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Accord UE/Nouvelle-Zélande : des députés demandent à en débattre

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Les alertes des professionnels de l’élevage ont été entendues par les parlementaires. À l’Assemblée, des députés demandent un débat face aux conséquences potentiellement néfastes de l’accord de libre-échange sur les filières françaises.

Le sujet de l’accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande émerge dans les débats parlementaires français. À l’Assemblée nationale, 130 députés des oppositions de droite et de gauche réclament un débat et un vote sur le sujet. Dans une lettre du 18 juillet, ils demandent à la présidence du Palais Bourbon d’inscrire une étude de l’accord à l’ordre du jour. « ONG et syndicats nous alertent sur cet accord, au contenu flou, mais qui risque de mettre à mal notre industrie, notre agriculture et le climat », écrivent-ils. Figurent parmi les signataires plusieurs députés engagés sur les questions agricoles comme l’écologiste Delphine Batho, le communiste André Chassaigne, le socialiste Dominique Potier, les insoumises Mathilde Hignet et Aurélie Trouvé, ou encore Julien Dive des Républicains.

Un accord critiqué par les filières animales…

Les représentants des filières animales ont fait part de leurs inquiétudes, relayées par les députés, sur l’arrivée potentiellement massive de viandes et de produits laitiers néo-zélandais qui ne respecteraient pas les normes de production européennes. Le président-directeur général de la fédération des industries laitières (Fnil), François-Xavier Huard, estime, lui, que cet accord met la filière laitière française en situation de « concurrence déloyale », a-t-il déclaré sur l’antenne de Radio Classique, le 15 juillet. Il juge cet accord « inacceptable » au regard du décalage entre les exportations françaises et néo-zélandaises : « à peine 2 000 tonnes » contre « 100 000 tonnes ». Selon le représentant des industriels, cela « risque de porter un coup fatal à la filière laitière », déjà fragilisée par la hausse des coûts de production. Cet accord est aussi « une aberration environnementale », dénonce-t-il, prenant l’exemple d’un yaourt qui pourrait faire « 20 000 kilomètres » avant d’arriver au consommateur français.

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…et défendu par le gouvernement

Interrogée lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, le 20 juillet, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a défendu le texte, estimant qu’il s’agit d’un « bon accord ». « D’abord parce qu’il va faciliter l’accès au marché néo-zélandais et renforcer nos positions dans nos secteurs exportateurs en matière de biens comme de services, ainsi que notre accès aux marchés publics néo-zélandais », affirme-t-elle. « Ensuite parce qu’il s’agit de l’accord le plus ambitieux en matière de développement durable » jamais conclu par l’UE, avec des « sanctions » en cas de non-respect « des clauses environnementales et sociales ». La ministre affirme que l’accord « protège [les] filières agricoles sensibles et soutiendra nos exploitations agricoles et agroalimentaires en protégeant plus de 200 indications géographiques comme le comté ou le jambon de Bayonne ». Une ligne différente de celle tenue par le gouvernement sur l’accord UE-Mercosur, que la France, à l’instar d’autres pays de l’Union, refuse toujours de signer.

« ONG et syndicats nous alertent sur cet accord, au contenu flou »

En situation de « concurrence déloyale »