L’année 2008 sera l’année de tous les changements, a annoncé le Syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs le 24 janvier à Paris. Des changements qui découlent de la réforme des AOC à mettre en place au plus tard au 1 juillet.
«Nous sommes en face de changements profonds qui touchent nos méthodes de travail, nos mentalités, nos relations avec les partenaires et au final la fiabilité de notre produit », a déclaré Bernard Farges, président du syndicat.
La réforme qu’il évoque est celle des AOC. Heureusement, la campagne 2007/2008 commence bien. Les ventes repartent et les exportations sont en hausse (voir encadré).
Premier point – réussi – de la réforme : le syndicat a été reconnu comme Organisme de défense et de gestion (ODG) par l’INAO. « Ses nouveaux statuts, son rôle et ses missions seront proposés à l’approbation de l’assemblée générale du 8 février qui aura à statuer sur une orientation nouvelle majeure : l’entrée d’opérateurs négociants (à hauteur de 10 %) dans les instances de l’ODG, jusque là composées des déclarants de récolte » (6 300 producteurs), précise le syndicat. D’autre part, le décret qui régissait chacune des AOC est remplacé par un cahier des charges qui est actuellement soumis à l’INAO. Le syndicat en a profité pour revenir sur une demande qui date déjà de trois ans : remplacer le terme « bordeaux supérieur » par celui de « bordeaux 1 er cru » plus valorisant. Mais cette demande déclenche l’opposition des grands crus qui ne veulent pas de confusion. Le débat est loin d’être clos.
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Le coût de la qualité n’est pas connu
Un autre point est acquis pour les Bordelais : la création d’un organisme indépendant de contrôle nommé QualiBordeaux. Chargé de contrôler la qualité (respect du cahier des charges) à la production et au stade du négoce, il est composé de producteurs, négociants, coopératives, courtiers, cavites, œnologues, sommeliers, consommateurs et restaurateurs. Ses prestations ne seront pas gratuites mais le coût sera mutualisé et co-financé par les familles de la production et du négoce, à travers une cotisation de l’ODG, qui incluera le paiement de QualiBordeaux. Comme le montant dépendra du cahier des charges, le syndicat ne chiffre pas pour le moment ce coût de la qualité. La cotisation INAO ne baissera pas pour autant mais devrait rester stable.
Enfin, le syndicat a décidé de créer un « volume complémentaire individuel » (VCI) de production, complétant celui prévu par le cahier des charges, à l’instar de ce qui se fait à Chablis. Il s’agit d’un « outil de régulation efficace » pour « anticiper les déséquilibres dus à des récoltes déficitaires », précise le syndicat. Ce VCI se fera sur base volontaire.
Enfin, les bordeaux et bordeaux supérieurs ont décidé de rajeunir leur image en modifiant le graphisme de leur signature et de continuer de s’impliquer au sein des campagnes d’éducation au vin.