant au consommateur d’accéder à une information détaillée.
Carrefour finance le dispositif pour l’instant
Reste à savoir quels bénéfices peuvent tirer les producteurs d’un tel dispositif. « La mise en place de la plateforme est assumée financièrement par Carrefour, les intervenants ayant seulement à entrer les informations », explique Garance Osternaud, chef de projet chez Carrefour. Mais cette prise en charge n’est pas définitive puisque l’enseigne n’a pas décidé pour l’instant de son engagement financier pour les autres filières. « Pour l’avenir, c’est ouvert », note Garance Osternaud. Carrefour n’achète pas plus cher les produits entrés dans le dispositif et n’augmente pas le prix final des produits.
Difficile de savoir si les produits présentant une information du consommateur renforcée se vendent mieux. Le distributeur signale seulement avoir observé une légère hausse des ventes du poulet FQC dans ses supermarchés après l’annonce de ce lancement en mars dernier. Les consommateurs sont encore peu nombreux à scanner les produits : seulement 5 % des QR codes ont été scannés dans les semaines suivant sa mise en place.
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Tenir ses promesses aux consommateurs
Selon le distributeur, c’est une façon de prouver que les engagements mis en avant (élevé en plein air, sans traitement après récolte, nourri sans OGM…) sont effectivement tenus. Une manière aussi de rassurer des clients en quête de plus d’informations sur la façon de cultiver, d’élever et de transformer les produits, et sur l’origine géographique précise des produits.
La question de la connaissance par les clients de la présence du QR code et des informations auxquelles il peut accéder est un enjeu de taille pour le distributeur. C’est pourquoi l’enseigne va donner plus de place à cette initiative en termes de communication d’ici la fin de l’année afin d’inciter les clients à scanner le QR code. L’enseigne veut seulement disposer d’un portefeuille étoffé de produits avant de lancer la communication. Elle va aussi analyser quelles informations intéressent en particulier les consommateurs qui scannent les produits.
Carrefour se fixe pour objectif de doter tous les produits issus de ses filières qualité du fameux QR code d’ici 2022, date à laquelle doit se terminer le plan de transformation de Carrefour, lancé en début d’année par le p.-d.g. Alexandre Bompard.