Le groupe coopératif Agrial a mis en avant le 19 avril sa solidité avec, sur l’exercice 2016, des activités en retrait côté agricole mais en croissance dans l’agroalimentaire. Un plan stratégique 2025 est lancé, avec notamment comme pilier l’internationalisation des branches lait, boissons, légumes.
Le groupe coopératif Agrial a mis en avant le 19 avril sa solidité avec, sur l’exercice 2016, des activités en retrait côté agricole mais en croissance dans l’agroalimentaire. Un plan stratégique 2025 est lancé, avec notamment comme pilier l’internationalisation des branches lait, boissons, légumes.
« Dans un contexte agricole très difficile, le groupe coopératif Agrial va bien parce que le groupe est diversifié », a déclaré son président Arnaud Degoulet. Agrial franchit la barre des 5 Mrd d’euros de chiffre d’affaires, une valeur multipliée par deux en cinq ans. L’EBE s’établit à 212 M d’euros, un peu en deçà des prévisions, selon le directeur général Ludovic Spiers : « Les activités agricoles ont vécu une contre-performance quand l’agroalimentaire s’est bien comporté ». Cela aboutit à un résultat net de 63 M d’euros (+ 20 %), des fonds propres confortés à 900 M d’euros. « Notre structure financière est solide, permettant de continuer le plan de développement », a-t-il dit. Et de souligner qu’Agrial grandit rapidement « avec des dettes sous contrôle, équivalentes à 3 ans d’EBE ».
12,7 M d’euros distribués
Fort de ces « bons résultats », le groupe propose de distribuer 12,7 M d’euros aux adhérents, en numéraire et en parts sociales d’épargne. C’est 50 % de plus que d’habitude. 4 M d’euros sont notamment prévus sous forme de capital social à détenir. L’idée est de « ne pas enlever de capacité d’investissement » au groupe, a expliqué Arnaud Degoulet. Agrial accompagne aussi ses adhérents touchés par une année très difficile, notamment dans le lait et en céréales. « Quelques dizaines de millions d’euros » ont été versées dans le cadre d’un plan de soutien à la trésorerie.
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Agrial, qui subit la moisson catastrophique de 2016 et la poursuite de la crise laitière, voit ses activités agricoles en retrait. La collecte céréalière affiche - 25 % et le reflux de la production de lait va de pair avec une diminution du chiffre d’affaires en agrofournitures, aliments du bétail et équipements dédiés à l’élevage.
À l’inverse, les activités agroalimentaires restent en croissance. C’est le cas en légumes, avec l’intégration réussie de Van Oers. Il s’agit de la plus grosse opération de croissance externe d’Agrial, qui mène au lancement de haricots verts frais sur les marchés français et espagnols. Une production localisée en Afrique et aux Pays-Bas. « Van Oers va ramener des hectares progressivement en France », a promis Ludovic Spiers. L’acquisition cette année du britannique Axgro Foods, spécialiste des betteraves rouges, doit également permettre de développer la production dans l’Hexagone, a-t-il assuré. Dans les boissons, Agrial affiche de bons résultats économiques grâce aux États-Unis, alors que le marché du cidre dans l’Hexagone continue de plonger. En lait, si la collecte de lait de vache est en baisse, l’activité apparaît dynamique en produits à base de lait de chèvre et de vache bio.
Internationalisation
La coopérative dévoile un plan stratégique "Horizon 2025" basé sur quatre piliers : territorialité, multispécialité, internationalisation, innovation. Il s’agit de poursuivre le développement international des branches lait, boissons, légumes. Les activités agroalimentaires réalisent déjà un tiers de leur chiffre d’affaires hors de France et même la moitié pour ce qui est des légumes. Agrial profite de la croissance du marché des légumes prêts à l’emploi et de sa marque Florette à l’international, a indiqué Ludovic Spiers. « Ce qu’on a fait dans les légumes, on veut faire la même chose dans le lait », a-t-il lancé, insistant notamment sur la différenciation des produits. Concernant le volet innovation, le groupe coopératif pense à l’acquisition de start-up. « Le plan Horizon 2015 vise à mettre le groupe en ordre de marche pour répondre à ce que demande le consommateur », a expliqué Ludovic Spiers, jugeant pour cela nécessaire de « faire évoluer nos pratiques agricoles et la conduite de nos entreprises ».