Après un an de négociations, la Commission européenne a donc présenté son projet de réforme du secteur vinicole, copieusement critiqué par les viticulteurs mais salué par les industriels et les négociants. Les professionnels des vins sous AOC contestent en tout cas l'ensemble du projet qui donne une définition imprécise de la notion d'appellation d'origine, risque de déstabiliser maintes régions en libéralisant les plantations et manque d'ambition pour promouvoir les vins sur les marchés tant intérieur qu'extérieurs.
L'enjeu affiché de la réforme de l'OCM vin proposée la semaine dernière par la Commission européenne est de faire évoluer le modèle viticole européen, majoritairement artisanal et trop souvent dépendant de subventions selon Bruxelles, vers un modèle plus industriel et plus compétitif. Il s'agit en clair de contrer la concurrence des vins du Nouveau Monde qui gagnent des parts de marché depuis une vingtaine d'années.
Si les réactions de rejet sont unanimes dans le monde viticole, depuis le Copa-Cogeca jusqu'à la Confédération européenne des vignerons indépendants, en passant en France par la Confédération paysanne ou le Modef, l'Association générale des entreprises viticoles (AGEV) a qualifié le projet de « solide base de négociation pour permettre aux entreprises et aux vins français d'être compétitifs tant sur le marché intérieur que sur les marchés extérieurs ». Cependant, l'AGEV considère que « les vins AOC doivent pouvoir gérer leur potentiel de production, y compris en ce qui concerne les plantations nouvelles dans le cadre interprofessionnel ». Cette réserve rejoint celle qu'expriment très fortement les représentants français, italien, espagnol et portugais des vins de qualité bénéficiant d'une appellation contrôlée en dénonçant ces propositions "inacceptables" qui risquent de "déstabiliser" les producteurs et de nuire à la qualité.
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C'est ce qu'a précisé à Bruxelles pour Agra alimentation Christian Paly, le président de la Confédération nationale des producteurs de vins à appellation d'origine contrôlée (CNAOC).