Alors que les aléas climatiques n’ont pas épargné les producteurs d’abricots, pêches et nectarines, certains ont su tirer parti de cours élevés quand d’autres ont eu du mal à lire le marché.
« Atypique », l’année 2020 aura été « très frustrante pour les producteurs touchés par les intempéries, satisfaisante pour les autres », résume l’AOP pêches et abricots de France dans son bilan de campagne le 18 septembre. La production française d’abricots baisse cette année de 29 % par rapport à 2019, à 93 000 tonnes (t), enregistrant son plus faible niveau depuis 2008. Cette diminution s’explique par des épisodes de gel en Rhône-Alpes Provence, un manque de froid hivernal et des pluies printanières qui ont amputé les récoltes. À l’échelle de l’AOP (700 producteurs), la récolte baisse de 43 % par rapport à l’an dernier. Les pays voisins affichent eux aussi des récoltes à la baisse par rapport à 2019 : -56 % en Italie (à 136 000 t), -28 % en Espagne (94 000 t) et -13 % en Grèce (78 000 t).
En conséquence de cette offre européenne déficitaire, le marché français de l’abricot a connu une fluidité « exceptionnelle » avec de très faibles stocks hebdomadaires, ainsi que des prix expédition soutenus « du début à la fin de la campagne » affichant 70 à 80 centimes de plus que l’an dernier. En effet cette année, rapporte l’AOP, le prix expédition des abricots orangés-rouges et tardifs a oscillé entre 2,40 et 2,60 €/kg sur les semaines 25 à 31, contre un prix variant entre 1,60 et 1,80 €/ sur la même période en 2019. Pour l’abricot bergeron, le prix expédition a oscillé entre 2,40 et 2,50 €/kg sur les semaines 29 à 31, alors qu’il avoisinait 1,60 €/kg en 2019.
Un marché « difficile à comprendre »
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En pêches et nectarines, la récolte française a baissé en moyenne de 10 % par rapport à 2019, ce qui est conforme aux prévisions, a annoncé l’AOP pêches et abricots de France dans son bilan de saison 2020 le 18 septembre. L’AOP souligne toutefois de « très fortes disparités régionales » liées au gel, en Rhône-Alpes et au nord de la Provence, et aux pluies de mai dans le Roussillon, ce qui a provoqué des problèmes de conservation des fruits. L’offre européenne a également été « particulièrement faible » avec des baisses de récolte estimées à 34 % en Italie (à 820 000 t) par rapport à 2019, 19 % en Espagne (1,018 Mt) tandis que la Grèce a vu sa production augmenter de 3 % (à 303 000 t).
Dans ce contexte, les cours ont été « élevés » mais le marché « contrasté » et « difficile à comprendre ». L’AOP a noté de « fortes tensions » début juillet avec des stocks hebdomadaires conséquents bien que la GMS ait donné priorité à l’origine France. Puis, la fin de saison s’est soldée par une offre « insuffisante » et un tarissement des stocks. « À l’avenir, il faut continuer à améliorer l’adéquation entre notre production et le marché (variétés, calendrier, promotions) », conclut l’AOP dans son bilan.
« Améliorer l’adéquation entre production et marché »