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Collecte de déchets phytosanitaires 3 000 tonnes d’emballages devraient être collectées en 2005

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La collecte d’emballage vide devrait dépasser le taux de 40 % du gisement potentiel. C’est encourageant selon la société Adivalor, en charge de la collecte, car ce chiffre progresse chaque année, mais il faudrait que les agriculteurs se mobilisent davantage dans les années à venir. Quant aux produits non utilisables, les stocks historiques ont été réévalués à plus de 10 000 tonnes, ce qui nécessite la poursuite des programmes d’élimination et un soutien financier des pouvoirs publics.

Selon le premier bilan d’Adivalor, la société en charge de la collecte des déchets de produits phytosanitaires en France, pour le compte de la filière agricole et de l’industrie phytosanitaire, la collecte d’emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP) devrait encore progresser en 2005 par rapport à 2004. Sur la base des résultats de collecte des huit premiers mois de l’année, le tonnage devrait passer le cap de 3 000 tonnes. Ceci correspond à un taux de collecte global supérieur à 40 % du gisement, contre 33 % en 2004 (ce qui représentait un volume de 2 500 tonnes) et 26 % en 2003 (soit 1 800 tonnes). Ce chiffre global cache une grande disparité selon les départements et selon la mobilisation des distributeurs sur ce sujet, comme l’an passé. Le taux de collecte variait ainsi de 10 à 80 % selon les départements. Le quart Nord-Est et la région Centre présentent les plus forts taux de collecte, de même que la Gironde, la Corrèze, les Alpes-de-Haute-Provence et la Corse. Les responsables d’Adivalor soulignent que des actions de communication devront être réalisées pour augmenter la collecte des emballages souples pliables (boîtes, sacs) car les taux de collecte restent faibles, notamment dans les régions viticoles, là où ce type d’emballage est beaucoup utilisé. Ils sont trop souvent brûlés alors que c’est dangereux et interdit.

Il reste à éliminer 3 000 tonnes de produits non utilisables

Adivalor a aussi pour mission de collecter les produits phytosanitaires non utilisables (PPNU). Sur l’année 2005, 1 800 tonnes de produits phytosanitaires non utilisables devraient être éliminés, sur 55 départements, contre 2 600 tonnes en 2004. Le volume de collecte tend donc à baisser. En 2001, le programme d’élimination des stocks historiques, qui bénéficie d’aides publiques, avait évalué à 8 000 tonnes les quantités de PPNU à éliminer sur la période 2002-2006. Or, fin 2005, 7 500 tonnes de PPNU devraient être collectées dans le cadre du programme Adivalor, sur la période 2001-2005. Pour autant, une analyse plus fine des estimations a mis en évidence que les stocks historiques de PPNU en France sont plus élevés qu’on ne le soupçonnait au départ : au lieu de 8 000 tonnes, il s’agirait plutôt de 10 000, voire 11 000 tonnes. Il faudra donc poursuivre l’opération.

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Nécessité de poursuivre le programme d’élimination

« Ce dépassement significatif des tonnages à collecter, et la nécessité d’envisager une période de programmation complémentaire pour l’élimination des stocks historiques, n’est pas sans poser de problèmes de financement et d’organisation », souligne Adivalor dans son premier bilan 2005. Une réflexion est d’ailleurs engagée entre les partenaires de l’opération (profession agricole, organismes de collecte, firmes phytosanitaires) et les pouvoirs publics (agences de l’eau, collectivités territoriales, ministère de l’Ecologie). « Nous en sommes au début de la négociation, qui s’inscrit dans la continuité du partenariat déjà établi, explique Pierre de Lépinau, directeur général d’Adivalor. Cela va correspondre au 9e plan des agences de l’eau, dans le cadre de la loi sur l’eau qui, malheureusement, prend du retard». Pierre de Lépinau se montre malgré tout confiant car la direction de l’eau du ministère de l’Ecologie a exprimé sa position favorable à la poursuite de la participation des agences de l’eau, même si les conditions restent à définir.

Mobiliser tous les agriculteurs

Pour que ces opérations continuent de fonctionner, Adivalor en appelle aux détenteurs de déchets phytosanitaires, c’est-à-dire aux agriculteurs, pour qu’ils répondent plus positivement aux collectes organisées sur leur territoire. « Il faudra sans doute toucher une population plus large, notamment les retraités agricoles qui sont plus difficiles à sensibiliser», reconnaît Pierre de Lépinau.