La rencontre de Paris entre Français et Africains à quinze jours de la Conférence de Hong Kong, fut un temps fort. Elle a d’abord montré qu’il est manifestement plus facile de mobiliser, contre une libéralisation hâtive des marchés que voudraient nos partenaires de l’OMC, les agriculteurs et ministres africains que les Européens. Ce fut, en somme, une réunion très «gaulliste»: contre un libéralisme à l’américaine et appuyé sur nos amitiés et réseaux africains qui restent encore actifs. Des thèmes comme l’agriculture familiale ont fait mouche, plus qu’ils ne l’auraient pu chez les Européens, et même si, en France, c’est un concept qu’on tend à abandonner au profit de l’agriculture d’enteprise. La loi d’orientation comme le dernier congrès de la FNSEA l’ont bien montré. En tout cas, cette alliance a du sens, même si elle vient un peu tard. Il reste à savoir si elle aura de l’effet quant aux résultats de Hong Kong. Est-ce que les ministres de l’Agriculture présents à Paris peseront aussi lourds que leurs homologues du Commerce dont certains se trouvaient en même temps à Bruxelles pour discuter OMC? La forte détermination des paysans africains, leur lyrisme et leur éloquence indéniables se retrouveront-ils dans les argumentations de leurs gouvernements? Le paquet développement, proposé par Dominique Bussereau, sera-t-il opiniâtrement défendu par Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce? Sera-t-il autre chose qu’un simple dossier présenté dans une conférence de presse en marge de la rencontre ministérielle? Si la réponse est oui, la France aura rendu un fier service aux pays du Sud. Si la réponse est non, elle aura simplement trouvé une solution élégante pour ne pas trop porter la responsabilité d’un échec à Hong Kong.

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