La commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, pose ses conditions pour venir en aide à la filière avicole. Ses services ont entamé des « discussions informelles » avec les États membres sur les modalités pratiques des mesures pouvant bénéficier d’un cofinancement. La Commission de Bruxelles, qui va examiner chaque requête formulée par les capitales intéressées, confirme son intention de privilégier les aides en amont du secteur pour éviter d’alimenter la surproduction et de provoquer des distorsions de concurrence entre les pays.
Des actions de destructions des œufs chez les accouveurs ou d’allongement des vides sanitaires seront plus faciles à faire accepter par l’exécutif communautaire que les aides au stockage privé réclamées par les producteurs. Néanmoins, Bruxelles avoue ne pas savoir que faire pour désengorger le marché du stock de près de 300 000 tonnes de volailles déjà congelées. La réflexion sur ce sujet doit se poursuivre, jusqu’à l’adoption définitive des aménagements de l’OCM œufs et volailles par les États membres prévue lors de la prochaine réunion des ministres de l’agriculture de l’UE, le 25 avril.
« Une bonne décision prise en huit jours »
Ce délai devrait être tenu étant donné le vote, à une très large majorité des députés européens, le 6 avril, en faveur de la proposition d’ajustement du règlement soumise par la Commission le 29 mars Voir n°3050 du 03/04/06. Lors d’un débat précédent le vote, plusieurs députés dans les rangs démocrate-chrétiens et socialistes ont réclamé un soutien accru à la filière, à l’instar du Breton Stéphane Le Foll. Il a plaidé pour « que les mesures de gestion de marché aillent plus vers un financement européen à 100 %». « Ce n’est pas à l’agriculture de venir compenser les conséquences d’une crise qui n’est pas liée au secteur agricole », a-t-il poursuivi.
Outre les aides exceptionnelles aux producteurs, plusieurs députés, notamment italiens, ont lancé un appel en faveur d’actions de promotion à même de soutenir la consommation de volaille. Faisant le procès de la « surenchère médiatique », ils estiment, contrairement à la Commission, qu’il faut « sans attendre » lancer une campagne d’information. Pour sa part, Joseph Daul, le président de la commission agriculture du Parlement, s’est félicité que l’Europe puisse être efficace et qu’« une bonne décision puisse être prise en huit jours ».
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«Éviter les distorsions de concurrence »
« C’est un témoignage clair que lorsqu’il faut agir rapidement, nous sommes en mesure de le faire », a renchéri Mariann Fischer Boel. Devant l’hémicycle, la commissaire européenne a promis d’examiner rapidement toutes les demandes en tenant compte de deux éléments : l’aide doit être « rapide» et « les distorsions de concurrence doivent être évitées ». Mais « le fardeau financier devra être équilibré entre les États membres et le budget communautaire», a-t-elle insisté. En tout état de cause, la Commission va « répondre aux demandes des États membres, sur des mesures concrètes et en fonction de situations spécifiques ».
La procédure d’urgence ainsi que la préparation dès à présent des modalités d’application du futur règlement devraient permettre à la Commission de présenter dès le mois de mai, en comité de gestion, des propositions de décisions préalables au déblocage des aides. Certains États membres pourraient réclamer plusieurs dizaines de millions d’euros, mais Bruxelles se garde bien, pour le moment, d’afficher le montant global de l’enveloppe communautaire disponible.