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CNA 17 recommandations sur l’éducation nutritionnelle et la publicité

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Après deux ans de travail, et dans un contexte de lutte contre le développement préoccupant de l’obésité infantile, le Conseil National de l’Alimentation (CNA) vient de rendre public son rapport sur l’éducation alimentaire, la publicité alimentaire, l’information nutritionnelle et l’évolution des comportements alimentaires, rapport assorti de 17 recommandations.

Le rapport du CNA est basé sur l’audition des principaux acteurs publics et privés (Ministère de la santé, Ministère de l’éducation nationale, CREDOC, Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, Union Des Annonceurs, TF1, M6, pédiatres, sociologues, …) et les contributions de tous les acteurs de la chaîne alimentaire (industriels, distributeurs, restaurateurs collectifs, associations de consommateurs, salariés, ….). Il offre un intérêt particulier en ce qu’il présente les dernières données chiffrées sur l’évolution du marché publicitaire, expose les principales initiatives prises par les industriels, tant en matière d’éducation que de publicité télévisuelle, et rend compte des positions des associations de consommateurs.

Travailler plus le monde scolaire

Parmi les 17 recommandations formulées, on trouvera, notamment, celle demandant aux pouvoirs publics d’accorder une importance plus grande à l’alimentation et à la nutrition dans les programmes scolaires, de substituer à l’enseignement théorique actuel de la nutrition un apprentissage pratique de l’alimentation équilibrée et d’encourager plus activement les ateliers de cuisine pour enfants. Le Conseil insiste également sur les effets positifs de la convivialité et du plaisir qui accompagnent les repas, et recommande en conséquence que les informations sur l’alimentation s’appuient plus largement sur ces valeurs. Jugeant les messages délivrés en milieu scolaire comme fondamentaux, il souhaite que les supports pédagogiques liés à ces actions soient conçus dans un esprit ludique et de convivialité, prenant en compte les diversités culturelles et intégrant un volet portant sur l’éducation au goût. Il rappelle également l’importance des actions visant à lutter contre la sédentarité, notamment celle des enfants.

Publicité TV : pour une démarche concertée

Concernant la publicité télévisée pour les produits alimentaires le CNA préconise, pour les messages publicitaires diffusés aux heures de grande écoute des enfants, d’éviter toute stigmatisation et de mettre en œuvre dans le cadre d’une démarche concertée des mesures pour la valorisation d’une alimentation variée et équilibrée. Le rapport apporte des éléments qui relativisent les passions à propos de la publicité alimentaire, soulignant notamment son recul déjà effectif dans les émissions pour enfants. Au global, en effet, le premier annonceur publicitaire n’est plus l’alimentaire en 2008, mais la distribution (avec 12,6% du montant total) ; l’alimentation n’arrive qu’en quatrième position avec 7,6% (contre 11,7 % en 2004), et les boissons ne pèsent que 2,6% ; si le secteur alimentaire oriente plus des trois quarts (76,5% très exactement) de ces investissements vers la télévision, il est quasiment absent (0,4%) des achats d’espaces sur Internet, alors que ce média représente aujourd’hui, en moyenne tous secteurs confondus, 11,7% des investissements publicitaires bruts. Et à la télévision, la part de la publicité alimentaire décroît régulièrement : elle était de 25% en 2004 et n’est plus que de 19,3% en 2008. Durant la même période, les dépenses de publicité des produits ultra frais sont passées de 5,4 à 2,2%, celles du chocolat et de la confiserie sont restés stables (3,7%), alors que les céréales passaient de 1,0 à 1,5% des investissements totaux à la télévision.

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Recul de 56 % en deux ans dans les émissions enfants

Et sur les chaînes jeunesse, la part de la publicité alimentaire est tombée à 16,6% en 2008, contre 19,6% en 2004. En cinq ans, celle des biscuits sucrés y est passée de 1,4 à 0,3% ; de 3,3 à 0,8% pour le chocolat et la confiserie ; de 4,3 à 2,5% pour l’ultra frais, mais elle a augmenté de 5,6 à 9,5% pour les céréales du petit déjeuner, après un maximum à près de 14% en 2007. Alors que les publicités alimentaires sur les écrans jeunesse s’élevaient à 59,2 millions d’euros bruts en 2006, soit un poids de 4,5% par rapport au total, elles n’étaient plus que de 26,3 millions en 2008, soit une baisse de 56% en deux ans.

Enfin, des produits ont quasiment disparu des écrans jeunesse. Alors que les investissements pour les céréales du petit déjeuner sont passés de 24 M EUR à 11,3 M entre 2006 et 2008, ceux pour les biscuits sucrés ont baissé de 5,8 à 0,2 millions, et ceux pour les confiseries et chewing-gum de 3,8 à 0,2 également. Et ceci sans report des sommes ainsi économisées sur d’autres plages horaires, à cause en grande partie du coût élevé des spots aux heures de grande écoute sur les chaînes nationales.