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Coopératives AgriConfiance surfe sur la vague environnementale

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L’association AgriConfiance, « la signature développement durable des coopératives », a reçu les encouragements du secrétaire d’Etat au commerce Hervé Novelli qui verrait bien ce label qui a fait ses preuves s’intégrer au « niveau 2 de la certification HVE en cours de lancement suite au Grenelle de l’environnement. Un bon moyen pour rapprocher le monde agricole des préoccupations des consommateurs.

La thématique du développement durable a un nouveau champ d’application dans l’économie agroalimentaire depuis que la crise financière a ébranlé les fondamentaux d’un certain capitalisme. Coop de France s’en est emparée à plusieurs reprises récemment, à commencer par le parrainage d’un livre de Georges Lewi, sorti fin septembre sous le titre Les défis du capitalisme coopératif - ce que les paysans nous apprennent de l’économie (1). Mais promouvoir le modèle coopératif à l’extérieur, dans le monde économique et politique, ne suffit pas et Coop de France a aussi réuni début octobre à Paris de très nombreux adhérents, administrateurs et directeurs de coopératives, lors d’un séminaire sur les conditions nécessaires pour resserrer les liens entre les agriculteurs et leurs coopératives. Un exercice particulièrement ardu en période de crise agricole et alors que les jeunes générations n’ont pas été à l’origine de la constitution de ces entreprises dirigées parfois de plus en plus loin du fait de regroupements et de fusions imposés par la recherche d’économies d’échelle et par la concentration de la distribution.

Rejoindre la certification HVE
Cette semaine encore, le monde coopératif s’est retrouvé autour de l’association AgriConfiance, qui a développé depuis des années la certification qualité et environnement des exploitations agricoles et des entreprises de transformation : le président Delannoy ne s’est pas contenté de prôner ce type de labellisation qui préfigure celle qui va sortir du « Grenelle » pour se généraliser sous le sigle HVE (50 % des exploitations devraient atteindre cette « haute valeur environnementale » en 2012) ; le colloque d’AgriConfiance a vanté plus largement « les vertus du modèle coopératif au service du développement durable ». Le président de Coop de France Philippe Mangin y a d’ailleurs accueilli le secrétaire d’Etat au Commerce, à l’Artisanat et aux PME Hervé Novelli qui, en concluant ces débats, n’a pas été avare d’encouragements. Le représentant du gouvernement a assuré que le thème de la « consommation durable » ne serait pas négligé aux prochaines Assises de la consommation qu’il réunira le 26 octobre. Il a estimé que les efforts, déjà anciens, d’AgriConfiance méritaient d’être inscrits dans la démarche HVE : « Votre système de certification profitera ainsi du niveau 2 du nouveau dispositif », a-t-il déclaré. Hervé Novelli entend en outre veiller à la bonne articulation avec le bio et, demain, avec les règles de l’affichage environnemental. Il prône donc plus de concertation, tant au CNC qu’au CNA, afin de parer au risque d’inflation des mentions sur les linéaires qui créerait de la confusion pour les consommateurs. En principe, l’affichage environnemental prévu par les lois Grenelle ne devrait pas conduire, a-t-il soutenu, à alléguer sur les étiquettes des produits tel ou tel mode de production ; il existe d’autres modes de communication et rien ne doit être négligé en effet, selon le secrétaire d’Etat, pour donner de la visibilité, jusque dans les magasins, aux produits éthiques et respectueux de l’environnement qui, à ses yeux, n’en ont pas assez.

Le consommateur est à la recherche de valeurs
La réunion d’AgriConfiance a aussi été l’occasion de cerner l’état de l’opinion sur les efforts du monde agricole en matière d’environnement. Pour la 3è année, Agri Confiance avait commandé dans le cadre de son Observatoire de la qualité des aliments un sondage IPSOS sur les préoccupations environnementales des Français. Cette enquête (2), ciblée sur l’alimentation et la consommation durable, montre que l’opinion est en fait assez « solidaire des agriculteurs » et traduit « un intérêt fort » pour une prise en compte par la filière agricole des critères environnementaux.
– Une très grande majorité des Français accordent de l’importance au fait que les aliments soient produits dans une démarche de qualité et de respect de l’environnement.
– La prise en compte de l’impact environnemental des transports suscite également une adhésion très forte : 90% des personnes interrogées souhaitent des produits de saison et en provenance d’exploitants locaux.
– Sur les critères de choix privilégiés par les consommateurs lors de leurs achats, le prix demeure bien entendu le principal (54% en 2009 vs 51% en 2007) mais il est dé-sormais suivi de très près par les critères environnementaux. Le niveau d’exigence à l’égard des produits issus de la production agricole est élevé notamment en ce qui concerne leur origine (51% en 2009 vs 40% en 2007). La traçabilité du produit arrive en troisième position et recule d’une place en 2 ans (36% en 2009 vs 43% en 2007). Le respect de l’environnement continue à progresser à un niveau très conséquent (34% en 2009 vs 32% en 2007). Enfin, comme en 2007, la marque (12%) et le packaging (2%) arrivent loin derrière.
Dans un contexte économique particulièrement tendu avec un secteur agricole marqué par la colère de ses producteurs notamment dans les filières fruits et légumes et laitière, les Français se montrent extrêmement solidaires vis-à-vis des agriculteurs. 96% des Français accordent de l’importance à la juste rémunération des producteurs agricoles. La légitimité de ces revendications passe loin devant les exigences d’autres acteurs comme les pouvoirs publics (36%), les scientifiques (33%), les magasins ou grandes surfaces (21%), les journalistes (14%) et les industriels (13%).
91 % des consommateurs attendent des grandes surfaces qu’elles leur proposent une sélection de produits agricoles issus d’une démarche globale respectueuse de l’environnement. Ils expriment leur attente forte de les voir davantage mis en valeur ainsi que d’être mieux informés à leur sujet.

1. l’ouvrage des économistes Georges Lewi et Pascal Perri est préfacé par Philippe Mangin – 224 pages, Ed. Pearson 

2. Enquête réalisée par IPSOS entre les 25 et 28 septembre 2009 auprès de 1 011 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population de 15 ans et plus.

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