A quelques jours de l’ouverture du congrès de la Fédération nationale des coopératives d’utilisation de matériel agricole (FNCuma), le 27 mai à Paris, son président, Jean-Pierre Carnet, tire un bilan positif de la réorganisation en cours de son réseau. Il estime que la FNCuma va ainsi être en mesure de répondre à la diversité des besoins de ses adhérents (emploi, bois énergie, circuits courts...) et de s’adapter aux exigences du Grenelle de l’environnement. Par contre, Jean-Pierre Carnet attend toujours la publication de l’arrêté qui prévoit un accompagnement de 4 millions d’euros par an des prêts bonifiés pour les Cuma.
Quels seront les grands axes de votre congrès qui se tient le 27 mai prochain à Paris ?
Jean-Pierre Carnet : Ce congrès portera sur la nouvelle organisation de notre réseau afin de mieux répondre aux besoins de nos adhérents. Cette réorganisation a été lancée en 2007 autour de 5 pôles de coordination et d’appui (Ouest, Nord bassin parisien, Centre-Ouest, Sud-Ouest et Centre Est Méditerranée), pour que les Cuma puissent répondre, au mieux, à la diversité des demandes qui leur sont faites. Notre réseau doit être en mesure de relever les nouveaux défis que sont la mutualisation poussée des moyens de production (la Cuma intégrale et l’assolement en commun…), le développement de l’emploi partagé, la production d’énergies renouvelables (le photovoltaïque, le bois énergie…) ou le développement des circuits courts (ateliers de découpe, huiles végétales pures…). Sur tous ces sujets, une animation régionale et nationale est indispensable pour mutualiser les compétences. Aujourd’hui, 4 des pôles sont déjà en place et le dernier sera opérationnel d’ici à la fin de l’année. Le congrès sera donc l’occasion de faire un point d’étape après deux années de travail mais aussi de partager notre expérience avec d’autres organisations comme l’Unaf (Union nationale des associations familiales) et les chambres d’agriculture qui, elles aussi, se restructurent.
Les mesures du Grenelle de l’environnement vont avoir un impact sur vos coopératives que ce soit pour l’utilisation des intrants ou la consommation d’énergie. Avez-vous déjà mis en place des mesures en prévision de cette évolution majeure ?
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JPC : Là aussi, la nouvelle structuration de notre réseau va permettre d’être plus réactifs. Autour de ce Grenelle de l’environnement, il faut une réflexion nationale et régionale pour accompagner les Cuma dans leurs démarches. Nous avons déjà mis en place le contrôle des pulvérisateurs et nous travaillons actuellement au plan de maîtrise de l’énergie à travers le contrôle des moteurs des engins agricoles. Les pouvoirs publics nous ont d’ailleurs confié l’organisation nationale des bancs d’essais moteurs qui devraient permettre d’établir un diagnostic du parc français. A l’échelon local également les Cuma ont leur rôle à jouer : l’application de certaines obligations peut se faire en commun comme, par exemple, la mise en place d’aire de remplissage et de nettoyage des pulvérisateurs dans les régions viticoles. Un bon nombre de ces initiatives seront d’ailleurs présentés au SAFIR, le salon des Cuma qui se déroulera début septembre en Loire Atlantique à Tréffieux.
En fin d’année dernière, vous avez difficilement obtenu le maintien, à hauteur de 4 millions d’euros, des prêts bonifiés pour les Cuma, mais l’arrêté n’a toujours pas été publié au journal officiel. Où en est ce dossier aujourd’hui ?
JPC : Nous attendons toujours la signature par Éric Woerth (ministre du Budget) de cet arrêté qui prévoit un accompagnement de 4 millions d’euros par an des prêts bonifiés pour les Cuma. Nous espérons que la bonne nouvelle arrivera avant l’ouverture du congrès. Quatre millions d’euros, c’est pourtant très peu dans le budget de l’agriculture quand il s’agit d’aider 12 500 coopératives – représentant plus de 230 000 agriculteurs et 5 600 salariés – à investir ! Une fois ce dossier réglé, nous entamerons une autre action syndicale pour faire relever le plafond qui nous oblige à prendre un commissaire aux comptes. Au-delà de trois salariés et 110 000 euros de chiffres d’affaires ou 55 000 euros de bilan, on nous impose d’engager un commissaire aux comptes. C’est une forte contrainte qui touche près de 10% de nos Cuma alors que pour les autres systèmes sociétaires les seuils sont bien supérieurs.