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Vins 41% des exploitations en mauvaise situation

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Les organisateurs de Vinitech, salon mondial biennal des équipements et techniques de la vigne, du vin et des spiritueux (depuis 1977), ont présenté le 17 juin une étude BVA concernant l’avenir du métier de vignerons. 41% des viticulteurs s’y disent en crise, mais ils sont majoritaires à garder confiance dans l’avenir. Ils redoutent surtout la concurrence internationale.

Interrogés sur leur situation économique, la moitié des vignerons (échantillon de 405 viticulteurs) estiment que la viticulture est en crise, 41% qu’elle a des difficultés et 9% qu’elle se porte bien. Les raisons de la crise invoquées spontanément sont la concurrence étrangère (49% des réponses) devant la baisse de consommation (43%) et un contexte législatif trop restrictif (34%). A la question « la culture de la vigne est-elle rentable ? », 55% sont plutôt d’accord et 10% tout à fait d’accord contre 23% plutôt pas d’accord et 10% pas du tout d’accord.

97% des viticulteurs s’attendent à une concurrence internationale plus dure dans les années à venir. Le contexte législatif est considéré comme un obstacle à la compétitivité des vins français par 97% des vignerons et 86% d’entre eux estiment que la loi Evin n’est pas justifiée pour le vin. 79% se prononcent pour un assouplissement de cette loi.

L’Australie, concurrent le plus redouté

Cependant, les viticulteurs ne se montrent pas désespérés. Ils s’estiment soutenus par les consommateurs (pour 58% d’entre eux) et veulent séduire les jeunes (94%). Pour ce qui est de la situation de leur exploitation, 58% l’estiment bonne (dont 2% très bonne), 37% plutôt mauvaise et 4% très mauvaise. Ces derniers chiffres sont élevés, selon les organisateurs. Les sondés invoquent des prix de ventes trop faibles (47%) et des coûts de production trop élevés (28%). Pour ceux qui sont en bonne situation, les raisons sont l’absence de problème à la vente, les prix pratiqués, des bons millésimes et de appellations côtées (18%).

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36% seulement des vignerons estiment qu’il est facile d’écouler sa production contre 52% qui pensent le contraire et 11% déclarent même cela très difficile. Leurs principaux concurrents sont les pays d’Océanie, d’Amérique du Sud et d’Europe du Sud mais ils citent par ordre d’importance l’Australie (71%), l’Espagne (41%), le Chili (39%), l’Italie (35%), l’Afrique du Sud (32%), soit deux pays d’Europe dans le peloton de tête. Cette concurrence est due à des coûts de production plus faibles (54%), des contraintes législatives moindres (51%) et un meilleur rapport qualité-prix (35%).

Une image positive de leur métier

Malgré les difficultés soulevées, 57% des vignerons aimeraient que leurs enfants exercent leur métier (un chiffre plus élevé que dans les autres professions agricoles) et 78% pensent que c’est un métier de jeunes, ce qui ne les empêche pas de s’avouer pessimistes pour l’avenir (56% d’entre eux). Les arguments des optimistes (42%) sont que les vins français sont de qualité (36%) et qu’il vaut mieux rester optimiste pour s’en sortir (19%) ! Les actions prioritaires à entreprendre pour améliorer la situation sont la communication (44%) devant l’action législative (25%), l’amélioration de la qualité (18%) et l’action commerciale (15%). Pour communiquer, rien de tel que la qualité (52%), le terroir (23%), le métier de vignerons (17%) ou la tradition (15%) devant le prix (12%) ou l’origine (9%). Les experts interrogés estiment de leur côté que la diversité des vins est un meilleur argument de communication (44% des réponses) devant la qualité (25%).