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Aides en retard et foncier font monter la colère des agriculteurs guyanais

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Les agriculteurs sont partie prenante de la grève générale qui fait trembler la Guyane. Retards de versement des aides et difficulté d’accès au foncier cristallisent la colère de la population agricole.

La Guyane connaît une mobilisation sans précédent. Tous les secteurs d’activité sont concernés. Parmi eux, l’agriculture. Le 21 mars, les agriculteurs guyanais transformaient les locaux de la Daaf (Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) de Guyane, à Cayenne, en porcherie, y installant foin et cochons. Le 25 mars, ce sont les bâtiments de la préfecture qui étaient aspergés de lisier de porc. Le 27, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs apportaient, via un communiqué de presse, « leur soutien total aux agriculteurs de Guyane dans le contexte de paralysie complète de l’activité économique » et demandaient au Premier ministre, « de leur apporter toutes les solutions possibles pour maintenir leur activité », c’est-à-dire, verser les aides en attente. « On demande le déblocage du PDRG » (programme du développement rural de Guyane) a affirmé Julien Ducat, secrétaire général de la FDSEA Guyane, rapporte le média local France-Guyane. « On en est à mi-parcours et il n’est pas normal que ces outils ne soient pas débloqués ».

Les agriculteurs demandent par ailleurs des actions en faveur de l’installation. La FNSEA et les JA rappellent l’urgence à verser les aides dédiées. Sur place, les agriculteurs réclament la suppression de la conditionnalité d’une assurance maladie pour prétendre à la dotation jeune agriculteur, rapporte encore France-Guyane.

Accès au foncier

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La FNSEA et les JA demandent également que « pour l’avenir, les paysans (soient) intégrés dans toutes les décisions de gestion des terres du département ». Car l’accès au foncier est compliqué pour les jeunes qui souhaitent s’installer. Il n’y a pas de Safer en Guyane. L’État est le premier propriétaire foncier du territoire. L’État, qui est propriétaire de l'essentiel des terres agricoles, en gère l'attribution avec l'EPAG (établissement public d’aménagement de Guyane). Entre 2000 et 2015, il a attribué 21 000 des 27 000 hectares disponibles, soit près de 80 % du total (les 6 000 restants ayant été gérés par l’EPAG). L’État ne vend pas les terres mais les attribue selon deux types de contrats : le bail emphytéotique (30 ans) ou la concession agricole (5 ans renouvelable une fois). Entre 2013 et 2015, 3 500 hectares ont été attribués. Moins de la moitié a bénéficié à des installations.

L’État est le premier propriétaire foncier du territoire