Dans un contexte de manque d’agneaux à l’automne, Arterris propose trois leviers pour inciter à la production en contre-saison. Plus largement, la filière française mise sur la désaisonnalisation pour produire plus d’agneaux.
Dans un communiqué du 10 mars, la coopérative Arterris présente son « dispositif d’accompagnement financier » pour inciter à la production d’agneaux en contre-saison, axe central du plan de la filière pour augmenter la production française. Le groupe sudiste a déployé trois leviers financiers, le premier consistant en « un différentiel de prix de plus de 21 € par agneau par rapport aux périodes de pleine production ». À titre de comparaison, la cotation nationale moyenne (PMP) s’établissait à 9,73 €/kg carcasse au 23 février, pour un poids de carcasse situé en général autour d’une quinzaine ou d’une vingtaine de kilos.
Arterris propose aussi une aide pour « inciter de nouveaux éleveurs à produire en contre-saison », ainsi qu’une « aide complémentaire, spécifique à la continuité de production pour les adhérents qui produisent plus de 30 % en contre saison ». Le groupe coopératif rappelle que la production ovine est « traditionnellement concentrée autour de Pâques », provoquant « un déficit marqué en contre-saison, entre septembre et décembre ». Or, l’automne constitue une période « stratégique pour honorer les contrats annuels avec les bouchers ». En 2024, « 54 éleveurs ont engagé 5 800 brebis en contre-saison » pour la coopérative Arterris.
Accompagner les installations
La coop’ sudiste insiste également sur l’accompagnement des installations, avec « plus de 150 projets » depuis 2023, soit « plus de 16 000 brebis ». Début 2026, l’entreprise a accueilli « quatre nouveaux producteurs représentant près de 500 brebis Label rouge ». Elle revendique « un rajeunissement » de ses éleveurs, « à l’inverse de la tendance nationale ». Et de rappeler que « près de la moitié » de ses 600 adhérents ovins produisent sous signe de qualité ; ils bénéficient d’une contractualisation « sur 52 semaines, assortie d’un prix minimum garanti ». Une démarche « unique en France », selon Arterris (15 000 adhérents, 1,16 Md€ de chiffre d’affaires en 2024-2025).
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Dans le cadre des Conférences de la souveraineté, l’interprofession Interbev s’est fixé l’objectif d’un million d’agneaux supplémentaires d’ici 2030 (soit une croissance d’un tiers), grâce à l’accompagnement technique et la désaisonnalisation. Une feuille de route reprise par la Coopération agricole pendant le Salon de l’agriculture. Les coopératives ovines comptent participer à la moitié de l’objectif national (500 000 agneaux), en ligne avec leur part dans la production nationale.
YG