Le plan d’aide aux agriculteurs en difficulté cible en priorité les éleveurs d’ovins français. Une aide complémentaire de l’ordre de 12 euros par brebis sera distribuée sur l’année 2009. De quoi attendre 2010, dit-on, date à laquelle la réorientation espérée des aides du premier pilier de la Pac entrera en vigueur. Ces 12 euros sont insuffisants, disent les éleveurs qui évaluent à 30 euros la prime nécessaire pour préserver la production.

Tant qu’on discutera sur ces bases, on n’aura pas de solution d’avenir pour l’agneau français. Depuis l’entrée de la Grande Bretagne dans le marché commun, l’Europe a décidé de privilégier la viande ovine des anciens pays du Commonwealth. Sous-produit de la laine, elle peut faire l’objet de prix régulièrement inférieurs aux coûts de production européens. Plus on augmentera les primes directes aux éleveurs et plus nos concurrents baisseront leurs prix pour rester compétitifs. D’où vient cette viande ? Pas des pays pauvres dont on pourrait se dire que le sacrifice européen favorise au moins le tiers monde. Mais de la Nouvelle Zélande pour l’essentiel.

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La solution est ailleurs que dans des primes. Elle tient d’abord dans une promotion intelligente de cette viande dont la consommation ne cesse de baisser depuis 20 ans ; elle tient dans une meilleure protection du marché européen qui pourrait être obtenue par des accords commerciaux globaux entre l’Europe d’une part, la Nouvelle Zélande et l’Australie d’autre part ; elle tient en la construction d’une filière qui pourrait ainsi se développer sans être perturbée par un excès de dumping ; elle tient enfin en une aide qui soit la contrepartie des services évidents rendus par les éleveurs à l’aménagement du territoire et non pas justifiée seulement par la compensation d’une... absence de volonté politique.