Les parlementaires européens peinent à se mettre d’accord sur l’objectif fixé par la Commission européenne d’atteindre 25 % de surface en agriculture biologique d’ici 2030. Autre sujet de débat : le prix des aliments bio et les mesures de compensations dont devraient bénéficier les producteurs.
Les députés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen progressent bien dans la préparation de leur position sur le plan de développement de l’agriculture biologique proposé il y a un peu moins d’un an par la Commission européenne. Mais ils peinent à se mettre d’accord sur l’objectif phare de ce plan : celui d’atteindre 25 % de surfaces cultivées en agriculture bio d’ici 2030. Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont, eux, adopté en juillet des conclusions dans lesquelles ils valident, avec quelques réserves, cet objectif très ambitieux. La rapporteure parlementaire du texte, l’Autrichienne Simone Schmiedtbauer (Démocrate-chrétienne), a présenté les huit amendements de compromis déjà négociés entre les groupes politiques qui portent sur les incitations nécessaires à mettre à disposition des agriculteurs, la structuration des acteurs, les programmes de promotion, les appels d’offres pour les marchés publics…
Lire aussi : Bio : un plan européen orienté sur le marché sans objectifs contraignants
Mais, prévient Claude Gruffat, négociateur pour le groupe des Verts sur ce texte, « l’objectif de 25 % devrait être inscrit dans la position finale du Parlement ». « C’est important pour fixer un cap et pousser les États membres à se donner les moyens de l’atteindre. Même si, bien sûr, chaque État membre fixera ses propres objectifs en fonction de son point de départ », souligne-t-il. « On ne peut pas compter que sur le marché pour porter la demande, prévient également l’ancien président de Biocoop. Il faut aussi structurer les filières notamment pour veiller à une bonne répartition de la valeur ». Il est soutenu par le groupe Social-démocrate (S & D) et la Gauche. Mais pour d’autres, extrême droite et conservateurs en particulier « 25 % ce n’est pas réaliste ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La question du prix
Autre sujet de débat : le prix. Pour Éric Andrieu, chargé du dossier pour le groupe S & D, il serait important de rappeler dans le rapport final que « les externalités positives du bio doivent être prises en compte par le contribuable au travers d’aides à la conversion et d’aides au maintien ». Une position là aussi clivante, plusieurs eurodéputés de la droite estimant que c’est aux consommateurs de dépenser plus pour acheter du bio. Une nouvelle réunion entre les rapporteurs parlementaires doit se tenir le 10 février pour avancer sur de nouveaux compromis. L’objectif est de finaliser un projet de position mi-mars en vue d’un vote fin mars en commission de l’Agriculture pour un passage en plénière en avril ou mai.
Sans attendre l’issue de ces débats, le réseau informel des ambassadeurs nationaux de l’agriculture biologique, mis sur pied par la Commission européenne pour partager les bonnes pratiques en matière de développement du bio, s’est, lui, réuni pour la première fois le 3 février avec à l’ordre du jour la question des marchés publics pour les cantines publiques, des districts biologiques développant un tourisme axé sur le bio, et de la certification de groupe plus facile et moins chère.