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Inventaire forestier 44 millions de m3 de bois prélevés chaque année

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L’Inventaire national forestier, qui vient de mettre en place un nouveau mode de calcul du volume de bois, estime que 44 millions de m3 ont été prélevés chaque année entre 2005 et 2010. La production biologique de la forêt atteint, elle, 85 Mm3. Déduction faite de la mortalité des arbres (compte tenu notamment des tempêtes), la forêt française croît de 25 à 35 Mm3 par an.

L’Inventaire forestier national (IFN) vient de publier sa dernière estimation des prélèvements de bois en forêt. Des chiffres très attendus par la filière alors que la polémique enfle sur la capacité réelle de la forêt française à fournir la quantité de bois nécessaire pour tenir les objectif de production d’énergies renouvelables du Grenelle de l’environnement (23% en 2020 dont une grosse partie viendrait de la biomasse forestière). L’IFN a évalué que 44 millions de m3 (Mm3) de bois par an avaient été prélevés dans les forêts françaises entre 2005 et 2010. Ce chiffre prend en compte les pertes liées à la tempête Klaus qui représentent environ 4 Mm3/an. Hors chablis liés à Klaus, sur la période, 40,1 Mm3 on été récoltés.
Quelque 25,6 Mm3, soit 63% de la production, sont issus de la forêt privée. Le volume prélevé en forêt domaniale s’élève quant à lui à 6,5 Mm3 (16%) et celui des autres forêts publiques à 8,3 Mm3 (21%). Toujours hors chablis, les coupes de feuillus et de résineux sont équivalentes. Le trio de tête des espèces les plus récoltées est constitué des chênes pédonculés et rouvres (6,5 Mm3), du pin maritime (6,1 Mm3 contre 8,5 Mm3 avant Klaus) et de l’épicéa (4,3 Mm3). Cette production annuelle représente 1,6% du stock sur pied de petit bois, 1,7% du stock pour les arbres de 22,5 à 37,5 cm de diamètre et 1,8% pour les gros arbres.

Nouvelle méthodologie

Ces évaluations sont les premières à reposer sur la nouvelle méthodologie de calcul mise en place par l’IFN (par estimation directe). Ainsi la France dispose désormais de résultats compatibles entre les volumes prélevés, la production biologique (croissances des arbres), la mortalité et le volume sur pied. En même temps, prévient l’IFN, il ne s’agit que d’une première campagne d’inventaire qui en cinq ans a connu une tempête et une crise économique. Autre limite : cette nouvelle méthodologie se base sur un calcul du volume de « bois fort tige » qui n’est pas bien adapté à des problématiques comme le bois énergie et le stockage de carbone.
Ainsi la production en volume de la forêt française est désormais évaluée à 85 millions de m3 par an (sur la période 2001-2009), soit environ 16% de moins que les derniers chiffres publiés en 2008. « Cette différence ne remet pas en cause le fait que le stock de bois sur pied est orienté à la hausse », souligne l’IFN. Dans une publication de juin, l’Inventaire forestier estimait que le volume sur pied de la forêt française atteignait 2,4 milliards de m3 en 2007 avec une progression de 25 millions de m3 par an (entre 1981 et 2007). Des résultats à peu près cohérents avec ces nouvelles données quand est prise en compte la mortalité en forêt, notamment du fait des tempêtes subies ces dernières années. Ces nouvelles données, et surtout leur suivi, devraient permettre un pilotage plus réactif de la politique forestière pour que l’exploitation du bois reste durable, espère l’IFN.

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