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Pommes de terre 340 planteurs reprennent une usine de fécule

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L’usine de fécule de pommes de terre du groupe néerlandais Avebe à Haussimont dans la Marne ne serait finalement pas fermée. Ses 340 fournisseurs producteurs proposent un plan de reprise, avec comme élément décisif un projet d’extension du marché de la fécule dans les agro-matériaux.

Avebe, groupe coopératif néerlandais, avait annoncé en juin 2005 son souhait de fermer le site d’Haussimont à partir de la campagne prochaine 2007/08, rappelle-t-on au siège de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre. L’usine produit 63 000 tonnes de fécule par an, soit un quart de la production française et soit l’équivalent de 6 600 hectares de cultures. Elle emploie 65 permanents et 45 saisonniers.

L’alliance des planteurs et du personnel

Avebe « se recentre sur son activité féculière au niveau européen sur les sites qui sont suffisamment viables », explique-t-on au sein de l’entreprise C’est-à-dire sur les usines implantées aux Pays-Bas, Allemagne et Suède. L’usine de fécule d’Avebe installée en France est la première du groupe à faire l’objet d’un projet de fermeture.

La fermeture sera évitée grâce au plan de reprise des planteurs. Ces derniers ont constitué pour cela une société cet été, AdventAgri, pour racheter l’usine à la coopérative néerlandaise.

Dans le schéma de reprise, encore très général, il est possible qu’Avebe cède ses activités de manière progressive. La coopérative néerlandaise continuerait à commercialiser la fécule pour le marché classique de l’usine d’Haussimont. Cette reprise a aussi été permise « grâce à l’alliance des planteurs et du personnel», selon Anne Prieto, secrétaire du comité d’entreprise.

Les détails du plan ne sont pas encore connus. AdventAgri et Avebe ont tout juste signé un contrat préliminaire de cession de la féculerie de pommes de terre le 2 novembre. Il reste maintenant à définir le montage financier, le calendrier, le projet industriel du repreneur.

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Après le papier, le gel antifeu et les sacs poubelle

Un élément décisif dans le dossier de reprise par AdventAgri est son projet de produire, en plus de la fécule classique, des agro-matériaux innovants à base de fécule. À commencer par un matériau nouveau, le gel antifeu.

Le principe est d’ajouter ce produit biodégradable à l’eau de la citerne utilisée par les pompiers pour éteindre les feux de forêt. À la sortie de la lance, le mélange aqueux, en se déposant sur le végétal, se gélifie et dépose une couche à la surface des tiges et des feuilles. À l’arrivée de la flamme, le gel produit une croûte qui forme un bouclier thermique, explique Pascal Foy, représentant des planteurs. Le produit est en cours de certification par un organisme testant le matériel de lutte contre l’incendie employé par les pompiers.

Des tests grandeur nature avec les pompiers de Mont-de-Marsan ont montré que le procédé permet une économie d’eau considérable, selon les organisateurs du salon Innovact de Reims, où il a été présenté en octobre dernier. Ce concept biodégradable, breveté, a reçu le 20 juin 2006 un prix d’Oséo-Anvar, lors du 8e Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes (catégorie création-développement).

« Nous n’avons pas l’intention de vendre uniquement de la fécule classique », a souligné Pascal Foy. Actuellement le principal débouché des 1 250 000 tonnes de pommes de terre féculières françaises est l’industrie papetière. Ce débouché en grande partie papetier est érodé par la concurrence des amidons de maïs et de blé. Un débouché plus valorisant pour la fécule est l’alimentation. Mais il stagne. D’où la recherche de débouchés nouveaux et plus rémunérateurs.

« De nouveaux débouchés devraient bientôt voir le jour », signale un communiqué de l’UNPT. « Des discussions sont en cours avec le ministère de l’Agriculture pour que l’incorporation de matière végétale, comme la fécule de pommes de terre, dans les sacs poubelles devienne obligatoire dans le cadre de la Loi d’orientation agricole. Nous faisons confiance au ministre de l’Agriculture pour que les décrets d’application soient publiés le plus rapidement possible, montrant par là son soutien à la production agricole », précise le communiqué du syndicat. La fécule de pomme de terre peut être utilisée dans l’industrie du textile, du pétrole, des adhésifs.