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Accords bilatéraux : Bruxelles espère aboutir rapidement sur de nombreux fronts

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Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski s’attend à ce que les négociations « progressent bien » avec la Nouvelle-Zélande. Wellington a notamment exprimé son intention de conclure les pourparlers d’ici la fin d’année. Sur d’autres fronts (Chili, Inde, États-Unis), les signaux sont également au vert. Quant au Mercosur, les discussions demanderont encore du temps.

Suite au 11e cycle de négociations commerciales entre l’UE et la Nouvelle-Zélande qui s’est tenu fin juin, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a indiqué le 19 juillet lors d’un Conseil agricole, que Wellington était prête à faire aboutir les pourparlers (notamment sur la fixation des paramètres pour les produits les plus sensibles, tels que le bœuf et les produits laitiers) d’ici la fin de l’année. Toutefois, des eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri) continuent d’exprimer leurs inquiétudes concernant le risque de hausse d’importations de viandes (ovines et bovines) non durables si un accord de libre-échange devait être signé. Selon Martin Hausling (Verts), « c’est l’agriculture qui va être touchée en premier ». Mais Janusz Wojciechowski assure que l’UE est déterminée à limiter les concessions au strict minimum à travers des contingents d’importation tarifaires. Et il précise que des clauses de sauvegarde pourraient être activées dans les cas où cela s’imposerait. En outre, il a également déclaré que la Nouvelle-Zélande est restée « constructive dans les discussions concernant l’annexe sur les vins et spiritueux et les indications géographiques ».

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Sur ce dossier, le ministre français du Commerce Franck Riester, en visite à Bruxelles le 19 juillet, a notamment souligné lors d’un point presse, que les deux parties souhaitaient faire de cet accord commercial une « référence en termes de développement durable ». Tout en expliquant que « l’objectif est de conclure un accord bilatéral moderne adapté au XXIe siècle qui comprendrait un chapitre renforcé sur le développement durable » (respect de l’accord de Paris sur le climat, mesures sanitaires et phytosanitaires et normes sociales). Par ailleurs, la France entend également faire de la question des « clauses miroirs » une des priorités de sa présidence du Conseil de l’UE au cours du premier semestre 2022.

Moins d’empressement avec le Chili

Concernant le Chili, Janusz Wojciechowski a indiqué que les discussions bilatérales « progressaient », Santiago souhaitant « conclure l’accord cette année », alors que Bruxelles « privilégie la substance à la vitesse ». Sur les relations entre l’UE et l’Inde, il a rappelé que lors du dernier sommet bilatéral du 8 mai, les deux parties avaient convenu de la « reprise rapide de l’accord de libre-échange et du lancement d’un accord distinct sur les indications géographiques (IG) ». Il a exprimé le souhait de voir les négociations sur les IG progresser « à un rythme soutenu car il s’agit d’un marché important à long terme ». Aujourd’hui, en raison de la pandémie de Covid-19, les contacts entre les deux parties sont limités mais l’UE a, de son côté, précisé qu’elle « était prête à reprendre les discussions dès que possible ».

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Concernant la relation commerciale transatlantique, le commissaire à l’Agriculture a déclaré que l’UE et les États-Unis ont donné, suite au Sommet du 15 juin, « un signal fort pour relancer les relations sur une nouvelle base de coopération renforcée et d’objectifs communs ». Il a également qualifié d’évolution positive la suspension de cinq ans des droits de douane dans l’affaire Airbus/Boeing qui ont « fortement affecté les produits agricoles de l’UE ». Le secrétaire américain à l’Agriculture, Tom Vilsack, qui a échangé en visioconférence le 19 juillet avec les ministres lors de leur déjeuner, a mis en avant les domaines d’intérêts communs entre l’UE et les États-Unis : l’agriculture biologique, la rotation des cultures, la séquestration du carbone ou encore la durabilité des systèmes alimentaires.

Lire aussi : « Airbus/Boeing : UE et États-Unis prolongent de cinq ans la suspension des sanctions commerciales »

Mercosur : le développement durable toujours au centre du débat

Enfin sur le Mercosur, son collègue au Commerce Valdis Dombrovskis a indiqué le 16 juillet, devant les eurodéputés de la commission parlementaire de l’Agriculture, que l’UE continuait à négocier intensément avec les pays du bloc pour obtenir des garanties solides en termes de développement durable, notamment sur l’enjeu lié à la déforestation en Amazonie. Au sujet de la viande bovine, il a rappelé que Bruxelles avait négocié des contingents tarifaires qui représentent moins de 1 % de la consommation à l’échelle de l’UE, « soit moins que la quantité actuelle que nous importons des pays de cette région » a-t-il précisé. Avant d’assurer que « les importations ne vont pas s’accroître mais elles vont seulement connaître des droits de douane moins importants ». Dans le cadre des négociations avec les pays du Mercosur, le ministre français du Commerce Franck Riester toutefois, a prévenu que « les négociations allaient encore prendre du temps ».