Un débat a réuni, le 1e mars, Jean Salmon, vice-président de l’APCA (Chambres d’agriculture), et Michel Jacquot, avocat et ancien directeur du FEOGA sur le thème : l’agriculture coûte-t-elle cher au contribuable français ? Les subventions représentent surtout « une assurance qualité pas chère payée ».
Le coût de la politique agricole commune est actuellement de 47 millions d’euros, soit 110 euros par contribuable et par an, près de la moitié du budget européen. Cette manne est-elle justifiée ? Michel Jacquot, s’appuyant sur la crise aviaire actuelle des pays asiatiques (« on est bien content de pouvoir aujourd’hui s’approvisionner dans la communauté »), estime que ce n’est pas cher payé pour bénéficier de la quantité et de la qualité en matière alimentaire. « C’est une évidence à rappeler » pour Jean Salmon : cette « assurance » pour l’alimentation du consommateur européen est moins chère que l’assurance d’une voiture. Pour lui, supprimer les subventions remettrait en cause « la liberté des peuples à s’approvisionner eux-mêmes ». « Si on tue les agriculteurs européens, nous dépendrons d’autres pays et le risque sanitaire sera accru. », met-il en garde, réaffirmant ainsi son attachement à un modèle " qui garantit volume, qualité et aménagement du territoire ".
« Les pays concurrents se braquent sur les exportations subventionnées, mais elle ne représentent aujourd’hui qu’à peine 8 % des subventions », plaide Michel Jacquot. Certes, admet Jean Salmon, « les paysans souhaiteraient plutôt des prix de vente suffisants pour vivre et se passer de ces subventions », ce qui irait dans le sens de l’OMC et de 36 % des sondés de pleinchamp.com, qui ne trouvent « pas normal » cette situation.
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Est-il intéressant, alors, de modifier la répartition de ces aides ? Pour M e Jacquot, les subventions accordées ne sont " peut-être plus adaptées à la situation actuelle ". Et, tout en essayant de « réintroduire l’idée d’une agriculture mieux rémunérée par le marché », il faudrait pouvoir « transformer cette rente en barrage contre les crises ». En effet, acquiesce M. Salmon, « l’Etat doit donner de temps en temps un coup de main en cas de coup dur, voire pour aider à transformer des systèmes mis en place il y a vingt ans et dépassés au regard des normes actuelles ».