Le sénateur de Seine-Saint-Denis Fabien Gay estime que l’affaire des « faux steaks hachés » distribués à des associations caritatives a révélé des « dysfonctionnements » des services de l’État, en particulier de FranceAgriMer.
« Comment en est-on arrivé à distribuer aux associations caritatives des steaks hachés contenant des estomacs, des amygdales, du cartilage et des cœurs de boeuf… ? » C’est la question à laquelle a tenté de répondre le sénateur Fabien Gay (PCF) dans un rapport présenté le 24 juillet, sur l’affaire dite des « faux steaks hachés », révélée en juin. À l’origine de cette affaire, très probablement une fraude, dont l’origine reste à définir. Une enquête de la DGCCRF est en cours et pourrait conduire, « selon toute vraisemblance », à une saisine du Parquet pour soupçons de tromperie en bande organisée, rapporte le sénateur. Certaines associations caritatives ont d’ores et déjà porté plainte. Mais ce que le sénateur de Seine-Saint-Denis a voulu savoir, c’est plutôt comment une telle tromperie a pu passer entre les mailles du filet administratif.
Des moyens « insuffisants »
L’élu pointe principalement du doigt les « dysfonctionnements » des services de l’État, et en particulier de FranceAgriMer. Pour le sénateur, le plan de contrôle mis en place par l’établissement public pour garantir la qualité des denrées achetées dans le cadre du Fonds européen d’aide aux démunis (Fead) est « incontestablement défaillant ». Et les moyens dédiés sont « insuffisants ». Il s’étonne, par exemple, de l’absence de contrôle sur place de l’industriel à l’origine du scandale. Quant au budget, FranceAgriMer dépense « 300 000 euros par an pour contrôler les 85 millions d’euros alloués au titre de l’aide alimentaire, soit 0,3 % du budget total », selon le rapport. Le sénateur propose de « limiter les contrôles administratifs sur les associations pour les réorienter vers des contrôles impromptus sur les denrées Fead ».
Pas de résultat des autocontrôles sanitaires avant livraison
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Cette affaire porte en particulier sur les contrôles de composition (ex. : qualité, morceau ou espèce ne correspondant pas à la commande), par opposition aux contrôles sanitaires, dont les seuils d’alerte n’ont pas été atteints dans cette affaire. Le sénateur fait deux constats principaux : FranceAgriMer demande des autocontrôles de composition des produits, mais ne précise pas le type d’analyse requise. Et l’établissement demande les résultats des autocontrôles sanitaires avant livraison, mais pas pour les autocontrôles de composition. Ces deux points peuvent être améliorés, a reconnu la directrice de FranceAgriMer, Christine Avelin, citée dans le document.
Par ailleurs, Fabien Gay estime que le rapport prix/volume retenu n’est pas « satisfaisant ». Sur ces marchés, le prix constaté du steak haché est compris entre 3,5 et 3,8 euros le kilo. Plus largement, le sénateur s’inquiète de l’augmentation du nombre d’inscrits aux associations d’aide alimentaire (+6 % en trois ans) et des incertitudes portant sur l’avenir du budget du Fead, dans les négociations du cadre pluriannuel de l’Union européenne.
Le plan de contrôles est « incontestablement défaillant »