Même si le succès de l’agriculture en société ne se dément pas, la demande d’installations en association de la part des jeunes est très faible. C’est ce que révèle une enquête statistique menée par les Adasea et l’Inra dans les Pays de la Loire. Pour inverser la tendance, l’association Gaec et Société entend renforcer l’accompagnement des jeunes candidats à l’installation vers les sociétés ».
Les jeunes candidats à l’installation en agriculture sont formés pour être dans le moule de futures exploitations individuelles. Tel est le constat d’Hubert Beaudot, président de l’association Gaec et Sociétés qui défend l’agriculture de groupe et tient son prochain congrès les 21 et 22 juin dans le Lot à Cahors. Une étude réalisée par les Adasea et l’Inra réalisée dans les Pays de Loire révèle que sur 961 candicats à l’installation déclarés, seulement 6 % souhaitent s’installer avec un tiers.
Face à ce constat, l’association souhaite notamment « renforcer l’accompagnement des jeunes candidats à l’installation vers les sociétés » alors que 30 % des jeunes disent ne pas connaître l’installation en Gaec. « Il faut initier de nouvelles réflexions qui intègrent plus spécifiquement l’installation sociétaire dans la formation initiale des jeunes », précise le rapport d’orientation de l’organisation. L’installation sociétaire hors cadre familial est confrontée à un déséquilibre entre l’offre d’associations et la demande d’installation en association faite par les jeunes, souligne Gaec et Sociétés. En 2005, près de 243 000 agriculteurs exercent une activité non salariée de chef d’exploitation dans les formes sociétaires.
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Toujours en progression
Par rapport à 2004, les Gaec ont gagné seulement 150 associés supplémentaires et les EARL presque 2 300. Les sociétés en agriculture poursuivent donc leur progression, même si les taux de croissance observés dans les années 80 pour les Gaec et ceux des années 90 pour les EARL ne sont plus atteints. Gaec et Sociétés entend aussi mettre en place une « véritable politique d’installation en société » qui passe par une action professionnelle (intervention dans les écoles) et une action des pouvoirs publics (réunion des organismes de formation, financement d’un accompagnement spécifique...). Il s’agit aussi de « faire évoluer le Gaec qui est un outil des années 60 », explique Hubert Beaudot. Les critères d’agrément « doivent encore » se modifier en prenant en compte la pluriactivité dans un cadre bien défini. Par ailleurs, beaucoup d’exploitants exercent leur métier dans plusieurs structures. Ce phénomène « marquant » concerne plus de 24 000 agriculteurs en 2005. « Il y a donc de moins en moins identité entre l’agriculteur et son exploitation», souligne Gaec et Sociétés.
Le schéma « père-fils » en perte de vitesse
Les dernières statistiques le montrent, les Gaec sortent un peu plus chaque année du schéma « père-fils ». À la constitution, les Gaec non familiaux représentaient 15 % des groupements en 1992, pour atteindre aujourd’hui 23,4 % contre 19,1 % en 2003. Si l’on ajoute les Gaec entre frères et entre un ascendant et plusieurs descendants, les groupements qui échappent au modèle « père-fils » représentent 37 % des Gaec constitués en 2005 précise l’organisation « Gaec et sociétés ».