Le groupe suédois Vin & Sprit, propriétaire de la marque de vodka Absolut, sera bientôt privatisé. Ce qui sera sans doute la plus grande opération de l’année dans le secteur des spiritueux attise les convoitises depuis plusieurs mois. Cependant, la société valorisée au minimum à 3,2 milliards d’euros rapporterait moins lors d’une introduction en Bourse que si elle était mise en vente.
Absolut, joyau de l’entreprise publique suédoise Vin & Sprit, est la deuxième vodka la plus vendue au monde, derrière Smirnoff du groupe Diageo. Lancée en 1979, distillée en Suède, Absolut est la troisième marque mondiale de spiritueux et génère à elle seule 50 % des ventes et 80 % des profits de V&S qui commercialise des vins et d’autres spiritueux. V&S a dû récemment s’agrandir pour répondre à l’augmentation de la demande suédoise de vodka. Cette proie fort avenante va bientôt être entre les mains de celui qui aura les moyens de l’acheter, car les informations concernant la vente de V&S qui couraient depuis plusieurs mois sont officielles. La privatisation de V&S figure désormais sur la liste des six participations dont le nouveau gouvernement conservateur veut se séparer. Pour le moment, personne ne sait s’il s’agira d’une introduction en Bourse ou d’une vente pure et simple. Anticipant une possible opération cette année, l’analyste Dresdner Kleinwort valorise la société pour un minimum de 3,2 milliards d’euros, UBS l’estimant à 3,3 milliards. Ce premier croit en une mise en bourse, voie privilégiée lors des principales privatisations et qui préserverait l’ancrage suédois de V&S.
Un acquéreur nommé fortune ?
Dresdner souligne cependant que la mise en Bourse comporte un inconvénient : la vente à un tiers pourrait rapporter jusqu’à 4,6 milliards d’euros. JP Morgan aboutit à la même évaluation de 4,6 milliards reflétant un multiple de 18 fois l’excédent brut d’exploitation pour Absolut et 17 fois pour le groupe V&S.
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L’acquéreur le plus probable serait, selon Dresdner et JP Morgan, le groupe nord-américain Fortune Brands, propriétaire du bourbon Jim Beam, du cognac Courvoisier et de la tequila Sauza, qui pèse déjà 13 milliards de dollars. Déjà lié à V&S par des accords de distribution et capitalistiques, Fortune Brands serait le seul repreneur qui n’aurait pas à payer les 330 millions d’euros de frais de rupture, selon Dresdner.